28/05/2014

The Chicago Code


Pour publier sur HuMu, il faut avoir une manie bien à soi. Tristan lit des vieux NéO. Philippe aime acheter des romans Eberron (mais pas forcément les lire, il dit que c'est pour offrir). Benoit collectionne les versions jazz manouche de la Marseillaise. Pour ma part, je regarde de bonnes séries télévisées qui n'ont vécu qu'une saison faute d'audience ou de persévérance.

The Chicago Code est un cop show ultra classique : on y suit la carrière de la super-intendante Teresa Colvin (la chef du Chicago Police Department), qui cumule plusieurs tares pour fédérer les policiers de la ville : elle est jeune, c'est une femme, et elle fait le ménage dans la police. Elle doit sa nomination à ce poste au soutien du conseiller municipal Ronin Gibbons, un politicien magouillard qu'elle a juré de faire tomber. Pour cela, elle diligente son ancien partenaire, Jarek Wysocki, et lui donne carte blanche pour se saisir de n'importe quelle affaire. Wysocki, un flic exigeant, dont le frère policier est mort il y a 14 ans, qui n'est pas capable de garder un partenaire plus de 48h et qui continue de coucher avec son ex-femme irlandaise alors qu'il a une jeune fiancée cubaine à la maison.

Ce n'est pas nouveau comme recette, et c'est ce qu'on demandait à Shawn Ryan, le créateur de The Shield. Ça n'a rien de révolutionnaire car c'est un genre qui fonctionne grâce à des codes connus. Comme dans biens d'autres séries (comme Blue Blood), on vit la vie policière à plusieurs niveaux : l'aspect politique via la chef Colvin, l'enquête des détectives via Wysocki et son jeune partenaire, la patrouille de rue via la nièce de Wysocki et son coéquipier, l'autre côté du miroir via un flic infiltré dans la mafia irlandaise... Les enquêtes sont bouclées en 40 minutes, comme de bien entendu. La toute petite originalité, c'est que part moment, les personnages parlent directement au téléspectateur, en voix off, pour expliquer son parcours de vie, ses espoirs, sa motivation... C'est mince pour se distinguer dans la masse de la production télévisuelle.

C'est malgré tout une bonne série à regarder car elle arrive quand même à raconter quelque chose en 13 épisodes. Il y a un final en dépit de la brièveté de la série. Elle vaut surtout pour le personnage de Ronin Gibbons, le conseiller municipal pourri qui n'est pas juste un méchant politicien ripoux. Il est superbement incarné par Delroy Lindo, qui lui donne beaucoup de relief.

La chose bien dommage, c'est qu'après ça, Shawn Ryan s'est mis à écrire Last Resort, une merdouille militariste avec un sous-marin américain qui se réfugie sur une île. Une autre série qui n'a duré qu'une saison mais pour laquelle je ne vous infligerai pas un billet. Ryan semble avoir perdu sa magie depuis The Shield (encore que, la fin ratée de cette série était annonciatrice de ce désenchantement, à mes yeux). Je ne voudrais pas être dans ces souliers. 

2 commentaires:

  1. Je ne suis pas d'accord avec toi sur le fait que le final de The Shield soit raté, tout au contraire, mais je peux le comprendre.

    J'ai eu la grosse flemme de remonter dans les posts et je n'ai pas vu si tu avais vu et fais la critique de Southland (mon cop show outsider préféré). Même si c'est pas totalement raccord avec ton obsession pour les séries annulées au bout d'une saison, elle a failli être annulée à la fin de chacune d'entre elle, à changé de network (ce détail devrait te plaire du coup, le show a "une histoire"), elle est passé sous le radar du public mais pas des excellents critiques, et est maintenant annulée au bout de 5 courtes saisons. Ça colle presque !

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    1. Southland est sur ma liste, j'attends qu'il devienne dispo sur Netflix.

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