29/09/2016

Harry Potter : le retour du fils maudit

Comment, personne ne parle de Harry Potter 8 ? Y'a quelques années, JP Pernaud en aurait parlé au 20h lors d'un segment aussi long que ses segments sur Bébert, artisan fabricant de sabots dans la drôme Tout fout l'camp !


Harry Potter, j'ai une histoire d'amour-haine avec. J'aime beaucoup tout en lui réservant un chien de ma chienne. J'aime beaucoup Harry Potter parce que le mélange d'une angleterre passée fantasmée mâtinée de fantasy, avec une boarding school, des sortilèges, des balais volants et des méchants, c'est chouette. Je déteste parce que l'univers tient pas la route une seconde dès qu'on réfléchit un peu, que les meilleurs tomes (le 4) ont des erreurs scénaristiques qui me font saigner les yeux et que les plus mauvais (les 5, 6 et 7) sont pleins d'un remplissage honteux genre "ouais, allons faire du camping pendant 500 pages jusqu'à ce que la solution à nos problèmes nous tombe dessus !".
Je me délecte de certains éléments, principalement l'ambiance, et je hurle d'une rage intérieure à peine contenue au portnawak qui traîne en arrière plan (et, pitié, me sortez pas l'argument "non, mais ça pas besoin de se tenir, c'est pour les enfants ! Les enfants, ils sont pas plus cons que les adultes et ont droit tout autant, voire plus, à ce qu'on respecte leur intelligence.)

Bref, j'attaquai dans l'avion cet opus avec mon habituel mélange d'enthousiasme et d'angoisse. D'autant plus qu'il n'est pas écrit par Rowling, même si elle signe en partie le scénario. D'autant plus que ce n'est pas un roman mais le script d'une pièce de théâtre. Malgré cela, c'est la suite officielle de la série.

Vous avez un problème avec les spoilers ? Pas moi. Vous êtes grands, faites comme vous le sentez. Vous êtes prévenus.


L'histoire : comme les mousquetaires, on retrouve les héros 20 ans plus tard. Ils ont vieilli, ils ont des gamins et ceux-ci sont envoyés à Poudlard/Hogwarts pour faire leurs études. Ils se font des copains dans le train. Le fils Potter se lie d'amitié avec le fils Malfoy. Ben oui. Les deux sont pas super doués pour la magie. Ils vivent mal tous les deux les attentes que mettent en eux à la fois leur parents et le reste de la population. D'autant que Potter Jr. se retrouve chez Slytherin/Serpentard. Genre la honte de la famille.
Résultat, pour essayer de se mettre en valeur à leurs propres yeux et ceux de leurs parents, ils décident de trouver un moyen de réparer une erreur du passé, à savoir une mort injuste partiellement due à Potter Sr, c'est-à-dire la mort de l'autre champion de Hogwarts dans le tome 4 de la série.
Ni une, ni deux, ils pénètrent dans le Ministère de la Magie et volent un de ces machins pour retourner dans le passé pour disqualifier le dit champion, de manière à ce que Potter Sr aille seul devant le Grand Méchant et sauver la vie à l'innocent.
Sauf que ce n'est pas sans conséquences et ce changement amène Voldemort au pouvoir et la mort de Potter Sr. Donc les gamins essaient encore de changer le passé, jusqu'au moment où ils appellent les parents au secours pour les aider à résoudre le problème.

Disons-le clairement : c'est le MEILLEUR épisode de la série. Et ce de très loin. Bon, dans ce qui m'a fait hurler, y'a surtout et principalement le fait que le ministère de la magie est un moulin où des gamins de 11 ans pénètrent sans aucun souci. Le ressort "enfant caché de..." est aussi très très gros, quand même (même si les auteurs, malins, détournent l'attention).
Ce qui est très bon, c'est que ça traite de la relation parent-enfant, des conséquences des attentes des parents sur les enfants, de l'amitié-la-vraie, du passage à la vie adulte/de parent et du rôle du mentor. Au-delà de remettre au jour quelques détails du cycle en les éclairant d'un jour nouveau, ce sont toutes ces relations et les difficultés qu'elles révèlent qui font de ce tome une très agréable lecture. De plus, comme c'est une pièce de théâtre qui couvre plusieurs années au lieu d'un roman qui n'en couvre qu'une seule, on a ZERO remplissage. Désolé pour les amateurs de scènes de camping, il n'y en a pas. L'action est serrée, il n'y a pas de remplissage. A tel point que, des fois, c'est un peu trop "Tchekhov", quand même.

Bref, j'en dis que c'est le meilleur de la série, de loin. Vous n'êtes pas forcés de me croire, cependant. Au passage, si la pièce de théâtre arrive à produire tous les effets décrits dans les didascalies, j'ai vraiment envie de la voir !

Ca se lit d'une traite : il n'y a que les dialogues, pas de descriptions en dehors des didascalies : j'ai fini le bouquin avant de finir mon vol long-courrier (et je me suis donc retrouvé réduit à faire du binge watching pour tuer le temps).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire