16/04/2011

Blue Bloods


Encore une série policière ? Oui. Mais pas que. Blue Bloods mélange deux styles : l'intrigue procédurale et la chronique familiale. Car la série raconte avant tout la vie d'une dynastie de flics, le clan Reagan :
- Henry, ancien chef de police de New York, à la retraite et équipé d'idées bien arrêtées sur le comment c'était bien mieux avant;
- Frank (Tom Selleck), actuel chef de police, veuf et patriarche responsable qui porte sur ses épaules le lourd fardeau policier de NY;
- Erin, assistante du procureur, seule fille de la famille et mère divorcée dotée d'une fille qui a du répondant;
- Danny (Donnie Wahlberg, frère de et ancien des New Kids on the Block), inspecteur tout-terrain, père de famille et flic très entier que l'on sent hanté par son expérience de soldat au pays du pétrole;
- Jamie, le petit dernier, l'intello qui a quitté une carrière toute faite d'avocat pour devenir un simple patrouilleur des rues;
- Jospeh, le fils sacrifié qui est mort en service dans des circonstances troubles et dont le souvenir hante en permanence les réunions de famille.

Différents points de vue sur le boulot de flics, donc. De la base au sommet de la pyramide, ils ont tous des approches différentes de la justice car ils ont chacun accès à un fragment différent de la réalité. Franck possède la vision globale du politicien qui a traversé le Vietnam, Erin n'est pas d'accord avec les méthodes musclées de Danny, qui travaille comme un Jack Bauer avec un badge car il est confronté au quotidien à la lourdeur du système et la bêtise humaine. Et Jamie, qui a fait Harvard, pose un regard très universitaire sur tout ça. Malgré les différences, la famille se réunit au moins une fois par épisode pour un repas de famille bien consensuel où l'unité se fait dans la prière. Parce que oui, c'est du lourd : ça prie à chaque repas et ça se souvient du 11 septembre en mettant des majuscules à des mots comme Honneur. Blue Bloods est très souvent pénible de patriotisme et de valeurs familiales idéalisées. On ne peut pas mettre en scène des flics new-yorkais sans aussitôt sortir l'artillerie lourde du terrorisme et du sens du sacrifice. Ça fait partie intégrante de cette mythologie policière et il faut l'accepter pour apprécier la série.

Il y a donc une enquête par épisode, bouclée en 40 minutes avec ce que ça comporte de raccourcis procéduraux et d'incohérence. New York est grande, mais les Reagan ne cessent de se croiser sur les enquêtes comme si c'était un petit village. Le quotidien des patrouilleurs via Jamie et les enquêtes plus spectaculaires à travers Danny forment le vrai moteur de la série et ressemble à tout ce qui s'est déjà fait en matière de série policière. Rien de nouveau sous le soleil. Par contre, en plus de ça se développe par petites touches un fil rouge plus global, une enquête mystérieuse sur les Templiers bleus, une sorte de fraternité policière secrète qui serait devenue criminelle avec le temps.

J'ai beau aimer Tom Selleck, je ne suis pas arrivé à passer outre les passages moralisateurs de cette vision dynastique de la police de NY. Ces valeurs du parti républicain plombent malheureusement la série d'une lourdeur insurmontable. C'est dommage, la série avait des qualités indéniables.

4 commentaires:

  1. Vu ce que tu en dis, je ferai l'impasse, et, sur la question de la dynastie de flics new-yorkais, je resterai sur l'excellent "La Nuit nous appartient" de James Gray.

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  2. En même temps, le clan s'appelle Reagan, il faut s'attendre à ce que la série défende certains idéaux peu compatibles avec le 17 Congrès du PC.

    J'ai tenu une bonne dizaine d'épisodes (c'est du 22 épisodes par saison) avant de craquer devant l'énième repas du dimanche où Tom Selleck a sorti un discours républicain de trop.

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  3. Michaël C.21/4/11

    Il est donc temps que tu te jettes sur The Chicago Code !

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  4. david7/12/11

    Oui, c'est effarent comme série, les 2 premiers ép sont corrects, après ça part en vrille. Bonne critique Cédric. J'ai également arrêté vers le 8 ou 9, c'est trop rude. C’est d’ailleurs assez incroyable qu’un pays puisse encore réalisé ce type de fictions hyper propagande. David.

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