20/04/2018

Wild Wild Country


Wild Wild Country est un documentaire disponible sur Netflix qui se découpe en 6 épisodes d'une heure chacun. On y raconte comment, en 1981, un gourou et ses fidèles ont quitté l'Inde pour fonder une ville utopique dans le fin fond du trou du cul de l’Oregon. La greffe ne s'est pas bien déroulée, on va dire. Mais alors pas du tout. En mélangeant images d'archives et entrevues actuelles des principaux acteurs de cette histoire, le documentaire passe à travers les 5 années de cette histoire bourrée de rebondissements. C'est volontairement que je n'en dis pas trop sur les enjeux scénaristiques de ce récit car il y a des retournements de situation, des twists et tout ce qu'il fait le charme d'un script hollywoodien. Et pourtant, c'est une histoire bien réelle.

Au menu : ferveur idéaliste, sourire énigmatique du gourou Osho (qui était hypnotiseur avant, c'est dire s'il s'y connait en manipulation), bigoterie orégonaise, paranoïa fédérale, sens du spectacle, amour libre, drogues, AK47... Osho n'est pas un rigoriste : il prône un éveil par la création, s’accommode très bien des valeurs capitalistes (il est bling bling avant l'heure), n'est pas particulièrement un castrateur... Mais pour assurer son aura de mystère, il se tait en public et prend une porte-parole, qu'il appointe également comme secrétaire particulière. Dans les faits, c'est elle qui va faire vivre la ville au quotidien et prendre des décisions de plus en plus... engagées.

C'est une histoire énorme, qui contient tous les ingrédients d'un récit qui vous captive. La mauvaise qualité des images d'époque, les tentatives de justification des intervenants 30 ans après les faits, la sincérité de certaines victimes collatérales... C'est aussi hypnotique que le regard d'Osho.

Non seulement c'est très intéressant car cela pose des questions sur le vivre ensemble, la vie collective, la contrainte sociale, l'oppression religieuse, mais c'est une histoire très rôlistique dans son ADN. Les acteurs de cette histoire ressemblent à des PJ à qui le MJ/Gourou donne carte blanche pour fonder une utopie et qui ne savent pas quand s'arrêter. Ils se posent des questions sur le bien commun, mais d'un autre côté veulent absolument réussir leur mission. Alors ils glissent lentement vers l'indéfendable, puis s'offusquent. On pourrait imaginer Osho en adopté de l'Arcane du Pape ou de l'Empereur à Nephilim. Les thèmes transgressifs d'Unknown Armies transpirent également. Les fans de Winterhorn seront ravis.

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