13/08/2011

Naked


David Sedaris est un drôle de zigoto qui se présente nu au lecteur. Nu dans le sens où, à travers 17 nouvelles, il nous raconte sa vie de banlieusard en Caroline du Nord, son héritage grecque, ses études un peu merdiques, ses expériences de vie toujours foireuses, son homosexualité, ses étranges relations avec sa famille... Le tout servi avec un plume douce-amère qui dézingue des personnages incroyables tout en dessinant un portrait acidulé de l'auteur. Il ne s'épargne jamais, racontant des anecdotes sincères mais qui déboulent systématiquement sur des situations abracadabrantes comme quand Sedaris décide d'imiter Jack Kerouac en compagnie d'une fille tétraplégique ou qu'il découvre qu'il aime les garçons alors qu'il est dans une colonie de vacances en Grèce. C'est féroce, c'est intime, c'est écrit avec brio. Sedaris a le don pour vous embarquer dans ses histoires de famille (son père est ingénieur chez IBM, sa mère est l'incarnation du sens de la répartie), pour vous peindre l'appartement de sa grand-mère en deux coups de cuillère à pot et d'arriver à vous faire rire avec les premières menstruations de sa soeur. Naked offre les tranches de vie de Sedaris avec une rare authenticité. Qu'il fréquente un camp de nudistes, qu'il repeigne un appartement avec un faux esclave noir ou qu'il vous explique les derniers jours de sa mère, David Sedaris sait vous raconter ça comme si vous y étiez. C'est une vraie vie américaine.

Quelque part, c'est la rencontre (assez improbable) entre l'écriture cynique de Shalom Auslander (pour ce regard critique sur l'univers qui l'entoure et les expériences de jeunesse un peu folles) et Tina Fey (car ils ont en commun cette obsession du mono-sourcil grecque et cet art de l'auto-dérision consommé).

L'auteur a écrit sept autres recueils qui mélangent histoires inventées et anecdotes personnelles, dont en particulier les efforts de Sedaris pour vivre en France sans parler un mot de Français.

2 commentaires:

  1. Je place ça en mémoire.

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  2. La grande force de Sedaris, c'est qu'il ne cherche pas à être systématiquement drôle. Il est capable d'être fendard, mais la majorité du temps, c'est plus ironique que marrant. Et c'est bien.

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