19/01/2015

Léon l'Africain


Ainsi parlait Wikipédia :

Né à Beyrouth, Amin Maalouf passe pourtant les premières années de son enfance en Égypte, patrie d'adoption de son grand-père maternel, lequel a fait fortune dans le commerce à Héliopolis. De retour au Liban, sa famille s’installe dans un quartier cosmopolite de Beyrouth en 1935, où elle vit la majeure partie de l’année, mais passe l’été à Machrah, village du Mont-Liban dont les Maalouf sont originaires. Son père, journaliste très connu au Liban, également poète et peintre, est issu d'une famille d'enseignants et de directeurs d'école. Ses ancêtres, catholiques romains, grec-catholiques, orthodoxes, mais aussi athées et francs-maçons, se sont convertis au protestantisme presbytérien au XIXe siècle. Sa mère est issue d'une famille francophone et maronite, dont une branche vient d'Istanbul.


Autant dire que le métissage, le déracinement, le multi culturisme et tout le tintouin, il s’y connait, le Maalouf. C’est pourquoi son Léon l’Africain est si intéressant : né à Grenade juste avant qu’elle ne soit reprise par les Castillans, celui qui s’appelle alors Hassan el-Wazzan suit sa famille à Fès, part en exil au Caire, fait ambassade à Istambul, s’établit à Rome… Il va là où Allah puis le dieu d’Abraham le poussent, au gré de sa chance et de ses revers de fortune. Des épouses enivrantes, des amitiés fortes, un don certain pour le commerce… Tout est raconté année après année avec délice. Les petits travers religieux des mahométans, des chrétiens et des juifs sont mis au même pied d’égalité. Il y a des pirates, la lèpre, un palais, des caravanes dans le désert, des voleurs sur la route, des mariages arrangés, des cheiks vicelards… Il y a bien évidemment des ponts incroyables entre Léon et Amin, ce dernier ayant éduqués par des Jésuites sans jamais renier son héritage arabe. C’est un roman qui parle du vivre ensemble, de l’identité à jamais fragmentée de l’immigrant, de tous les points communs des trois monothéismes… Bref, sous le prétexte de raconter de vieilles histoires du XVe siècle, Maalouf parle du brassage culturel d’aujourd’hui. Car ces mélanges furent, sont et seront, c’est dans l’ordre des choses. Nous serons tous amenés, un jour prochain, à devenir métèque, juif errant ou pâtre grec. Il n’y a aucune honte là-dedans, c’est au contraire une source de force pour qui sait embrasser cet élan. Le fait même qu’Amin le non-auvergnat siège à l’Académie française en est la plus belle preuve.

J'avais déjà dit du bien de Samarcande, et Léon l'Africain est du même excellent tonneau. J'en veux pour preuve cet extrait, qui fait écho à la situation de Charlie et de son drôle de drame :
Leur devise est une parole du Prophète : "Aide ton frère, qu'il soit oppresseur ou opprimé" ; mais ils interprètent ces mots comme l'avait fait le Messager lui-même quand on lui avait dit : "L'opprimé, nous l'aiderons, cela va de soi. Mais l'oppresseur, de quelle manière devrions-nous l'aider ?" Or il avait répondu : "Vous l'aiderez en prenant le dessus sur lui et en l'empêchant de nuire."

Choukran, Amin Maalouf.

5 commentaires:

  1. Bon, il va bien falloir que je me lise un Maalouf un jour... J'écoute les disques de son neveu, mais je sais pas si ça compte...

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    1. Ah, je ne savais pas qu'Ibrahim était le neveu d'Amin.
      Dans ce cas, oui, tu es déjà un ami de la famille, tu peux facilement sauter le pas.

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  2. Pfff, j'ai du l'acheter après avoir lu Samarcande mais, honte à moi, n'ai jamais pris le temps de le lire. Tu me donnes envie de réparer cette lacune en 2015. ;)

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  3. Pour ton prochain livre de l'oncle, je te propose une approche différente avec le Rocher de Tanios.

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    1. Promis, c'est le prochain que je lis quand je retourne lire du Maalouf.

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