20/02/2014

Äkta människor


Demain, en Suède. On les appelle les hubots : des androïdes dont la fonction est de faciliter la vie des humains. Bonniche, fille au pair, ouvrier, compagnon de solitude, secrétaire… Ils sont là pour servir. Et ils font ça à merveille, infatigables (pour peu que vous les rechargiez bien quand leur batterie est à plat), ils ne se posent aucune question. Ils sont ceux que vous voulez qu’ils soient. Ils respectent bien évidemment les lois d’Asimov. Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais non. Tout d’abord, il y a des gens qui ne jurent que par la pureté humaine. C’est ainsi qu’on se retrouvera à suivre une petite cellule terroriste dont les membres sont aussi pathétiques qu’enragés. Il y a ces femmes en quête d’un homme parfait. C’est ainsi qu’on se retrouvera à suivre une mère divorcée trouvant la paix domestique avec son hubot. Et il y a la tentation de débrider son hubot, de le transformer en esprit libre en intégrant à son logiciel assez de code pour lui fournir un semblant de libre arbitre. C’est ainsi qu’on se retrouvera à suivre un groupe de hubots en fuite, inquiétant comme des Nexus 6 en maraude.

Ce n’est pas la SF qui coûte bien cher : tout passe par le maquillage des acteurs pour leur donner cet aspect cosmétiquement inhumain. Tout le reste est dans le jeu d’acteur. Et c’est d’une redoutable efficacité télévisuelle. Ainsi débarrassée de la tentation d’en faire des tonnes avec un futur trop tape-à-l’œil à grand coup d'infographie, la série peut se permettre de traiter sereinement toutes ses prémices. Le rôle du hubot face à la solitude des vieux. Leur place légale. Leur impact sur la foi. La quête des sentiments. La tentation de jouer à dieu. Et l’alternance des points de vue permet d’osciller entre des scènes très intimes (avec par exemple, la séquestration presque volontaire d’un retraité avec son hubot mégère d’une effrayante efficacité carcérale à travers son entretien parfait du domicile) et la fuite sanglante des hubots piratés, autour desquels plane un mystère qui sert de véritable moteur pour toute la série avec son lot de secrets et de révélations.

Il existe deux saisons de 10 épisodes chacune pour le moment, la troisième est en cours de tournage. On notera au passage le génie français encore une fois en action pour la traduction du titre en Real Humans. Il faut voir le bon côté des choses : on a échappé à Very Bad Humans.

5 commentaires:

  1. Ils auraient pourtant pu garder le titre en -OR : à une époque, ça se faisait, pour vendre de la SF...

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  2. Salut, je crois qu'il y a une coquille. Le titre pour la distribution internationale est "Real Humans", alors que le titre de la VF exact est "Real Humans : 100 % humain".

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  3. Une excellente série que je recommande chaudement
    J'en avais également parlé sur mon blog http://www.jeepeeonline.be/2013/05/real-humans-100-humains.html

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  4. Une série passionnante, dotée d’une réflexion sociologique glaçante sur la perte de repère face à cette révolution technologique, la déshumanisation… Un chef d’oeuvre de science-fiction !

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  5. Personnellement, je ne pense pas que je poursuivrai pour la seconde saison, bien que la première m'ait bien emballé.
    Même si j'ai beaucoup aimé le jeux des robots, j'ai vraiment détesté la petite famille Bourg/suédoise aux relents luthériens : ça m'a fait penser à un drama familial américain.

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