21/03/2008

Jekyll


Je ne suis habituellement pas un fan des séries britanniques. Je fais par exemple une réaction allergique à Doctor Who, qui me hérisse le poil plus facilement qu'une série allemande. Mais bon, je le vis très bien et mon psy n'a pas l'air de penser que c'est là le plus gros problème chez moi.

Pourtant, par curiosité et parce qu'il n'y avait que 6 épisodes dans cette mini-série, j'ai craqué sur Jekyll, une série de la BBC. Le Docteur Tom Jackman est ordinairement quelqu'un de calme et de pondéré. C'est un scientifique tout ce qu'il y a de plus british, avec un sens des convenances qui va de pair avec une légère excentricité charmante. Sauf que, depuis quelques temps, le bon docteur souffre d'absences. Et quand il se réveille, sans souvenir, il a l'impression que son corps lui a échappé quelques heures et qu'il a fait des choses... peu raisonnables. Et ce côté obscur prend de plus en plus de place dans son existence. Or il a très peur que ça n'affecte sa vie de famille jusque là très tranquille. Mais le Docteur Jackman a une idée originale pour contenir ses troubles du comportement, à défaut de pouvoir les soigner...

Ce n'est un secret pour personne étant donné le titre de la série, Jekyll aborde très franchement le thème du démon intérieur et de la personnalité multiple. C'est une véritable réécriture de la nouvelle de 1886 écrite par Robert Louis Stevenson : L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. La série s'inspire du texte originale, s'en approprie certains aspects et extrapolent beaucoup en modernisant le mythe. C'est particulièrement bien pensé. Mais ce qui m'a le plus fasciné, c'est le jeu d'acteur de James Nesbitt qui oscille entre le sage docteur et l'affreux Hyde avec une grande maestria. Le changement de personnalité est réellement troublant, sa version de Hyde est particulièrement inquiétante. J'ai eu par moment l'impression de voir un mélange entre Jim Carrey (pour le côté gamin) et Jack Nicholson (pour l'approche Shining).

Avec 6 épisodes de 55 minutes, cette première saison ne s'éparpille pas et reste relativement dense. Bon, il y a des choses qui m'énervent (comme certains aspects technologiques qui me font trop penser au kitsch façon Doctor Who quand le réalisateur doit mettre en scène un énième complexe scientifique ultra-secret avec un budget ridicule) mais j'ai passé un très bon moment de télévision. Je reste encore sous le charme de l'ultime twist du scénario que je n'ai pas vu venir alors qu'il est plus qu'évident.



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