08/08/2014

Vegas Mytho


J'ai toujours regardé les livres de Christophe Lambert de haut. Il faut dire que j'ai un jour lu le 4ème de couverture d'un de ses livres (Le Commando des Immortels) qui raconte comment un platoon d'elfes à la Tolkien pénètre les lignes ennemis japonaises en 1942 pour éviter la défaite. Ça me semblait passablement débile comme prémisse.

Vegas Mytho est né le jour où l'auteur a écrit une idée géniale dans son carnet de notes : "Dieux mafieux". Il a tout de suite su qu'il tenait un truc, il a donc commencé la rédaction d'une histoire se déroulant en 1956, à Las Vegas, qui est le théâtre d'un affrontement entre deux panthéons : les anciens de l'Olympe et ceux d'Egypte. Oui, les dieux sont cachés parmi nous, et ils luttent les uns contre les autres. Les deux clans ont un casino et ils ont un long contentieux millénaires à régler.

Sauf que le Lambert a eu un souci : après avoir écrit un bon bout de son roman, il a entendu parler d'American Gods. Qu'il a lu. Il n'a pas aimé, principalement parce que la tension suggérée par le récit n'est pas résolue par un grand clash final. Il a donc complété son roman avec la satisfaction que son roman était bien différent de celui de Gaiman.

Et oui, les deux livres ne sont pas dans la même catégorie. Vegas Mytho est pataud. C'est une resucée du Parrain (l'auteur ne s'en cache pas) où la nostalgie de l'Italie est remplacée par celle de la Grèce. Pour donner du corps à l'existence moderne de Zeus, il a pioché dans les biographies d'Onasis et Howard Hugues. On y croise aussi le J. Edgar Hoover et son FBI. Il y a des bastons avec de gros pouvoirs divins, des allusions à James Bond, des scènes de sexe avec Aphrodite d'une rare indigence pornographique. Le complot qui est le prétexte à cette mascarade vole au ras des pâquerettes. Les personnages centraux sont mal goupillés (Adonis est beau, Hera est une femme jalouse. Point barre). Les Egyptiens servent d'adversaires sans aucune profondeur.

La seule bonne idée du roman, c'est le protagoniste principal, un ancien prof de littérature qui a tout lâché pour devenir poète alcoolique dans Greenwich Village. Il va tomber amoureux d'Athéna (qui n'a rien d'autres à foutre) et devenir une ressource importante pour les dieux grecques. Hélas, à la fin il va se transformer en super-héros pour justifier les scènes de baston inutiles.

N'attendez pas non plus une description intéressante de Las Vegas en dehors de deux ou trois clichés sur le Strip. Le summum, c'est quand le héros assiste à une explosion nucléaire dans le désert de Mojave et qu'il résiste au souffle grâce à un gadget d'Héphaïstos.

Je vais continuer de regarder les livres de Christophe Lambert de haut.

1 commentaire:

  1. C'est la magie des noms en action : la méchante fée qui a maudit Christophe Lambert, l'acteur, en le condamnant à ne faire que des navets, a oublié de poser une restriction. Du coup, tous les Christophe Lambert qui essayent de faire de l'art ont des soucis.

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