19/06/2012

Julian Comstock, A Story of 22nd Century America

Un petit mot tout d'abord pour remercier Cédric Huferrand et Philippe Mufenot de m'accueillir dans leurs pages. Hu-Mu est sans doute le blog "bouquins" que je lis le plus, donc c'est pour moi un honneur et un plaisir de pouvoir poster des chroniques de bouquins ici.



Je ne sais pas trop dire ce qui m'a attiré vers Julian Comstock, A Story of 22nd Century America de Robert Charles Wilson (traduit en Français sous le titre de Julian). Peut-être bien une recommandation d'un revendeur de bouquins en ligne quelconque combinée à la lecture du 4è de couverture présentant un futur sans pétrole. Bref, lors de ma dernière visite dans une librairie Anglo-Saxonne j'ai acquis la chose et je l'ai entamée dans la foulée. Le livre raconte la vie de Julian Comstock, 'célèbre' président des Etats-Unis du XXIIè siècle, de son ascension presque modeste à son infamante déchéance. Il est écrit de la main d'Adam Hazzard, son ami d'enfance, compagnon de combat et confident, aspirant-écrivain de son état. 


L'Amérique du XXIIè siècle vit tant bien que mal les conséquences des débauches de ses ancêtres. Lorsque le pétrole vint à manquer, la société s'est effondrée: guerres, famines, pestilence, tous ces maux que l'homme du XXIè siècle avait presque oubliés sont revenus en force devant la rareté des ressources, la fin des engrais, des vaccins et autres produits chimiques dépendant du pétrole et de ses dérivés. Petit à petit, une société (fort réduite) s'est reconstruite - en Amérique en tous cas - autour d'un idéal de XIXè siècle pieux et peu dispendieux, réinstaurant noblesse et servage dans sa reconstruction. Les ressources minérales du Grand Nord Canadien sont devenues très convoitées par les Américains et les Européens, ce qui en fait le théâtre d'une guerre sans fin pour le contrôle du Labrador.


Julian Comstock est le neveu de Deklan Comstock, le président régnant (le titre présidentiel n'ayant plus grand chose à voir avec un quelconque processus démocratique). Son père, grand général des Guerres Isthmiennes (pour le contrôle du Canal de Panama) a été exécuté pour trahison par son président de frère, jaloux de sa popularité. Depuis, Julian est exilé sur les terres d'un nobliau de province dans l'attente d'un futur. Il se cultive, récupère des livres interdits par l'Emprise de Jésus-Christ, la police religieuse qui autorise (ou non) et contrôle les différentes Eglises Chrétiennes. L'histoire commence lorsque, espérant fuir une conscription nouvelle pour l'armée du Labrador, Julian, Adam et Sam (un vieil ami du père de Julian qui a promis de le protéger) sont en fait enrôlés de force sous une fausse identité. On suit alors les personnages à travers leur première campagne du Labrador, leur retour à New York, leur seconde campagne militaire et le court règne de Julian qui s'ensuit.


Le roman s'attarde finalement tout autant (voire plus) sur le passage à l'âge adulte du narrateur - sa découverte de la guerre, de l'amour, de la grande ville, etc. - que sur l'ascension au pouvoir de Julian Comstock. Il est très bien écrit, d'une écriture à la fois fluide et engageante; on est pas dans la lourdeur inutile ou la prétention qu'on trouve parfois dans la littérature de genre. Mais, pour facile qu'il soit à lire, il peine à trouver une thème directeur, une histoire forte parmi les multiples péripéties de nos héros. Pour tout dire, j'ai eu le sentiment de lire un roman pour adolescent dont l'essentiel est le personnage central (ici le narrateur bien plus que Julian lui-même) et pas l'histoire ou même la plausibilité du monde qui est dépeint. 


Du coup, je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé d'avoir passé un bon moment, mais pas d'en avoir retiré grand chose. Peut-être Wilson a-t'il pêché par ambition à vouloir traiter dans un même ouvrage une multitude de thèmes (un monde sans pétrole, la fin de la science, l'impact du créationnisme dogmatique, le retour de l'esclavage, etc.) tous intéressants en soi mais qui auraient mérités d'être creusés pour arriver à une réflexion un peu plus aboutie. Finalement, de cette superficialité ne reste qu'un roman d'aventures certes plaisant, mais pas inoubliable et un peu trop teinté d’héroïsme facile et de deus ex machina pour marquer durablement. 


Au dos de mon édition du bouquin, Stephen King dit de Wilson qu'il est "un sacré conteur d'histoire" (a hell of a storyteller). C'est absolument vrai, mais en l’occurrence j'aurais aimé qu'il ait une meilleure histoire à raconter...

4 commentaires:

  1. Je n'ai pas été convaincu non plus.

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  2. J'avoue que les critiques que vous avez écrites et les autres que j'ai pu lire ne me donnent pas envie d'essayer. Je préfère me réserver pour la fin de la trilogie Spin.

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  3. Spin est aussi sur ma liste d'envies. Ca vaut le coup ? Tu as écrit une critique ci-devant ?

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  4. En 2007, mon bon monsieur. Ca ne nous rajeunit pas...
    Spin, un Hugo mérité

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