02/04/2010

La voie du sabre


Déjà, une couverture de Guillaume Sorel, c'est gagnant. On pourrait vendre des annuaires avec une couv' de Sorel dessus et je les achèterais.

Ensuite, je lis le 4ème de couverture, et dans la bio de l'auteur, je découvre qu'il a novelisé Resident Evil. Et in petto, je pouffe. Hi, hi, hi, comme c'est naze. Mais comme je n'ai pas lu cette adaptation et que je suis carrément jaloux de ce genre d'opportunité (j'imagine la lisibilité que ça donne à un auteur), je relativise l'information.

Dans un Japon fantasmé qui n'est pas non plus Rokugan, le grand Musashi prend un élève pour lui enseigner la voie du sabre. Et ce jeune homme va apprendre à marcher dans les pas d'un géant, une légende qui fend des crânes à coup de bokken. Seulement voilà : il ne suffit pas de côtoyer (cet accent circonflexe est dédié à Pierre "Saladdin" Gavard) Musashi pour automatiquement absorber sa sagesse et sa compréhension du monde. L'élève a beaucoup à apprendre car il part de loin.

Thomas Day signe là un roman d'apprentissage. Le senseï et l'élève, c'est un classique du genre. Le chemin du savoir a des étapes, on suit le cheminement du de l'apprenti avec plaisir. Ce qui est dommage, c'est qu'à la fin, on résume en quelques lignes de superbes aventures qui se déroulent en Corée et en Europe. J'avoue que ces passages m'auraient intéressé plutôt que d'être survolés à la va-vite. J'ai eu l'impression d'un roman tronqué. J'avais peur que Musashi écrase un peu trop le livre de sa présence (car ce n'est pas un héros qui me fascine), mais finalement il est très discret car souvent absent. Les quelques mots ou expressions japonaises utilisés m'ont permit de me rendre compte qu'en petit geek, j'avais un vocabulaire suffisant pour ce genre d'ouvrage saupoudré de nipponneries historiques.

300 pages, c'est court pour ce genre de parcours. J'ai été frustré par certains raccourcis narratifs, sans doute parce que La pierre et le sabre et La parfaite lumière s'offrent toute la place pour détailler une vie, mais ça a été une belle ballade dans un Japon magnifié. Ça m'a donné envie de retourner lire Kogaratsu et de revoir La mort d'un maître de thé.

Bon, je ne dis pas que je vais acheter Resident Evil, mais je vais chercher d'autres livres de Thomas Day, c'est certain.

10 commentaires:

  1. Salut,

    Avant tout, un peu d'Histoire : la genèse de Resident Evil.

    Ensuite, quelques conseils.

    Avec la voie du sabre, tu as découvert Thomas Day dans un de ses récits les moins audacieux. Si tu tiens absolument à poursuivre cette voie, tu peux lire la "suite" : l'homme qui voulait tuer l'empereur.

    Sinon, tu peux attaquer son roman le plus barje, la cité des crânes. Si la came est trop forte, lis la maison aux fenêtres de papier ou l'automate de Nuremberg, deux excellents courts textes.

    Si tu préfères les nouvelles, this is not America et sympathies for the devil - redux rassemblent quelques uns de ses meilleurs textes.

    Je pourrais te conseiller d'autres livres mais ceux que je cite ont l'avantage d'être plus ou moins récents et donc facilement trouvables. Personnellement, je déconseille Resident Evil bien entendu ainsi que ses collaborations avec Ugo Bellagamba. Les deux hommes ont chacun écrit des merveilles mais ensemble la sauce ne prend pas.

    J'aime beaucoup l'œuvre de Thomas Day. Parfois je regrette que son boulot chez Lunes d'encre l'empêche de se consacrer entièrement à l'écriture. Heureusement il publie de sacrés bouquins, ça atténue les regrets.

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  2. Je déconseille L'homme qui voulait tuer l'empereur qui est trop court et donne des impressions de remplissage par des scènes gore et semble bâcler.
    This is not America, le Trône d'Ebène et Sympathies for the devil redux par contre c'est du tout bon.

    http://efelle.canalblog.com/tag/Day

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  3. Comme toi Cédric, je n'ai lu de Thomas Day que cette Voie du Sabre. Bonne pioche manifestement. Je vais profiter des conseils éclairés de Christopher et d'Efelle pour compléter ma connaissance de l'auteur.

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  4. Personnellement, je préfère le travail de Gilles Dumay en tant qu'éditeur, que son oeuvre d'écrivain en tant que Thomas Day.

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  5. Merci pour les conseils de lecture et la véritable histoire de Resident Evil.

    Je viens de comprendre grâce à Munin le côté Janus du monsieur.

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  6. Une question : moi qui aime bien Thomas Day mais qui ne suis pas fan de japon medieval, ai-je des chances d'apprécier ?

    Personnellement, j'av ais l'intention de me lancer dans le clan des Otori.

    J'aimerais avoir votre avis

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  7. Le clan des Otori, c'est mal :
    http://hu-mu.blogspot.com/2007/07/le-clan-des-otori.html

    Je te conseille plutôt La pierre et le sabre qui est aussi incontournable que Les 3 mousquetaires.

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  8. Alexandre3/4/10

    Je suis également particulièrement fan de Thomas Day. Le problème est que ses livres s'apparentent souvent à de grosses (et bonnes) nouvelles et non à de véritables romans. D'où ce sentiment parfois de lire du "baclé".
    Parmi mes lecture de l'auteur, j'ai de très bons souvenirs de L'Instinct de l'équarisseur (surtout que tu as l'air fan de Sherlock Holmes) et de Rêves de guerre.
    J'en ai apprécié d'autres comme La maison aux fenêtres de papier même s'ils sont, à mon goût, plus fade.

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  9. J'ai discuté avec Thomas Day le temps de 5 stations de métro il y a 5 ans. Il m'a grillé entrain de lire se livre, et m'a demandé si j'aimais bien, et je lui ai répondu que oui.
    [ super anecdote ! lol ]

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  10. Bonjour à tous.

    Comme cité précédemment, "L'Instinct de l'équarrisseur" est pas mal du tout.

    Ou alors on peut tenter la nouvelle paru dans la revue de SF Cyberdream (n° 12 je crois), "La face caché des ténèbres", une sorte de galop d'essai avant ce roman.

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