15/12/2012

Tancrède


Tancrède de Hauteville est un jeune croisé fougueux rempli de certitudes et de ferveur. Il s'embarque dans la première croisade avec passion. Évidemment, au contact des infidèles et de la sauvagerie de ses pairs, son point de vue évoluera drastiquement. Il lui arrivera de grandes choses. Il fera de grandes choses. Ne comptez pas sur moi pour vous spoiler car c'est dans la surprise que réside une grande partie de l'intérêt de cet exercice. Car oui, l'uchronie est un exercice, et j'ai eu du mal avec celui-ci. Pour savourer le fameux "Et si... ?" qui caractérise l'uchronie, il faut connaître la trame traditionnelle d'une histoire. C'est pourquoi c'est si souvent la variante "Et si Hitler était devenu un  peintre ?" qui permet à des écrivains de vendre du papier. On sait tous ce que Hitler a fait et quel impact il a eu sur notre monde, du coup la variation est intéressante. Dans le cas de Tancrède, faute de connaissances historiques, je n'ai pas pu identifier le point de divergence avec l'histoire. Godefroy de Bouillon n'est qu'un nom illustre pour moi, alors je ne sais s'il est sensé mourir dans le siège de Tripoli ou à cause d'une flèche dans le cul à Jérusalem. Je n'ai donc pas lu une uchronie mais une chronique. Ce n'est pas bien grave, c'est juste que j'ai eu l'impression de passer à côté des efforts narratifs de Hugues Bellejambe. C'est un peu (attention, ceci est une métaphore à la con dédicacée à Atreyou) comme si on m'avait servi une belle contrepèterie sans que je sache où contrepèter. Pire, vers la fin le livre incorpore une technologie à vapeur aussi déplacée qu'un mousquet dans les Terres du Milieu. J'ai alors compris à quel point j'étais passé à côté de cet exercice de style.

Mais si on met de côté cette impasse uchronique, la trajectoire de vie de Tancrède de Hauteville est très bien rendue. C'est littéralement un chemin de Damas. Tancrède est un livre tout aussi riche que la Samarcande d'Amin Maalouf tant du point de vue stylistique que de son intrigue historique. D'autant qu'à la fin du livre, Ugo Bellagamba explique l'influence de son histoire familiale sur ce roman par le double héritage de ses deux grands-pères (un militaire et un musicien). Un livre aussi somptueux que sa couverture le laisse présager.

3 commentaires:

  1. Pas totalement satisfaisant en ce qui me concerne mais l'uchronie est agréable. Pour l'uchronie, elle tient au personnage de Tancrède qui historiquement n'a pas du tout cette trajectoire (je ne m'avance pas plus pour éviter les spoilers). J'avais fait l'effort de me documenter avant ma propre lecture (lointaine maintenant), il me semble que tout tourne sur la personnalité à qui est remise une ville.

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  2. On est ambiance orientale, sur hu-mu en ce moment. Et c'est pas fini!

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  3. merci ;)

    Sinon j'ai lu 40 pages et après ça m'a saoulé comme bouquin... pas aimé la façon dont le narrateur raconte son histoire...comme un carnet de voyage.. je crois que je n'adhère pas à ce style :)

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