01/09/10

Brimstone (aka Le Damné)


J'aime les séries qui s'arrêtent à leur première saison. Non que je me réjouisse des échecs, mais au moins ces séries avortées ne se diluent pas. Elles restent à jamais incomplètes, certes, mais elles n'ont pas le ridicule de 24 où Jack Bauer sauve le monde en 24h 8 fois d'affilée parce que l'audience le commande.

Brimstone fait partie de ces perles. 13 épisodes et puis pshiiit ! C'était là encore un produit de la Fox.

Ezekiel Stone est un flic du NYPD. Quand sa femme se fait violer et que le coupable est acquitté, il se fait justice lui-même en tuant le violeur. Et quand quelques mois plus tard, Ezekiel décède, il va directement en enfer à cause de ce péché mortel. Sauf qu'en enfer, le Diable a un petit problème : 113 âmes damnées se sont échappées et se sont réfugiées sur Terre. Alors le Diable propose à Ezekiel de ramener ces évadés en enfer. En échange, il lui promet de lui offrir une seconde chance dans le monde des vivants. Mais on sait comment ça marche, les promesses du Diable...

Chaque épisode est donc centré sur une âme en fuite qu'Ezekiel doit retrouver puis tuer en lui mettant une balle dans un œil (car les yeux sont le miroir de l'âme). Chose bien pratique, toutes les âmes restent à New York où elles vivotent en profitant maladroitement d'un pouvoir démoniaque. Le travail d'Ezekiel est rendu difficile par le fait qu'il se réveille tous les jours avec la même somme d'argent qu'il avait dans les poches au moment de sa mort (soit $36.27). Et bien évidemment, le Diable s'amuse à lui filer des indices foireux pour le regarder ensuite se dépatouiller. Ah oui : le corps d'Ezekiel est recouvert de 113 tatouages. Quand il renvoie une âme en enfer, le tatouage correspondant disparait, provoquant au passage une douleur insoutenable. À ces menus problèmes, il faut ajouter le fait que la femme d'Ezekiel est toujours vivante, mais qu'il ne peut pas lui parler, puisqu'il est mort et enterré.

Le génie de Brimstone, c'est d'avoir confié le rôle du Diable à John Glover (à gauche sur la photo). Son jeu d'acteur est parfait pour ce rôle. Il est imprévisible, ses répliques remplies de double-sens et on se délecte de la manière qu'il a de se moquer d'Ezekiel. Le Diable a beau dire qu'il est sans pouvoir sur Terre pour justifier le travail qu'il confie au flic mort, il est évident qu'il ment car il n'arrête pas d'utiliser sa puissance pour produire des effets dramatiques. Brimstone semble donc être un jeu cruel, un test moral de plus pour Ezekiel pour déterminer s'il a compris le sens de son péché.

Le photo est magnifique, tout en obscurité. Les scénarios n'ont pas le temps de tourner en rond étant donné la brièveté de la série. Franchement, c'est Angel Heart en série télé, le côté moite en moins.

Tout comme pour Kindred: the Embraced, Youtube est une source intarissable de bonheur. Voici donc la première partie du pilote de la série, pour vous faire du bien aux yeux et au cerveau.



Dans un prochain billet, je vous parlerai d'un classique des séries fantastiques : Louis le Brocante.

30/08/10

Carbone modifié - Un autre son de cloche


Cédric avait fait une excellente critique de Carbone modifié, et la blogosphère n'avait pas été en reste : chez Gromovar, sur Fantasy au petit-déjeuner, pour Lisbei, ou pour Fred H, le roman avait été très apprécié. Tant et si bien que je l'avais pris dans mes bagages avant de partir en vacances. Las, c'est une des fois où mon avis diverge de celui de mon co-blogueur (mais en même temps, si on était tout le temps d'accord, il y aurait peu d'intérêt à signer les billets de deux noms différents).

Qu'est-ce que Carbone modifié ? Un cyber-polar écrit 20 ans après Neuromancien et 60 ans après le Grand sommeil. En effet, Carbone modifié mélange deux mythologies et leurs clichés associés, en intégrant une idée neuve. Dans un futur où l'âme humaine se stocke dans un disque dur implanté dans la nuque et peut se télécharger après la mort dans un autre corps, un ancien soldat d'élite enquête sur le suicide d'un magnat, pour le compte de celui-ci, implanté dans un nouveau corps avec une sauvegarde vieille de 24h. Du cyberpunk, Carbone modifié reprend les Intelligences Artificielles, les univers virtuels, la biotechnologie, les ordinateurs; du roman noir, on récupère le héros dur à cuir, les femmes fatales, les passages à tabac, et les retournements de situation. Le mélange n'est pas nouveau, d'autres avant Morgan l'ont tenté et réussi. Le problème, c'est que Morgan en maîtrise mal les composants :

- cyber : toute l'ossature technologique du roman, et en premier lieu celle de numérisation de l'esprit, la nouveauté du roman, est gérée exactement comme la magie dans un univers de Fantasy. Cela existe, cela donne des possibilités, et on s'en sert pour l'histoire. Si ce n'est pas un "plot device", c'est a minima un élément de décor. Le comment, les conséquences sociales, les limites, tout cela n'intéresse que peu Morgan, dont l'approche est du coup très différente de celle d'un auteur de SF.
- punk : en dehors de l'aspect élitiste de la numérisation de l'esprit et de son refus par les catholiques (un "plot device", car l'aspect spirituel n'est pas plus creusé que les autres considérations), rien de social ne transparaît dans le livre. Il y a bien un quartier populaire où l'on peut se rendre pour se procurer de la drogue ou des putes, mais en dehors de ça, on sait bien peu de choses sur le monde du 26e siècle, et son histoire encore moins.
- roman noir : là où le héros hard-boiled est torturé, avec des nerfs à fleur de peau, Kovacs ne souffre de pas grand-chose d'autre qu'un cauchemar récurrent, et cela ne l'empêche pas de tuer - définitivement - à tour de bras. Il viole la loi à chaque acte qu'il commet, mais il est tellement irrésistible que la fliquette intègre qui lui colle aux basques lui pardonne tout.

Ce salmigondis aurait pu être lisible si l'intrigue avait été intéressante, mais elle s'enlise dès le 3e chapitre, pour ne progresser qu'à chaque fois qu'un indice tombe tout cuit dans le bec du héros. Ses pouvoirs quasi-mystiques de déduction - pour lesquels il avait été recruté en premier lieu - ne se mettent en branle que dans les derniers chapitres, exactement comme dans Usual Suspects ou le 6e Sens.

Plombé par une intrigue mollassonne et maladroite et un univers peu crédible, le livre ne sera pas sauvé par ses scènes de violence et de sexe. Peut-être que si j'avais davantage joué à Cyberpunk - le JdR, j'aurais pu en faire ma Madeleine de Proust ? Mais le cyberpunk est le contre-courant que nous ont donné les yuppies et le reaganisme des années 80, et en tant que tel il n'aurait pas dû leur survivre. Seul Gibson s'acharne encore à en écrire, les autres  [édité suite au commentaire de Un Lecteur] pères fondateurs ont compris depuis longtemps qu'il fallait passer à autre chose et qu'il ne correspondait plus à notre époque.

D'autres, comme moi, ont été moins, peu, ou pas enthousiastes : Tigger Lilly, BiblioMan(u), Cachou, Martlet, Lulu.
 

Kindred: the Embraced


Bloguons léger en attendant la rentrée.

Au siècle dernier, bien avant True Blood, Twilight et autres ersatz vampiriques, il m'arrivait de me déguiser en vampire le samedi soir avec d'autres doux dingues. J'ai passé des soirées épatantes (en majorité) et rencontré aux quatre coin de la France des gens très variés. Certains sont même devenus des amis. Et tandis que nous jouions aux goths de Prisunic en nous grimant en suceurs de sang, certains se passaient sous le manteau des cassettes vidéo (oui, je sais, ça fait tellement 90's) d'une série télé adaptée de notre jeu de rôle favori : Vampire : la Mascarade. C'était magique. Notre univers de jeu servait de décor à une série. Quelle reconnaissance. Nous cessions d'être des rôlistes incompris, nous étions sur le point de devenir mainstream.

Cette série télévisée avait pour nom Kindred: the Embraced et était diffusée sur Fox. C'était en 1996, s'habiller en fluo et écouter Bon Jovi était encore légal en ce temps-là.

L'action se déroulait à San Francisco. Un policier luttant contre la mafia locale découvrait assez rapidement l'existence des vampires. Ces derniers étaient organisés en 5 clans et étaient dirigés par un Prince, Julian. Pour se cacher des humains, ils respectaient la Mascarade, un ensemble de règles élémentaires pour ne pas faire la une des journaux en montrant ses crocs au premier venu. La série racontait donc le parcours du policier humain et les affres de la politique vampirique locale. Car les vampires, de mon temps, c'était plus vicelards qu'un conclave de jésuites.

Le pitch de base n'était pas si mauvais. Ce qui a plombé la série dès le départ, c'est qu'elle a été produite par Aaron Spelling, l'homme qui nous a donné des chefs d’œuvre tels que Dynasty ou La croisière s'amuse. Et ce parrainage de tonton Spelling se sent dans Kindred : les auteurs tentent désespérément de proposer une ambiance noire façon Le Parrain avec des crocs, mais au final ça ressemble à Melrose Place avec du cuir pour faire rebelle. Kindred n'est au final qu'un soap vampirique avec des effets spéciaux qui vieillissent mal.

Fox débrancha assez vite le malade en arrêtant les frais dès le 8e épisode. Showtime était partant pour reprendre le flambeau, malheureusement un des stars de la série mourut pendant les négociations, ce qui plomba définitivement l'affaire.

Il nous reste donc 8 épisodes devenus cultes pour une poignée d’aficionados (dont votre serviteur) qui hurlent de rire devant le kitsch de Kindred tout en ayant la nostalgie de ses samedis soirs où nous incarnions des vampires avec le même jeu d'acteur défaillant que ceux de la série. Mais au moins, les vampires mormons n'existaient pas, à cette époque.


Magie de la modernité, la série est disponible sur Youtube. Je termine donc en vous laissant regarder la première partie du premier épisode, qui donne le ton.


28/08/10

[Best of : Fantasy] Jack Vance - La Vieille Terre

Cela faisait longtemps que je n'étais pas retourné aux sources de notre goût pour la Fantasy. Les vacances étant souvent l'occasion de ressortir des bibliothèques des vieux livres relus plusieurs fois, retour cette fois-ci sur Jack Vance et sa Vieille Terre - Dying Earth en version originale, du nom du recueil éponyme qui est une de ses premières oeuvres. J'envie ceux qui n'ont pas encore lu Vance, et à qui il reste un monde de découvertes et de rencontres à faire...


Le décor est celui de la Terre, lors de ses dernières années avant l'extinction du soleil. Les civilisations sont éteintes ou complètement décadentes, et les derniers hommes, cyniques et désabusés, attendent leur mort collective en se livrant avec frénésie à leurs activités traditionnelles : complots, trahisons, guerres, marchandages, et arnaques. Les moeurs sont riches et raffinées et la vie "suppure, riche comme un fruit pourri".

Malgré son statut de texte de jeunesse, on retrouve dès Un monde magique les caractéristiques essentielles de toute l'oeuvre de Vance : personnages bigarrés, dialogues cauteleux, coutumes exotiques, et des récits oscillant entre merveilleux et horreur. On peut trouver certains textes postérieurs de Vance encore meilleurs, mais Un monde magique garde le charme de la fraîcheur et de la nouveauté, et un "sense of wonder" indéniable.


Vance reviendra à la Vieille Terre 15 ans plus tard, avec son personnage le plus connu : Cugel, un coquin vagabond dont les ruses se retournent contre lui. Là où la construction de Un monde magique était assez complexe, avec des récits emboités les uns dans les autres, celle de Cugel l'astucieux est beaucoup plus linéaire, empruntée au récit picaresque. La couverture de ma vieille édition est tout à fait mensongère : Cugel n'est pas un fier héros posant avec une belle alanguie accrochée à son bras musclé, mais un escroc itinérant souvent obligé de fuir sous les pierres et les insultes. La couverture d'une édition postérieure correspond bien mieux à l'ambiance du livre.


Chaque chapitre du roman présente une aventure distincte du héros, lors de son voyage de retour vers la cité après une quête qu'un sorcier l'a obligé à accomplir à l'autre bout du monde. Chaque fois, c'est son bagout qui sauve - et condamne - Cugel. Les rares qui ne connaîtraient pas Cugel pourrait le découvrir dans ce chapitre manquant à l'édition française, proposé à l'époque par un magazine de jeux de rôle dans un numéro dédié à Vance (Graal, HS n°4).




Cugel Saga, publié quelques années plus tard, reprendra la même recette, en envoyant Cugel explorait une autre partie du monde. Toute l'inventivité et l'imagination de Vance s'y déploient avec panache, et chaque récit est une merveille d'invention, de faconde, et de cocasserie.


Rhilato le Merveilleux est le dernier roman publié par Vance dans cet univers. Il est bien plus tardif, et, si l'on y retrouve tous les éléments auxquels on est habitué, il est bien moins inventif et surprenant que les précédents. Il est d'une lecture agréable et les fans n'en feront pas l'impasse, mais c'est loin d'être un incontournable.

Pour ceux qui en veulent plus : 
Le personnage de Cugel a été repris par Michael Shea, dont nous avions déjà parlé, dans la Revanche de Cugel l'Astucieux. Un roman sympathique, mais dont le style s'écarte trop de ceux de Vance pour que la comparaison soit à l'avantage du repreneur. De plus, ce roman a été écrit pour faire suite à Cugel l'astucieux, avant que Vance écrive Cugel Saga, qui reparte aussi du même point. Une anthologie de nouvelles reprenant le personnages a été publié par Nestiveqnen, Sur les traces de Cugel l'astucieux. Et pour sortir un peu de la Vieille Terre, Bifrost a publié un excellent hors-série consacré à Vance. Ce sera l'occasion de découvrir d'autres cycles, souvent devenus des classiques de SF ou de Fantasy : la Geste des Princes-Démons, le Cycle de Tschaï, Lyonnesse, la Planète Géante, le cycle d'Alastor, Durdane, ou Cadwal.


Enfin, on retiendra aussi l'excellente, la superbe, l'époustouflante adaptation en jeu de rôle du cycle, par Pelgrane Press (cf. fiche du GROG), dont je vous reparlerai très bientôt avec un texte promis de longue date.




24/08/10

Rubicon


Suivre une série dès la diffusion de son premier épisode, c'est un petit pari sur l'avenir. C'est sûr, on ne risque pas grand chose, si ce n'est perdre un peu de temps. Mais il y a le plaisir de trouver un petit bijou avant que Télérama ne se mette à en parler.

Rubicon traite d'espionnage, mais pas du tout à la Jack Bauer. C'est le monde du renseignement vu par les yeux d'un analyste. Un type qui avale des tonnes de données et cherche des liens entre des éléments a priori sans rapport. Et justement, un jour, il trouve un drôle de truc dans les grilles de mots croisés de plusieurs journaux. Une occurrence atypique. Il en parle à son supérieur et ce dernier décède dans un drôle d'accident. Mais notre analyste se doute bien que rien n'est hasardeux en ce bas-monde. Et quand sa hiérarchie lui propose de prendre le fauteuil du défunt, notre analyste sait qu'il vient de glisser les doigts dans un engrenage qui va immanquablement lui broyer chacune de ses phalanges. Mais il accepte parce qu'il veut voir ce qui se cache derrière ce théâtre d'ombres.

Rubicon m'a beaucoup fait penser à un film de 1975 de Sydney Pollack : Les trois jours du condor. Robert Redford y incarne un analyste de la CIA qui à la suite du massacre de tous les employés de son bureau se retrouve en fuite. Il y a aussi une ambiance façon Les hommes du président (toujours avec Redford).

Bien évidemment, il y a quelques défauts. La femme et la fille de notre analyste sont mortes lors des attentats du 11 septembre. Ça donne un homme qui n'a plus rien à perdre, hanté par ses fantômes. C'est un peu grossier. Il faut aussi passer l'éponge sur quelques clichés (les mecs intelligents jouent aux échecs. C'est jamais des fans de Docteur Maboul, non, c'est des bêtes aux échecs.)

Si vous cherchez une série où il ne passe pas grand chose, à vous de traverser ce Rubicon. Je vous attend sur l'autre rive, que la série tienne sa promesse initiale ou non.

Ps : à chaque fois que je lis le titre Rubicon, je pense à la chanson Ulysses de Dead Can Dance :

And now it`s time for you to take off your mask
And cross the Rubicon

RePs : petite mise à jour au 5e épisode. C'est toujours aussi bon. J'aime la manière dont est décrit l'espionnage réaliste. Comme le disent les personnages, ils relient entre eux des points qui forment, parfois, une structure cohérente.

Petit extrait que j'ai adoré. C'est le patron de la boite d'analyse qui explique à un militaire pourquoi une agence d'analyse doit rester indépendante. Une belle analogie.

When you left the house this morning wearing that tie, perhaps your wife stopped you in the doorway. Perhaps she told you how good you looked in that tie... How handsome it was.
Now, while I'm sure you love your wife, might I suggest you have many reasons to distrust her judgment about... that tie. Maybe she has a fond memory of another time you wore it. A sentimental attachment or perhaps she knows your tie collection, and she's simply glad you didn't choose one of the ties she dislikes. Perhaps she just sensed you were feeling a little fragile. She felt like bucking you up a bit.
Now, imagine for a minute you-you sit down here with us, and I say to you how much I admired that tie. Instantly, you have another opinion, but you don't know me. There's nothing personal between us. We have no sartorial history. No emotional attachment. Whose judgment are you going to trust? Mine or your wife's?

20/08/10

Michael Connelly : Los Angeles Polar Department

Michael Connelly n'écrit pas les polars les plus noirs du monde. Ni les intrigues les plus incroyablement renversantes, d'ailleurs. Sa suite de romans est toutefois une référence pour les amateurs de romans policiers que nous sommes. Il faut dire que son travail quasi pictural dans la description qu'il fait de Los Angeles est aussi évocatrice qu'un tableau d'Edward Hooper. Et son approche d'entomologiste sur le polar procédural donne un tel réalisme à ses enquêtes qu'elles font peur non pas à cause de la cruauté des meurtres mais bien par les dérives juridiques américaines et les démarches souvent kafkaïenne que l'enquêteur doit accomplir pour faire correctement son travail.

Son héros le plus récurrent est Harry Bosch, un flic solitaire, bougon et pugnace qui n'hésite pas à envoyer paître la hiérarchie policière pour suivre ses enquêtes obsessionnelles. Présenté succinctement de la sorte, Harry Bosch ressemble à priori à un cliché littéraire, mais la grande force du personnage principal de Connelly, c'est d'être un flic humain. Pas foncièrement mauvais, pas nécessairement bon, c'est une sorte d'inspecteur Harry (pour l'aspect décidé et colérique) mais sans le gros flingue et la soif de justice privée. Autant dire qu'il ne joue du pistolet et qu'il ne fait aucune course-poursuite haletante. Il n'est pas aussi futé que Colombo et ne résout donc pas les crimes avec d'incroyables raisonnements. Il est méthodique, batailleur, borné... Bosch quoi. Ses traumatismes d'ancien du Viêt Nam, ses relations le plus souvent décevantes avec les femmes et son passif de policier mal aimé (il a tué un serial killer dans des circonstances troubles) en font un héros rugueux.

Mais le vrai personnage central de Connelly, c'est Los Angeles, qui imprime ses pulsations aux enquêtes d'Harry et des autres personnages du cycle. L.A. évolue et forme un reflet trouble aux sentiments contradictoires d'Harry, qui lui aussi subit les changements de la ville. Bosch vit dans une maison dans les collines qui surplombent la ville. C'est un peu une manière de se maintenir la tête hors de la merde stagnante de L.A. Chaque descente en ville est une sorte d'apnée trop longue qui force tôt ou tard Harry à respirer l'air pollué de smog et de folie humaine de la cité des anges. Le portrait de Los Angeles est amer : pollution étouffante, crimes sordides, mirages hollywoodiens, presse à sensation, flics corrompus, hiérarchie arriviste... Connelly parle avec nostalgie de certains endroits mythiques de LA, mais la ville évolue bien plus vite que son personnage, d'où les problèmes de ce dernier à vivre sur le même tempo que cette ville qui lui est de plus en plus étrangère.

Alors oui, on peut reprocher à Connelly de suivre toujours le même canevas narratif mais il le fait avec une telle efficacité qu'il est difficile de refermer le roman avant d'avoir lu la page finale. Connelly possède l'art de vous faire éteindre votre lampe de chevet à 2h du matin ou de rater votre station de métro. Comme il a été chroniqueur judiciaire pendant 10 ans avant de se lancer dans l'écriture, il possède une solide base de connaissances pour mettre en scènes les enquêtes d'Harry Bosch. Et Connelly n'épargne pas ses anciens collègues de la presse dans ses romans : scoop arrivant au mauvais moment, intox journalistique, informateur véreux... les journalistes en prennent aussi pour leur grade dans ces chroniques policières. De plus, l'auteur n'aborde pas tous les aspects de LA : pas de South Central, pas de gang s'amusant au drive-by-shooting. À cause de la juridiction de Harry Bosch, ses enquêtes sont tournées vers une seule partie de la ville, ce qui a tendance à occulter les autres districts.


Les Égoûts de Los Angeles est le premier roman du cycle. On y découvre un Harry Bosch déjà lourdement empêtré dans ses ennuis récurrents avec sa hiérarchie, mais surtout, c'est l'occasion pour Connelly de parler du Viêt Nam, avec comme allégorie à la noirceur des gens ces sombres tunnels vietcongs qui plongent au cœur des ténèbres et forcent le soldat à se confronter à ses peurs primaires. L'histoire tourne autour d'un corps découvert dans un tunnel. Mais Harry connait la victime : c'est un ancien frère d'armes. La vérité va lui éclater au visage comme une grenade. Sans être un mauvais roman, loin de là, ce livre ne se démarque pas beaucoup de ses concurrents. Il ne vaut mieux pas commencer par ce titre pour découvrir Harry Bosch.

La Glace noire aborde un thème important de la littérature policière : le suicide d'un flic. Harry enquête sur celui d'un collègue qui a "avalé son flingue" la veille de Noël. Mais en trouvant dans la voiture du suicidé des documents qui lui sont adressés, Bosch va mettre les pieds dans une histoire de drogue aux vastes ramifications, respectant ainsi le testament tacite de son collègue. Un bon Bosch, bien foutu, mais c'est avec le tome suivant que Connelly va réellement poser son style et son héros.


Depuis Les Égoûts de Los Angeles, Connelly évoque une histoire folle dans le passé d'Harry : il a un jour tué le Dollmaker, un serial killer, mais ce dernier n'était pas armé, il tentait juste de prendre sa perruque qui était sous son oreiller. Dans La Blonde en béton, la veuve du tueur en série attaque Bosch en justice et tout bascule quand un imitateur fait renaître le Dollmaker de ses cendres. Le doute s'installe chez Harry et le pousse à se poser LA question : et s'il avait tué le mauvais gars ? Il doit donc replonger dans cette sombre affaire avec le risque de constater qu'il s'est trompé de cible. Ce titre est l'un des plus réussis des premiers Bosch, et a la particularité de montrer les suites judiciaires de l'enquête policière, ce qu'on ne voit habituellement pas dans les autres romans. Connelly montre que l'arrestation d'un criminel n'est pas la fin, mais une étape du processus, et qu'être un bon inspecteur nécessite d'avoir des talents d'enquêteur mais aussi de témoin du procureur au cours du procès. Ce roman constitue le meilleur point d'entrée dans la série.


Le Dernier coyote débute alors que Harry est mis en congé pour avoir bousculé son supérieur. Obligé de suivre des séances chez une psychologue pour apprendre à gérer son stress, Bosch va utiliser son temps libre pour revenir sur un détail de sa vie qui lui tient très à cœur : la mort de sa mère. En se retournant sur son passé et en cherchant à comprendre qui a provoqué la mort de cette prostituée, Harry lève le voile sur ses origines, qui ont forgé son caractère de vieil ours mal léché. Pour ne rien arranger, il doit aussi gérer les réparations de sa maison qui a été partiellement détruite au cours d'un important tremblement de terre. Ce roman est un hommage non déguisé à Ellroy et sa Part d'ombre, et est un des plus réussis de la série. Connelly trouve ici un bon équilibre entre le passé de son héros et le présent, et son drame personnel et son obsession de policier.


Le Cadavre dans la Rolls s'attaque à Hollywood. Le corps d'un producteur de nanards est retrouvé dans le coffre d'une Rolls. En mettant son nez dans la vie privée du mort, Harry comprend que le défunt avait également des intérêts à Las Vegas. Maîtresse ? Jeu compulsif ? Plan à la Ocean's Eleven ? Les trois ? Las Vegas est une ville qui sert souvent à Connelly qui aime y promener ses personnages de temps à autre, mais rarement pour des vacances. C'est un roman bien troussé, mais il reste mineur dans la série.


L'Envol des Anges traite du racisme policier. Tout commence par la découverte dans un téléphérique du corps d'un avocat Noir dont la spécialité était d'attaquer le LAPD quand la victime était Noire et que le flic était Blanc. Il y a donc fort à parier que ce meurtre a été commis par un policier, car cet avocat était l'adversaire acharné des services de police. Et comme brasser la merde est une spécialité de Bosch, son enquête fait grincer toutes les strates de la hiérarchie policière tandis qu'un important procès s'annonce.



Wonderland Avenue met en scène deux thèmes récurrents de la vie de Bosch : la maltraitance et l'isolement des orphelins. Des os d'enfant sont déterrés dans un colline. Le corps est sans doute là depuis 20 ans, ce n'est pas une priorité pour la Police. Mais pour Harry, chaque personne compte, donc il insiste. Mais les médias veillent et enquêter sur des faits des années 80 n'est pas aisé. Ce roman s'empêtre dans une intrigue molle et du sentimentalisme excessif, et annonce le déclin de la série. Pour l'accro à Bosch, le lire est comme de se faire un fixe avec une came trop coupée.


Lumière morte voit un Harry Bosch retraité mais ayant obtenu un permis de détective privé devenir une fois de plus obsédé par un cold case, une vieille affaire non résolue qui empêche d'avoir la conscience tranquille. Une jeune femme étranglée. Quand vient se superposer une histoire de billets de banque utilisés lors d'un tournage de film, l'affaire prend une autre tournure, surtout quand certaines personnes demandent à Bosch de lever le pied sur cette enquête. On aurait pu craindre qu'un Bosch devenu privé perde de son intérêt, mais Connelly parvient à faire de cette contrainte un élément structurant de son récit et un ressort dramatique à part entière. A nos yeux, le dernier bon Bosch.


Los Angeles River annonce le grand retour du Poète, un serial killer auquel Connelly a consacré un roman éponyme, qui sort de sa tombe pour l'occasion. Le point de départ du récit est la mort de McCaleb, le héros de Créance de sang (selon la rumeur, Connelly l'aurait tué car déçu du traitement qui en a été fait au cinéma dans le film éponyme). À cette occasion, Bosch voyage pas mal, en particulier au Dakota du Sud où un de ses rares appuis au FBI a été exilé : Rachel Walling. Retenez bien son nom, car telle la comète de Halley, elle croise souvent la galaxie Bosch et annonce souvent des catastrophes. Ces retrouvailles Walling - Bosch - Le Poète auguraient du meilleur, le résultat est une traque improbable et cousue de fil blanc jusqu'à une fin bâclée.


Deuil interdit est l'occasion pour Bosch de sortir de sa retraite et de revenir dans une unité spécialisée dans les cold cases. Évidemment, il a une nouvelle partenaire. Au menu : le meurtre d'une adolescente de 16 ans qui semble fortement impliquer un suprémaciste. Pourtant, Bosch lève un lièvre qui mène à penser que le suspect idéal n'est pas forcément coupable. Il était peut-être difficile d'écrire sur un Bosch devenu détective privé aigri, mais le faire revenir au LAPD ne permet pas de rendre l'intrigue plus intéressante. C'est un procédé facile que de le mettre aux "cold cases", et à la fin du roman, on ne peut que se dire que Bosch a mérité sa retraite et qu'il est temps pour lui de la prendre.


Echo Park est lui aussi un drôle de cold case. Le LAPD arrête par hasard un type qui se ballade avec des morceaux de cadavre dans son véhicule. Ça fait remonter à la surface de la mémoire de Bosch une vieille enquête qui semble contredire les évidences du cas présent. L'intrigue aurait pu donner un roman réussi, mais ça ronronne tout du long en sous-régime, et Bosch ne parvient plus à intéresser. Un livre qu'on oublie aussi vite qu'on l'a lu.


À genoux est un peu spécial car il est paru en feuilleton dans le New York Times magazine. Un meurtre sur Mulholland Drive, une étrange affaire de vol de césium dans un hôpital... Le format en feuilleton tranche réellement avec le rythme habituel de la série et ne parvient pas à s'insérer correctement dans la carrière de Bosch. De plus, le thème du risque biochimique dans une Amérique post-11 septembre est bien mal traité.


9 dragons débute avec le meurtre d'un paisible commerçant d'origine chinoise et déboule rapidement sur une drôle de version de Bosch en visite à Hong Kong, plus proche de Charles Bronson dans Un justicier dans la ville que de l'habituelle policier hanté par ses obsessions. Très hollywoodien dans la mise en scène, il annonce un virage sérieux de Michael Connelly qui semble perdre de vue la clef de voûte de son œuvre.

Si Harry Bosch est le principal héros de Connelly, celui-ci a écrit des romans mettant en scène d'autres angelenos, qui représentent d'autres facettes de la lutte contre le crime : journaliste, avocat, criminel... Présentation de ces livres dans un prochain billet.

Cédric & Philippe "Munin"

19/08/10

Something from the Nightside


Something from the Nightside fait partie de l'urban fantasy qui mélange le polar et la magie. Oui, un peu comme les Dresden Files. Le héros, John Taylor, est un détective privé qui possède un don magique : il est capable de localiser les gens/les objets perdus. Il a ça dans le sang. Il se concentre et bingo, il a une vision de ce qu'il cherche. Pratique. Sauf que son don ne fonctionne que s'il l'utilise dans le Nightside. Et le Nightside, c'est une enclave magique qui se cache au cœur de Londres. Un territoire non euclidien où c'est toujours 3h du matin. Un coin de ville où cohabitent tout ce que le surnaturel compte d'inexplicable. Le Nightside, c'est le point de convergence des démons, des anges, des aliens, des dieux punks, des tueurs immortels... Même les bâtiments y ont une âme ou un pouvoir magique. La moindre ruelle y est bourrée de mystères et de danger.

Et donc, John Taylor vivait depuis 5 ans à Londres avec la ferme intention de ne plus retourner dans le Nightside. Rapport au fait qu'il est né de l'autre côté du miroir et qu'il a bien trop d'ennemis là-bas. Mais quand une belle blonde lui demande de retrouver sa fille fugueuse, il rempile dans le Nightside en trainant derrière lui sa cliente à qui il va devoir tout expliquer sur les particularités de l'endroit pour la protéger des monstres locaux. Et donc, fort logiquement, il renoue avec d'anciennes amitiés et de vieilles querelles. Il fouille le Nightside en semant la zone. Car Taylor, il ne faut pas l'emmerder. En filigrane, on comprend que la mère de Taylor était une créature balèze et qu'il est plus ou moins destiné à détruire le monde. Mais ça, on sent bien que ça sera développé sur le long terme dans la série.

Je n'ai pas aimé le Nightside. C'est un peu trop une auberge espagnole du n'importe quoi. Tout ce qui passe par la tête de l'auteur, Simon R. Green, a le droit de cité dans cet univers. Oh, les références à Cthulhu et à un prince d'Ambre font sourire, mais à force de tout coller ensemble, le patchwork finit par ne ressembler à rien. On voyage dans le temps, les acolytes de Taylor apparaissent et disparaissent sans raison, l'intrigue se termine en eau de boudin... Ça manque de solidité. Et la proximité de Londres n'a vraiment aucune influence sur le Nightside.

Au final, le livre fait le grand écart entre Le faucon maltais et le Docteur Who. Et il se fait une crampe, au passage.

C'est dommage, j'avais bien aimé la série fantasy légère du même auteur, Hawk et Fisher. On retrouve d'ailleurs dans le Nightside la rue des dieux qui était déjà présente dans Haven, si j'ai bonne mémoire.

17/08/10

Le guerrier prophète - Le Prince du Néant 2


Des fois, on sort un vieux billet de son blog et l'on reste étonné par ce que l'on a pu y écrire à l'époque.
Ainsi, juste avant de m'attaquer au Guerrier prophète, j'ai voulu relire ce que j'avais pensé du premier volume, Autrefois les ténèbres, afin de remettre dans le bain.
Quel enthousiasme ! Je ne me reconnais même pas.

Mais bon, comme j'avais adoré le premier, je me jette avec avidité sur sa suite. Sauf que, je l'avoue, impossible de me souvenir de l'intrigue. Une vague histoire de croisade, oui, mais les détails se sont effacés. Ça en dit long sur mes capacités mémorielles. J'ouvre donc le livre assez démoralisé. Heureusement, le second volume débute par un résumé. Ouf ! Je suis sauvé. Et là, je lis 30 pages de résumé. Oui, 30. Et il y a bien des points qui font résonner quelques choses en moi, mais ce sont des broutilles par rapport à la masse des informations résumées. Ce n'est pas possible, je n'ai pas lu le premier tome. Il y a au moins 57 ethnies différentes avec des noms imprononçables pour quelqu'un possédant mes cordes vocales. Il y a autant de factions que d'étoiles dans le ciel. Les intrigues sont plus entremêlées que le nœud gordien. Les personnages forment un véritable annuaire à eux tous seuls. Au secours.

Je lis les 30 pages et j'ai l'impression de découvrir un nouveau roman.

Échaudé, je me lance quand même dans la lecture du roman en me disant que la fantasy, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas.
Et bien, si, ça s'oublie. Impossible de rentrer à nouveau dans cet univers par la petite porte. Je m'y sens totalement étranger.
Forcément, aucun plaisir de lecture. C'est comme découvrir Lost au beau milieu de la 5ème saison.
Le livre s'est refermé de lui-même et me culpabilise depuis du haut de son étagère. Le pire, c'est que j'avais aussi acheté le 3ème volume de la trilogie (sorti en même temps que le 2ème. Ça doit être un indice que la série ne fonctionne pas, sinon l'éditeur ferait trainer en longueur, non ?)

Ce n'est pas la première fois que mon amnésie sélective me joue des tours : je suis incapable de continuer Le trône de fer pour les mêmes raisons.
Si je n'enchaîne pas immédiatement avec la suite, je suis infoutu de suivre une série trop complexe.
Évidemment, il reste un solution : relire le premier tome et enchaîner avec les deux suivants.

15/08/10

Tentative de rapprochement entre le papier et le numérique


Ta dam !
Le meilleur des deux mondes.

09/08/10

The blade itself (The first law: book one)


Ah ben tiens, une trilogie de fantasy. Je suis à peine prévisible.

Dans une capitale pas réellement décrite, plusieurs personnages s'agitent. Il y a un inquisiteur qui fait torturer des innocents alors que lui-même a connu 2 ans de torture dans les geôles d'un pays ennemi. Il y a un jeune noble qui s'entraîne pour un tournoi d'escrime censé lui apporter puissance et gloire. Il y a un barbare à la réputation sanglante qui se retrouve perdu dans la civilisation. Il y a une esclave en fuite qui a juré de tuer tous les membres du peuple qui l'a exploitée. Il y a un puissant magicien au pouvoir incommensurable qui sait ce qui va se passer. Il y a un roi sénile sur un trône convoité par ses fils. Il y a des mangeurs de chair humaine.

L'intrigue ? Oh, visiblement, des magiciens puissants utilisent ce monde comme un plateau de Risk. Et la majorité des personnages que l'on suit dans notre lecture vont former, au bout de 624 pages d'introduction, un groupe d'aventuriers avec une mission qui doit plus ou moins sauver le monde. Enfin, je l'imagine, car on en apprend très peu sur le métaplot dans ce volume séminal. On perd un temps fou avec l'entraînement d'escrime et le tournoi, sans que ça apporte grand chose au récit. On se met soudain à suivre les tribulations d'une troupe de barbares dans le nord. On comprend que le royaume est menacé au nord et au sud et que c'est sans doute un coup des magiciens qui s'affrontent depuis des lustres pour savoir qui a la plus grosse.

Honnêtement, la série se serait concentrée sur le personnage de l'inquisiteur torturé, j'aurais été conquis. C'est un personnage intéressant, un ancien héros qui est devenu un arracheur de dents. Mais non, l'auteur alterne les points de vue et passe par les autres personnages, qui ne sont pas aussi intéressants. On se disperse. Et l'intrigue avec les magiciens qui se font la guerre est chiantissime. L'univers serait décrit avec talent, je ne dis pas, mais ce n'est pas franchement une réussite du point de vue de l'écriture. La capitale est vide, le reste du pays n'a aucune âme.

Alors, oui, il y a de l'humour par moment. Du cynisme, même. Ça reste léger. Et les motivations des personnages, parlons-en : le barbare suit gentiment le magicien comme un petit chien, sans se poser de questions. Les autres sont présents dans le groupe parce que le magicien sait que ce sont eux. Il ne dit jamais le mot prophétie, mais c'est pareil. Ta gueule, c'est magique.

Avec deux fois moins de pages, j'aurais sans doute été indulgent avec certaines faiblesses de ce premier volume, mais les deux autres bouquins de la série sont aussi épais, aussi je sais à l'avance que je n'aurai pas la patience de passer à travers autant de verbiage pour une histoire qui ne me passionne pas plus que ça.