28/03/2016

The Expanse



Il y a bien plus expert que moi en matière de Science-Fiction, et la SF est elle-même un genre protéiforme. Mais si j'ai pu apprécier certaines séries télé nominalement de SF comme Battlestar Galactica (le remake) ou Firefly, force est de reconnaître que dans les deux cas la SF était un peu une excuse, pas au centre de la chose. Je ne savais donc pas trop quoi attendre de The Expanse, sinon que les premières critiques étaient positives.

Nous avons regardé les dix épisodes de cette première saison en famille (avec deux fistons de 12 et 15 ans) et je dois dire que ces premières critiques étaient justes: c'est une excellente série, de la science-fiction pur jus qui parvient à soulever des interrogations profondes sans sacrifier l'accessibilité.

Le pitch en un mot: la Terre et Mars se regardent en chien de faïence depuis des années. D'un côté ceux qui ont tout (l'air, les terres fertiles, etc.) et le détruisent consciencieusement, de l'autre ceux qui n'ont rien mais travaillent à le rendre vivable. Une sorte de guerre froide. Entre les deux, les Belters qui habitent la ceinture d'astéroïdes qui permet aux deux de vivre et prospérer. Et voilà qu'un vaisseau d'extraction de glace belter se fait dézinguer, piégé par un signal de détresse martien. La guerre froide est en passe de se réchauffer.

La série déploie trois arcs narratifs. L'un, sur Terre, tourne autour d'une diplomate des Nations Unies (très impressionnante Shohreh Aghdashloo), femme de pouvoir qui a perdu son fils lors de conflits armés passés et cherche à éviter une escalade guerrière avec Mars. Le second, sur Ceres, station orbitale des Belters où un pseudo-flic mène une enquête sur la disparition d'une jeune fille de bonne famille terrienne aux idéaux révolutionnaires. Le dernier (et principal) suit James Holden, meneur par défaut des survivants du Canterbury, le vaisseau d'extraction de glace qui explose dans le premier épisode. Les trois arcs convergent au fil de la saison sans forcément se rejoindre jusqu'à la révélation finale (que je ne vous gâcherais évidemment pas).

Le casting de la série est impeccable, à la fois sur les personnages principaux et sur les secondaires. Les décors et effets spéciaux sont très bons, suffisamment en tous cas pour ne jamais briser l'immersion. Enfin, et c'est le point essentiel pour moi, au delà d'un scénario tout à fait solide, la série dépeint un futur plausible et fourmillants de détails qui en renforcent la crédibilité. Mention spéciale à la sous-culture des Belters dont la vie en gravité artificielle a des impacts physiques notables et dont la sous-culture est simplement délicieuse (dialecte, accoutrements, etc.)

The Expanse réussit à mon sens le tour de force de poser des vraies questions de SF autour des évolutions technologiques - du sens de la conquête de l'espace et de ce qui, en somme, fait de nous des terriens (ou non) - sans pour autant dériver dans une complexe philosophie qui l'éloignerait du divertissement. C'est un divertissement qui fait réfléchir, et c'est suffisamment rare pour être signalé.

J'attends avec impatience la seconde saison, et en attendant je me suis procuré la série de romans dont la série est adaptée pour la lire dans les semaines qui viennent.


4 commentaires:

  1. Pas vu la série; le roman de Corey, l'Eveil du Léviathan, n'était pasmal, mais sans plus...

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  2. Oui j'ai remarqué le fourmillement de detail connexe qui renforce l'aspect réaliste. Ca rejoint ma théorie du succès de star wars qui est du au fait que les vaisseaux soit sales ce qui renforce le réalisme.

    Vu 4 episodes à ce jour et c'est vraiment sympa.

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  3. Pour avoir lu les premiers chapitres du tome 1 juste un peu après le visionnage des 4 premiers épisodes, il m'a semblé que le roman était intéressant, mais pas forcément excitant.

    Au contraire de la série qui fourmillait de détails différents du texte mais bien sentis.

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  4. Merci de m'avoir fait découvrir cette série qui nous a bien plu

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