21/11/2014

Les Quatre


J’avoue, pour moi, Hercule Poirot, c’est David Suchet dans la télésérie sur France 3. Sur FR3, même, c’est dire. C’était sympathique, mais c’était surtout une série digestive, très plan-plan. Les petites cellules grises de Poirot bossaient sur des intrigues pépères, c’était essentiellement une jolie reconstitution d’époque avec des indices impossibles et beaucoup de vanité belge. J’ai même lu les romans originaux, dans le temps, c’est dire. Aussi, quand Tristan Lhomme m’a cité Les Quatre, une enquête de Poirot, comme point d’entrée le plus rapide dans la galaxie pulp, j’ai pensé in petto « Eh ben, il yoyotte le Tristan ». Mais bon, même sénile, Tristan aurait plus de culture que moi, alors je suis retourné lire du Agatha Christie, comme pendant mon adolescence.

Alors voilà, Hastings a un ami. Il est intelligent et son prénom c’est Hercule. Sauf que le Poirot est dès le départ du livre sur les nerfs : il a découvert que 4 ignobles individus trament des complots sans nom. Un infâme chinois, une mystérieuse française, un richissime américain et un insaisissable assassin, donc, qui font des plans dans des plans pour, pour, pour… c’est pas clair. Dominer le monde ? Sans doute. On s’en moque un peu : c’est une ligue ignominieuse, il faut lui barrer le chemin. Et quoi de mieux que les cellules grises de Poirot pour ça ? Des meurtres mystérieux, des agents infiltrés, du poison à gogo, des embuscades sauvages… La table est mise pour des aventures étrangement endiablées pour le gros belge. Pas exactement les enquêtes pantouflardes de France 3, quoi.

Par contre, le format est étrange. Le court roman (187 pages) ressemble à ces campagnes de JdR dans lesquelles l’auteur vous invite à espacer les scénarios en insérant d’autres scénarios de votre cru entre deux épisodes afin de délayer l’intrigue et de créer un fil rouge. On fait tous la même chose dans ce cas-là : on fait jouer la campagne telle quelle, parce qu’on n’a pas le temps de tresser un canevas avec une autre campagne, on est déjà bien assez heureux d’avoir les joueurs et le temps de jeu pour faire jouer la première campagne, on ne vas pas en rajouter une couche. C’est la même chose ici : il faudrait en théorie lire une autre enquête de Poirot entre chaque partie pour avoir vraiment l’impression que l’intrigue progresse à travers les années. Car le fait est que ce roman est en fait une compilation de nouvelles épisodiques. Et tout lire d’une traite ne rend pas justice à l’intrigue qui est censée se dérouler en pointillés.


Mais à part ça, Tristan avait totalement raison : Poirot et pulp, c’est possible. Le résultat est étrangement aventureux. J’avais oublié Hastings, et je me rappelle maintenant pourquoi : il n’est pas intéressant. Prochaine étape : Miss Marple contre les dinosaures de la Terre creuse.

4 commentaires:

  1. Pour info, ce roman a été adapté en téléfilm par la BBC, avec David Suchet. Je ne sais pas si France 3 l'a diffusé, mais je me demande à quoi ça peut bien ressembler.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai fini par voir le téléfilm. Il est... spécial, mais mérite une place à la rubrique "trahison complète du propos en respectant la forme".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je l'ai vu moi aussi il y a peu et je suis tout à fait d'accord avec toi.

      Supprimer