21/04/2014

Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss


C'est sur un coup de tête que j'ai acheté Le Nom du Vent (The Name of the Wind en VO) de Patrick Rothfuss. Je crois être tombé sur un post sur son blog, m'être dit que le type avait l'air sympa et intéressant, il ne m'en faut parfois pas plus.

Le Nom du Vent commence sur les chapeaux de roues. Pas tout à fait In Media Res mais presque. On a pas le temps de se demander qui est l'Aubergiste Kote, qui est son apprenti Bast (et pourquoi un Aubergiste a un apprenti) que les démons sont à la porte, ou tout du moins c'est ce que pensent les villageois. Puis arrive Le Chroniqueur. Lui n'est pas dupe, il reconnaît Kote pour ce qu'il est, Kvothe, héros de mille légendes contradictoires, pourfendeur de monstres et enchanteur extraordinaire. Il convainc Kvothe de lui conter l'histoire de sa vie. Il faudra trois jours, et Le Nom du Vent couvre la première journée du récit.

Il y a peu d'auteurs qui savent parler des héros (dans d'autres contextes on dirait des "super-héros") et en faire le centre de leurs histoires sans qu'on se lasse de leur invulnérabilité, de leur infaillibilité, de leurs petits-défauts-parce-que-personne-n'est-parfait. Fréquemment le côté 'bigger than life' de ces personnages les fait rapidement basculer dans le fantasme adolescent qui peut être certes plaisant, mais qui lasse vite.

Patrick Rothfuss y parvient, avec brio. Kvothe reste sympathique malgré son assurance excessive, son arrogance et son côté "j'ai réponse à tout". Ce premier pan du récit nous raconte son enfance et le début de son adolescence à l'Université (et en son pendant magique, l'Arcanum) où il parvient tout à la fois à être l'élève le plus brillant de l'histoire de l'institution et à s'attirer les foudres d'une bonne partie des professeurs et des élèves. On est loin du côté mignon d'un Poudlard ici: les rivalités entre élèves et professeurs ont des conséquences terribles, et la Magie elle-même est tout sauf une partie de plaisir.

Bref, sans révolutionner la fantasy, Rothfuss parvient à constituer un univers que l'on veut découvrir plus avant (il est décrit par petites touches au fur et à mesure du roman) et un bouquin qu'on arrive pas à reposer. Si le second tome et le troisième (pas encore sorti) sont à la hauteur du premier, ça promet de belles heures de lecture immersive. Après tout, c'est quand même pour ça qu'on lit de la fantasy, non?

3 commentaires:

  1. D'accord avec toi à un bémol près. J'ai trouvé le livre un poil long. Mais j'ai toujours envie de lire la suite (c'est le temps qui manque)

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  2. Oui, le côté "réponse à tout" du héros était vraiment horripilant. Sans m'être tombé des mains, ce livre m'a déplu. C'est typiquement ce que je n'aime pas (plus ?) dans la fantasy actuelle, la si bien nommée BCF. Et tout le tapage autour de ce bouquin m'a rendu furieux. Tout le monde en disait beaucoup de bien, alors que... Ben non, la suite ne sera pas pour moi.

    A.C.

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  3. Je suis d'accord sur les longueurs. Mais comme c'est plutôt mieux écrit que la moyenne des romans de fantasy, je l'ai tolérée avec meilleure grâce, la longueur.

    Pour le côté réponse à tout du héros (jeune) ça fait partie (il me semble) du sel de l'histoire: ça le met systématiquement dans la merde, il n'est pas très attachant, et on se demande comment ce surdoué surchiant peut être devenu l'aubergiste effacé du début. Mais bon, il en faut pour tous les goûts ;-)

    (Pour le tapage, j'étais pas au courant, j'arrive après la bataille...)

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