30/05/2015

Le Lac des Cygnes, version hardboiled

Au cours de mes vacances au Portugal, je suis passé par une auberge de Lisbonne où j'ai trouvé un roman avec des marquages de bibliothèque. J'ai une sainte horreur du pillage des bibliothèques alors j'ai attrapé le gros volume, un polar noir de James Lee Burke intitulé Swan Peak. Déjà, normalement, je l'aurais pris pour le renvoyer à la bibliothèque mais j'adore le polar noir et j'avais jamais lu un Burke, j'ai donc profité de l'occasion pour le lire. De toutes façons, il était déjà en retard...



Swan Peak est le douzième d'une série consacrée à un flic, Dave Robicheaux. N'ayant pas lu les précédents, je saurais pas dire comment il se place dans la série. En tout cas, c'est du vrai hardboiled : on a des personnages durs, entiers, avec des passifs qui les ont fait souffert et qui les poussent à faire aujourd'hui des mauvais choix. Swan Peak, poussif au démarrage, donne l'impression de regarder un train dérailler au ralenti, de lire un compte-rendu de partie de Fiasco, de mater une saison pas encore tournée de Fargo.

Dave Robicheaux, un flic de la Nouvelle Orléans, et Clete Purcell, son pote privé, dont le duo fait beaucoup penser à San-An et Bérurier, sont en vacances pour pécher dans le Montana. Clete cherche un coin de pèche, se plante, et se retrouve sur les terres d'un riche connard local. A partir de là, les emmerdes vont se multiplier et une galerie de personnages pétri de problèmes va commencer à faire une valse à trois temps où chaque pas serait une erreur, jusqu'au grand final. Honnêtement, durant les cent premières pages, je pensais le filer à Bob. Les deux cent pages suivantes, je songeais à faire une critique mi-figue, mi-raisin. Mais les cente dernières pages, je les ai bouffées d'une traite, avant de mettre le bouquin dans une enveloppe à destination de sa bibliothèque.

Je n'avais jamais lu du Burke, c'était une erreur. J'en lirai d'autres. C'est du bon. Par contre, j'ai juste remarqué que le personnage n'accuse pas son âge : des dates, vers la fin de l'ouvrage, lui donnent une enfance dans les années 1940 et un passage au Vietnam pour un roman se déroulant en 2007. Le personnage est donc plutôt sur la fin de la soixantaine. Quelle santé : il court la montagne et tabasse des connards sans souci. Bon, c'est complètement anecdotique et la fin de la soixantaine se vit aujourd'hui plutôt bien. Ah, le traducteur a aussi une forte tendance, quand il écrit une note de bas de page, à référencer les films plutôt que les livres dont sont tirés les films mais c'est pas bien grave.

Swan Peak, de James Lee Burke, chez Rivages.

4 commentaires:

  1. Burke est un grand ! Il faut tous les lire ! Si possible dans l'ordre (ils sont presque tous en Rivages Poche) car on a l'évolution du personnage, de ses amis (pas piqués des vers !) et surtout de sa famille (la découverte de sa fille adoptive dans le tome 1 jusqu'à son entrée à la fac dans les derniers...)

    Eh oui, il a une longévité incroyable. Un peu comme Harry Bosch (rat de tunnel au Viet Nam) et toujours en service en 2015...

    L'adaptation de Dans la brume électrique avec les morts confédérés par Tavernier avec Tommy Lee Jones est excellente.
    Le livre, quant lui, est une des rares incursions du fantastique (très discret) dans le polar. (Un peu comme "Angel Heart" avec Mickey Rourke inspiré de Sabbat dans Central Park).

    Un auteur à la prose magnifique qui parle de la Louisiane comme personne...Les romans consacrés à "l'après Katrina" sont époustouflants...
    Probablement le meilleur écrivain de polars américain.

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  2. J'en ai lu quelques uns: c'est assez bon en effet, avec une atmosphère "hard-boiled" bien rendu qui sied bien à la Nouvelle-Orléans... mais la structure est assez répétitive d'un roman à l'autre après un moment.
    @Totirakapon: le meilleur écrivain de polars US? Je préfère Ellroy, c'est globalement plus ambitieux à mon avis.

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  3. Personnellement j'ai lu les deux ou trois premiers avec un certain plaisir mais... ça ne m'a pas bluffé. Je trouve le personnage de Robicheaux assez caricatural, et même si j'adore la Louisiane et que les intrigues étaient intéressantes, je n'ai pas donné suite au final.

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  4. Je suis assez d'accord; Benoît. Je sais pas quel tome j'ai lu mais y'en a une plâtrée avant et à la lecture de celui-ci, je doute fortement d'une quelconque évolution du personnage (visiblement, son traumatisme vietnamiens ne passe pas, même 50 ans après, lol).
    Mais je me suis pris le premier récemment. Je me prendrai aussi un dans l'immédiat après-Katrina.

    Je viens de lire en 2,2 un Paco Ignacio Taibo 2... Toujours un plaisir (mais je ne ferai pas de notule).

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