21/10/2008

CIA : une histoire politique


J'ai lu La Compagnie de Robert Littell, je suis allé voir Body of lies de Ridley Scott, je suis tombé par hasard sur Les trois jours du Condor de Sidney Pollack à la télévision et je viens de terminer la lecture de CIA : une histoire politique de Franck Daninos. N'allez pas croire que je suis un maniaque du renseignement, c'est juste un effet secondaire de la sérendipité.

Or donc, Franck Daninos est un journaliste français qui travaille au Centre Français de recherche sur le renseignement. Son approche de la CIA dans ce livre est la suivante : qu'elles ont été les relations entre les directeurs de la CIA et les présidents des États-Unis (et accessoirement le Congrès) entre 1947 et 2007 ? Son idée n'est pas de lister chronologiquement les opérations de la CIA et de les critiquer mais de présenter la vingtaine de directeurs de la Vinaigrerie et de montrer comment ils ont pu/su travailler en bonne intelligence avec les présidents en place. Et c'est une approche très intéressante.

Je ne vais pas à mon tour lister les présidents et les directeurs, mais en gros, ce que je retiens :
- les présidents se divisent en deux catégories. Ceux qui se méfient du pouvoir de la CIA car elle a compliqué parfois le mandat du président en place et ceux qui pensent à tort que la CIA va résoudre tous les problèmes à grands coups d'opérations secrètes.
- malgré tous les beaux discours, la CIA est une police secrète qui a glissé du "on surveille les pays étrangers" à "nous espionnons notre propre peuple". Assassinats, sacrifices d'hommes, Guantanamo, expériences sur des cobayes rarement volontaires...
- certains présidents sont bien bêtes. Non, sérieusement. Comment peut-on refuser de lire les résumés quotidiens de la CIA et prétendre comprendre l'échiquier mondial ? C'est aussi hasardeux que d'uriner sans allumer la lumière.
- il est techniquement possible de mettre un micro dans le ventre d'un chat et de se servir de sa queue pour camoufler une antenne radio. Mais ça rend le chat assez peu compatible avec la mission d'espionnage.
- CNN est souvent plus renseigné que la CIA quand l'actualité s'emballe.
- c'est génial d'avoir une technologie de pointe qui collecte des tonnes d'informations (drones, écoutes téléphoniques, piratage de courriels...) mais il faut des analystes pour traiter ces données et comprendre ce qui se cache derrière. La CIA a toujours toutes les pièces du puzzle (et quand elle ne les a pas, elle les vole) mais elle n'est pas toujours en mesure de les mettre en place à temps.

C'est le genre de livre qui permet de désacraliser la CIA : elle n'est pas omnipotente, surtout pas omnisciente. Elle est ce que le président veut en faire et ce que le Congrès lui laissera faire. Bref, je me demande ce qu'Obama fera avec la CIA.

Bon, ben prochaine étape, c'est Quantum of Solace, non ?

3 commentaires:

  1. Intéressant tout ça...

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  2. Quantum of Solace ? James Bond est passé à la CIA ? ;)

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  3. Je pensais plus à Felix Leiter, en fait.

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