19/11/2006

The Romanov Prophecy


Quelle est la recette pour faire un thriller à mystère à la Dan Brown qui se vend bien ? Il faut un sujet historico-mystique, des courses-poursuites, des énigmes à gogo, un décor riche en symboliques et chargé d'histoire, un héros qui connaît le sujet comme sa poche, une belle fille pour les sentiments et surtout, une société secrète qui met au point un gros complot bien dense.

Steve Berry a donc mis, une fois de plus, en application cette recette pour écrire The Romanov Prophecy. L'action prend place de nos jours en Russie avec le retour en force de la monarchie. Les Russes réclament le retour d'un Tsar et une société secrète (La Chancellerie secrète, si ça fait pas mystérieux comme nom) décide de miser sur un des candidats qui n'est pas le mieux placer, mais qui est facilement influençable. Pour faire plus Russe, les membres de cette société secrète se font appeler par des noms de code : Lénine, Staline, Kroutchev... C'est là que débarque notre héros, un avocat afro-américain venu expliquer aux Russes comment faire pour remettre un Tsar sur le trône. Il met la main sur une étrange prophétie de Raspoutine himself qui prédit qu'après l'ère soviétique, les Romanov reviendront au pouvoir. Ça implique donc que les 2 enfants de Nicolas II n'ont pas été liquidés par les Bolchéviques mais qu'ils ont survécu au massacre et que cette branche des Romanov est plus légitime que le candidat corrompu soutenu par la première société secrète. Mais comme ça manquait un peu de secret tout ça, une autre société secrète, the Holy Band, veille elle sur la descendance des Romanov. Et du coup, paf, le héros va d'énigme en énigme pour retrouver le vrai Tsar alors que les méchants font tout pour tuer tout ce petit monde.

Disons le franchement : ce livre est mauvais. On peut penser bien du mal du Da Vinci Code, ce roman n'est est pourtant qu'une pâle copie. Tout est de seconde main. Les personnages ont autant de relief qu'une limande, les énigmes sont indignes d'un mauvais LDVELH, le complot est grotesques (la mafia russe serait donc composée que de tueurs à gages incompétents ?), les scènes d'action sont d'une originalité folle (une course-poursuite dans un train... une embuscade dans un zoo...) et les idées monarchistes et anti-communistes de l'auteur manquent cruellement de mise en perspective.

De plus, les personnages agissent de manière absurde, c'est exaspérant. L'auteur nous indique qui est le traitre dès les premières 10 pages du roman, mais le héros attend les 10 dernières pages pour comprendre d'où viennent ses problèmes. Les énigmes sont résolues sans aucune recherche, toujours par chance (paf, ça fait 10 minutes qu'ils sont en ville et ils trouvent à quoi correspond cette obscure allusion cryptique que Raspoutine a fait il y a 100 ans). Je passe sur les deux sociétés secrètes, qui font passer le Club des 5 pour des génies de la dissimulation et du secret. Le personnage féminin de service (une acrobate du cirque de Moscou. Oui, n'ayons pas peur des clichés) ne contribue pas à l'intrigue et se contente de faire la potiche en attendant la fin de l'histoire pour enfin tomber amoureuse de lui.

Mais la grande idée de Steve Berry, c'est de faire en sorte que le Tsar légitime de toutes les Russies soit... américain ! Oui, moi qui pensait lire un livre se déroulant uniquement en Russie, j'ai eu la mauvaise surprise de voir l'intrigue basculer à San-Francisco à la moitié du roman. Le Tsar après qui tout le monde courre est donc bien un Romanov, mais pour fuir les persécutions communistes, sa famille est partie vivre aux USA où personne ne les a jamais retrouvé. Et à la fin du livre (vous ne m'en voulez pas de tout vous raconter, c'est pas comme si vous alliez le lire ce roman, hein ?) les Russes acceptent sans broncher un Tsar américain. The end.

1 commentaire:

  1. Merci pour cette grande chnonique littéraire. Paradoxallement, elle donne presque envie de lire le livre pour en dire du mal en société. Merci encore.

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