18/03/2015

Séparés de la baleine blanche à six coups d'Est en Ouest

Ce titre n'a aucun sens. Mais je me suis lu quelques bandes dessinées, récemment, et j'ai tellement aimé que j'ai envie de vous en causer rapidement. Je me vois pas faire un billet par série, alors je vous fais un petit tir groupé.

Severed (chez Urban Comics)

Severed : Destins Mutilés. USA, années 10-20. Un gamin orphelin reçoit une lettre de son père, musicien errant qui veut reprendre contact avec son fils. Il s'enfuit alors pour tenter de le rejoindre et devenir lui aussi musicien errant. Il rencontre Sam, jeune gavroche, qui mène aussi la vie de hobo. En parallèle, on découvre un étrange personnage. Un adulte, un peu vieux, qui mange vivants des enfants orphelins à conditions qu'ils aient de grands rêves. Cet adulte est particulièrement doué pour prendre la place d'autres gens, qu'il élimine, pour approcher ses cibles. Evidemment, ils vont se croiser.
Cette histoire en un seul volume est d'abord parfaitement réalisée au niveau graphique. Le dessin est bon, le découpage bien foutu. Le scénario est, quant à lui, je dirais pas "original" mais très bien vu, qui arrive à surprendre sur cette histoire basique avec de bons rebondissements. Il s'agit au final d'une valse à trois dont on a du mal à savoir comment elle va se terminer. J'ai beaucoup aimé, du début à la fin et le méchant de l'histoire serait parfaitement adaptable à une partie de jeu de rôles "cthulien". On ne saura jamais dans l'histoire s'il a quelque chose de surnaturel ou non. Son horreur et sa violence se passent de cette hypothèse mais une aura de mystère reste à lui coller à la peau comme une mauvaise odeur. Très bon.

East of West (#1&2 chez Urban Comics)

Un étrange mélange de western et de SF. Dans East of West, les cavaliers de l'apocalypse ne sont pas un mythe. Il y a eu une prophétie et les chefs de gouvernement de toutes les grandes factions galactiques sont les garants de cette prophétie, qui n'est pas claire, pas plus que leur rôle. Sauf que la Mort a décidé de faire cavalier seul, au grand dam des trois autres, qui l'ont mauvaise. Il est franchement difficile de deviner dans quelle direction cette histoire va se diriger mais je me dis que ceux qui avaient aimé la Trilogie Nikopol de Bilal devraient y retrouver quelques memes qui leur feront plaisir : figures d'une religion incarnées dans une civilisation SF. Au niveau du dessin, sans être original, c'est beau et bien fait. Je regrette que ce soit pas un peu plus travaillé... Ca fait penser à du Lanfeust avec un trait plus propre. En tout cas, ça fait le boulot.

The Sixth Gun (#1,2 & 3 chez Urban Comics)

Encore du Urban Comics. On va me dire que je fais de la grosse pub. Bon, c'est juste que je lis du comic, en ce moment, et que c'est devenu l'éditeur incontournable. Derrière un dessin tout ce qu'il y a de plus simple (bon, c'est propre et correct, ça fait là aussi le boulot) se cache un bon p'tit western sauce vaudou et magie noire, avec des flingues maudits, des revenants, des gatlings, des loas, du bayou et des bastons au six-coups dans des trains. Si vous avez pensé "putain, mais y me décrit Deadlands, là" ben vous avez en tout cas exactement ce que j'ai pensé à la lecture. C'est du western avec de la magie et de l'horreur donc si cette ambiance vous plaît, vous serez pas déçu. En tout cas, je serais pas surpris que le scénariste aie traîné les bottes de ses personnages dans le "weird west".

Moby Dick - Livre Premier de Chabouté (chez Vents d'Ouest)

L'un des plus mythiques romans américains adapté en BD par le grand Chabouté, ça ne peut qu'être bien. Spoiler : ça l'est. Mais alors, vraiment. Purée, je m'en remets pas. Le dessin à la plume de Chabouté est ici moins sombre que dans ses oeuvres précédentes mais toujours avec ce trait précis. Queequeg est effrayant, sombre mais attachant, Ishmaël est bien le jeune adulte qui veut partir à l'aventure et les bateaux ainsi que leur équipage sont vraiment impressionants. A la lecture, on sent l'iode et les embruns, la sueur rance de l'équipage. On entend le craquement du bois des mats, le glissement du vent dans les cordages et les cris des mouettes. On y est, quoi.
D'autant que je puisse dire, l'adaptation est très fidèle. En tout cas, Chabouté sait rendre à merveille ce que je m'imaginais à la lecture du roman de Melville. Une grosse claque et j'ai hâte de lire le second volume.

J'adore mon bibliothécaire. :)

2 commentaires:

  1. J'imagine que tu as lu Jonah Hex ? Ta description de The Sixth Gun m'a fait penser à ça, même si je n'y ai pas jeté un oeil depuis presque 20 ans...

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  2. Ah tiens, non. Je connais de nom mais j'ai pas lu. Je regarderai si mon bibliothécaire les a.

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