23/10/2014

Impact


Tom Jefferson est un tueur, un vrai. Un type qui a eu des heures glorieuses en Corée comme tireur d’élite et qui maintenant travaille par contrat pour la CIA, la pègre ou quiconque est assez friqué pour se permettre de l’engager. Et quand le roman débute, Jefferson est en embuscade pour flinguer un nazi à Buenos Aires.  C’est 1960, ça swingue pas mal au niveau international. Et des gros pontes de Vegas lui demandent un truc peu ordinaire : une étude de faisabilité. Sa cible : Castro, qui agace prodigieusement la CIA, certes, mais a fait très mal financièrement à la mafia en fermant les lucratifs casinos cubains. Alors Tom débarque à la Havane pour voir si le passage à l’acte est faisable pour un professionnel comme lui.

Et très franchement, pour du Philip Kerr, c’est lourdingue. Le baroudeur qui ne cille pas devant le danger, qui sodomise de jolies femmes quand il n’est pas le destinataire d’autres faveurs sexuelles et qui nage en eaux troubles, c’est bourratif. L’auteur vous abreuve de noms d’hôtel, de marques d’alcool et de noms de personnages pour vous dépeindre ça comme dans un James Bond à l’ancienne, mais ce personnage à la Jean-Paul Belmondo dans les années 80 est bien fadasse. C’est peinturluré au rouleau, et on est bien loin de la qualité d’écriture et de construction de la trilogie berlinoise.

Et puis au milieu du bouquin, il y a un retournement dans l’intrigue. Pas un truc à vous renverser, mais suffisamment inattendu pour surprendre le lecteur un peu ensuqué par la torpeur des clichés sur les années 60. Ce twist, j’ai envie de ne pas vous en parler, car je suis un mec bien, mais ce crétin d’éditeur a bien moins d’égards pour nous car il vend la mèche dès la couverture en vous montrant JFK et Jackie en promenade dans une décapotable. Forcément, un tireur d’élite, Castro, les années 60… que d’appels du pied.


Au final, on se retrouve avec un roman proposant une thèse marrante, mais pour en profiter, il faut se fader un pensum  peu subtil qui s’amuse heureusement à ridiculiser les services secrets, la CIA, le FBI et tout le tintouin. C’est dommage, en débarrassant l’intrigue de tout l’habillage machiste à deux balles, on aurait une sorte d’histoire digne des frères Coen avec des espions pathétiques, des assassins qui ne sont pas ceux qu’ils semblent être, des mafieux qui font un peu pitié…  Mais c’est écrit avec un sérieux déplorable.

1 commentaire:

  1. Après avoir lu _American Tabloid_ d'Ellroy, j'ai l'impression d'avoir lu tout ce qui peut être lu sur les années 60, Cuba, JFK, Hoover & co.

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