08/04/2010

Les conjurés de Florence


Imaginez l'âge d'or de Florence. Ses maîtres de la peinture entourés de gitons et en train de créer des oeuvres immortelles. Les inventions folles de De Vinci qui mettent la vapeur au service de l'homme. Les complots politiques contre Rome, la papauté et l'Espagne. Les intrigues alambiquées qui font passer la famille Borgia pour des enfants de choeur... Et bien c'est tout ça, Les conjurés de Florence. Un décor steampunk qui oscille entre la mécanique et la magie. Une ville qui incarne le génie italien à son paroxysme. Une Renaissance fantasmée où l'Humanité est en avance sur son temps.

Mais que raconter dans un tel décor ? Et bien une complexe histoire d'assassinat avec comme toile de fond la venue du pape, une révolte savonarole et une guerre larvée entre divers fratries florentines. Et pour mener l'enquête, le jeune Pasquale, un artiste émergeant obnubilé par l'idée de peindre un ange. L'intrigue va se révéler avoir autant de couches qu'un mille-feuilles, et Pasquale va naviguer entre différentes factions pour comprendre qui manipule qui dans cette histoire. Malheureusement, je n'ai rien compris à ce complot. Enfin, si, j'ai bien saisi les tenants et les aboutissants de ce écheveau, mais je me suis endormi plusieurs fois sur l'ouvrage tellement c'était brouillon. Le fil rouge était très artificiel, l'implication de Pasquale infondée et les retournements de situation balourds.

Mais le grand drame de ce livre, c'est qu'il convoque toute une ribambelle de hauts personnages historiques : Raphaël, Michel-Ange, Machiavel, Copernic, De Vinci, la Joconde, une paire de Médicis... Tout le who's who florentin est convoqué à la parade pour donner du volume au récit. Or l'auteur, Paul J. McAuley, manque cruellement de talent pour donner à ces icônes historiques le lustre majestueux dont on est en droit de s'attendre d'elles. Les remarques politiques de Machiavel sont dignes d'une analyse géopolitique sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais Picardie, les grands maîtres ne sont habités par aucune passion... L'invocation de la grandeur florentine manque totalement de souffle à mon goût. Alors quand dans le 4e de couverture, l'éditeur ose comparer ce roman au Nom de la rose et à Perdido Street Station, je me marre.

L'auteur m'a donné plusieurs coups de grâce en cours de lecture, en particulier avec des scènes où le héros prend du peyotl. L'auteur est botaniste de formation et avait 20 ans dans les 70's, je comprends d'où vient l'inspiration, mais le bouquin a été écrit dans les années 90, merde. Et la description de la technologie de vincienne n'est pas très inspirante non plus.

Au final, ça donne une intrigue sens dessus dessous dans un décor steampunk construit en contreplaqué. C'est loin d'être un mariage gagnant.

7 commentaires:

  1. Bon ben, on passe au large alors.

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  2. Je l'ai lu il y a quelques années (au moment de sa sortie) et le souvenir que j'en ai gardé correspond à ce que tu en écris.

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  3. Je plussoie, quand je l'ai lu je suis sortie très frustrée du bouquin : l'univers de base est une belle promesse (Léonard de Vinci qui invente la photographie c'est classe quand même) mais quel gâchis niveau intrigue !

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  4. Ackinty10/4/10

    Ha mince, moi qui attendait ton retour en espérant un livre steampunk sympa... Tant pis alors.
    Est-ce que tu as des conseils de lecture steampunk (dont l'histoire se passe ailleurs qu'en Angleterre fin 19e...) ?

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  5. Le directeur de collection répond sur le Cafard cosmique, à la question de la comparaison entre les oeuvres.

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  6. J'ai lu la réponse de Thibaud Eliroff, directeur de collection chez Folio SF, et je comprends tout à coup que suite à une erreur d'impression, mon exemplaire ne contenait pas le même livre qu'il a édité.

    L'ambiguité du personnage de Machiavel ? Les dialogues dorées à l'or fin ? Une quête de la perfection ?

    Mon livre ne contenait rien de tout cela. Il doit manquer des chapitres entiers à mon exemplaire...

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  7. Je n'ai pas lu les conjurés de Florence justement à cause de la réponse de Thibaud Eliroff qui a joliment annihilé toute envie de lecture.

    Par contre, les diables blancs prend la poussière sur ma table de nuit. Je l'avais acheté après une critique élogieuse de Thomas Day dans Bifrost mais n'ai jamais trouvé le temps de le lire.

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