02/12/2013

Les Dieux Morts



Je continue tout doucement ma digestion des suppléments Planescape. Après avoir chroniqué Tales of the Infinite Staircase, intéressant mais un peu daté, et le décevant The Great Modron March, me voici sur la pièce de résistance comme disent les Anglais, sans doute la campagne la plus mythique de Planescape, Dead Gods.

Comme je le soupçonnais à la fin de ma chronique de The Great Modron March, le lien entre les deux campagnes est pour le moins ténu, tellement même qu'en fait Dead Gods ne fait aucun usage pertinent de la "grande révélation" si décevante de la fin de Modron March. Dead Gods commence comme beaucoup de campagnes par une accroche sans lien avec la trame principale qui a simplement pour but d'amener les personnages sur les lieux de l'action.

Difficile de parler de la trame de Dead Gods sans en dévoiler des éléments essentiels, mais disons que les personnages vont se retrouver impliqués dans un conflit de portée cosmique, une sorte de mise en musique de l'adage du Nécronomicon: "N'est pas mort qui à jamais dort, et au fil des éons peut mourir même la mort." Vous l'aurez compris, on parle de Dieux Morts mais pas tout à fait dans Dead Gods (qui l'eut crû ?)

Le gros attrait de Dead Gods c'est que l'ampleur de la campagne est proprement épique, avec un bon mélange d'enquête (pour comprendre ce qui se passe), d'action (pour contrer les agissements du grand méchant) et d'horreur (pour l'ambiance). De par les enjeux cosmiques de la quête des personnages, ils sont aussi amenés à frayer avec des alliés de circonstance d'un goût douteux, ce qui promet des scènes de dialogues croustillantes et des dilemmes moraux intéressants.

En réalité, ce dont je parle ici c'est la campagne principale de Dead Gods, Out of the Darkness qui occupe l'essentiel du bouquin. Il y a une deuxième partie dans le livre, plus courte, qui s'appelle Into the Light et qui est sensée s'intercaler entre certains épisodes de Out of the Darkness pour que le MJ n'ait pas à dire "le temps passe". Malheureusement, malgré un point de départ intéressant autour de la politique des factions de Sigil, Into the Light se termine comme le pire scénario dirigiste et présente au final peu d'intérêt ludique ou même de contexte.

Mais ce n'est pas grave, parce que Out of Darkness, elle, tient ses promesses. La campagne est équilibrée, elle comporte relativement peu de remplissage comparé à Tales of the Infinite Staircase ou The Great Modron March. C'est donc un truc tendu à tous les sens du terme, où toutes les actions des personnages vont viser à les faire avancer. C'est aussi relativement modulaire, avec des parties optionnelles, d'autres alternatives, bref, de quoi donner aux joueurs le sentiment qu'ils sont aux manettes. Si je devais faire un (petit) reproche, c'est simplement que l'identité du grand méchant, qui est un des facteurs cools de l'appréciation à la lecture n'a en réalité aucun poids à l'échelle des personnages puisqu'ils ne sont pas sensés savoir de qui il s'agit (pour info, c'est une sommité du D&D-verse, je n'en dirais pas plus). Du coup c'est à peu près impossible de partager ce côté cool là avec les joueurs.

Mais bon, c'est une petite pinaille. Si l'on fait abstraction de Into the Light qui est largement dispensable, Dead Gods propose quand même une campagne quintessentiellement Planescapienne, aux enjeux épiques, à la construction solide et qui vous tiendra, vous et vos joueurs, en haleine pendant de longues sessions. Ça envoie le bois à tous les niveaux. Que demander de plus ?

Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver un système autre que D&D pour faire jouer ce petit bijou sans me prendre la tête. C'est pas gagné.

3 commentaires:

  1. « Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver un système autre que D&D pour faire jouer ce petit bijou sans me prendre la tête. C'est pas gagné. »

    Dungeon. World.

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  2. Le DK ? Il faut un peu adapter c'est vrai mais vu les ressources en ligne, ça ne devrait pas poser problème.

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  3. Faudra que je jette un oeil à Dungeon World. Le DK c'est encore trop proche et trop crunchy par rapport à mes attentes. Peut-être Oltrée! un jour si j'ai le courage.

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