16/10/2014

Tai-Pan de James Clavell



Le lancement (largement imprévu) d'une campagne de Mage (Ascension, 2nde édition pour les curieux) établie à Hong-Kong m'amène à lire des bouquins et romans sur l'histoire de cette enclave toute particulière de la Chine. C'est ce qui m'a poussé vers Tai-Pan de James Clavell, l'histoire se déroulant en 1840 lors de la première guerre de l'Opium.

Le roman s'ouvre alors que le premier traité de paix entre l'Empereur de Chine et la Reine d'Angleterre a été dessiné, mais pas encore approuvé. La proposition de traité réinstitue le commerce de l'opium, et offre des compensations aux maisons marchandes britanniques pour les tonnes d'opium qui ont été brulées pas les Chinois dans les entrepôts Cantonnais. Mais surtout, il cède à la couronne Britannique l'île de Hong-Kong, inhabitée et inhospitalière.

C'est pourtant cette île qui est la clé du traité et la clé de la présence Anglaise en Asie: la rade de Hong-Kong constitue un port naturel qui permet, contrairement à Macao, aux grand navires de commerce de mouiller en sécurité. Le personnage principal du roman, Dirk Struan est à la tête de la plus grande maison marchande britannique, The Noble House, il en est le Tai-Pan. Il ne veut pas attendre la ratification du traité pour occuper Hong-Kong et le livre a donc pour toile de fond la première année d'installation des Anglais "chez eux".

Clavell a un don pour camper des personnages attachants qui, confrontés à un choc des cultures apprennent de leurs erreurs et voient la sagesse de ceux que leurs compatriotes considèrent comme des "sauvages". En cela, Struan n'est pas très différent du personnage principal de Shogun, au point que j'avais du mal à l'imaginer autrement qu'incarné par Richard Chamberlain...

Mais la galerie de personnages secondaires est, pour l'essentiel également solide, de May-May, la concubine Chinoise de Struan, insolente, naïve et sexy tout à la fois à Tyler Brock, chef de la seconde plus grosse Maison de Commerce et ennemi mortel de Struan. Le récit est finalement celui de la construction d'un empire commercial et des sacrifices à sa propre humanité que Struan (et d'autres) se voient obligés de lui concéder. Ce n'est pas forcément un propos très original, mais c'est efficace, et on est rapidement happé par le récit et ses rebondissements à la fois historiques (bien que romancés) et humains.

Après, force est de reconnaître que la vision du monde de Clavell est éminemment mercantile et que, même si les marchands d'Opium historiques étaient sans doute convaincus que le commerce et la civilisation allaient de pair, il humanise quand même beaucoup ces semeurs de misère. On lui pardonne pour le récit, mais il ne faut quand même pas avoir les opinions trop arrêtées sur le sujet.

En tous cas, j'ai beaucoup apprécié la lecture du bouquin, et même si la période m'intéresse moins, je me plongerais sans doute tôt ou tard dans The Noble House qui décrit la guerre commerciale entre Struans et Brocks 120 ans plus tard à Hong-Kong.

PS: Vous aurez-vu à la modernité de la couverture Française reproduite ci-dessus que même s'il existe une traduction Française, elle ne date pas d'hier. Sachez en tous cas que le livre est très lisible en Anglais pour autant qu'on accepte de ne pas toujours comprendre la retranscription des accents écossais (de Struan) et cockney (de Brock).

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