11/10/2013

La Guerre Eternelle de Joe Hadelman


Je pensais sinon avoir lu, du moins connaître de nom la plupart des classiques de la SF, mais il faut croire que non puisque quand je suis tombé sur The Forever War (La Guerre Eternelle) il y a quelques mois dans une librairie à Dublin sans aucune idée de ce dont il s'agissait. L'ami Eric qui était avec moi m'a assuré de la qualité du bouquin, et du coup je l'ai acheté (en VO par contre, faut pas déconner non plus...)

Je ne l'ai lu que récemment, et j'ai pris une bonne grosse claque. Ecrit dans les années 70 par un vétéran du Vietnam, La Guerre Eternelle parle, comme son titre le suggère, de guerre. Ce n'est plus de la SF à Papa des années 50, mais ce n'est pas non plus de la SF cynique des années 90. La Guerre Eternelle est fermement logé entre les deux; c'est tout sauf un roman joyeux, mais il se permet quand même une jolie histoire d'amour.

Le pitch en quelques mots: embringuée dans une guerre interstellaire à la fin du XXè siècle, la terre, sous l'égide de l'ONU, devient la base arrière industrielle d'un conflit se passant à des années-lumière. Le personnage principal, William Mandella est un étudiant en physique qui, comme tous les conscrits de cette guerre d'un genre nouveau est embrigadé non pas pour ses capacités de combat ou sa personnalité mais bien pour ses connaissances scientifiques.

Le paradoxe au cœur du bouquin, c'est que la guerre est à la fois meurtrière et très étalée dans le temps puisque les voyages supra-luminiques décalent ceux qui les pratiquent du reste de l'humanité. On assiste donc à un conflit en pointillés où, au fil des avancées technologiques, un camp ou l'autre font des bonds en avant considérables. Du coup, l'essentiel du livre se passe non pas en batailles rangées (ou dérangées d'ailleurs) mais en attente, formation, déplacements et autre briefings militaires.

C'est un bouquin fascinant qui raconte finalement plus ceux qui font la guerre que la guerre elle-même. En cela il est, j'ai l'impression, très universel et c'est ce qui le rend puissant. Pour ne rien gâcher, les quelques personnages principaux sont crédibles et bien campés. A la lecture de la Guerre Eternelle, j'ai compris que Le Vieil Homme et la Guerre de Scalzi qui m'avait pourtant plu (et qui avait grandement déplu à Philippe) s'en était largement inspiré, mais sans ce fond de paradoxe intemporel qui fait tout le sel du bouquin de Hadelman.

Bref, c'est un classique qui mérite sa réputation, et se doit donc d'être lu.

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