23/05/2010

Le maitre d'escrime


Madrid, 1868. Don Jaime Astarloa est un vieux maître d'escrime, un hidalgo de fin de race. Il survit petitement en donnant des leçons d'escrime à des jeunes gens qui pensent que c'est un sport. Il vit d'intégrité et d'austérité dans un décor madrilène où les intrigues se bousculent dans l'entourage de la reine. C'est le dernier des hommes intègres. Sa dernière quête est simple : donner naissance à une botte secrète parfaite. En attendant cette épiphanie, il glisse entre les plis de l'Histoire, sans faire de vagues. Et un beau jour, la troublante Adela de Otero débarque dans son école poussiéreuse pour lui demander l'impensable : que le vieux maître enseigne son art moribond à une femme. Sacrilège...

Il y a dans Le maître d'escrime tout ce qui fera par la suite le génie d'Alatriste. Arturo Pérez-Reverte fait de ce roman un creuset pour forger le moule de l'hidalgo intraitable. L'intrigue est simple, prévisible, mais elle a le bon goût d'un certain classicisme. La noblesse de coeur croise le fer avec les sentiments. C'est limpide, et pourtant, ça se boit comme petit lait. Don Astarloa est tragiquement beau dans ce Madrid qui se passe totalement de gens comme lui.

C'est court (280 pages), c'est puissant, c'est gonflé d'une poésie démodée. Le KPDP n'est pas mort, il est encore capable d'asséner des attaques imparables...

6 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé à l'époque. Je trouve souvent des faiblesses aux romans de Perez Reverte, mais même ses romans faibles sont attachants. Ce type est un de mes modèles, comme écrivain.

    Je garde de ce roman le souvenir d'une atmosphère de vieilles choses et de poussière, puis d'une scène de combat où notre héros se fait surprendre par des cambrioleurs dans un/son appartement.
    Vraiment un bon souvenir. Et 280 pages, ça ne se refuse pas.

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  2. Va falloir que je reviennes vers Perez Reverte pour le moment je n'ai lu et n'ai dans ma pile que des romans modernes...

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  3. Je ne connais de Perez-Reverte que ses deux grands succès Le tableau du maître flamand et Le club Dumas. Ta chronique me donne envie de découvrir autre chose de cet écrivain.

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  4. Pour l'instant je n'ai lu de Perez Reverte que les aventures du capitaine Alatriste et ce livre. A chaque fois, il s'agissait d'une lecture plaisante et reposante.
    En est-il de même pour ceux dont l'action se déroule dans le monde moderne ?

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  5. Club Dumas et le Cimetière des bateaux sans noms sont très agréables.
    Le peintre des batailles est dérangeant mais sonne juste.

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  6. Je trouve que les polars de Perez-Reverte sont les moins intéressants de ce qu'il a écrit (Club Dumas, Peau du tambour, Tableau du maître flamand), mais comme Le Pendu j'aime même quand il est au plus bas de sa forme. Je crois d'ailleurs avoir tout lu de lui paru en français.

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