20/10/2006

Firefly + Serenity


Oh, je sais, je suis à la traine puisque tout le monde (ou presque) connaissent Firefly. J'étais complètement passé à côté de cette série, mais à force d'entendre mes amis dire unanimement que cette série est aussi bonne que Battlestar Gallactica, j'ai craqué.

Je ne reviens pas sur la carrière de Joss Whedon, mais avec Buffy et son spin-off, il s'est très largement fait connaître même auprès des mères de famille. Mais il ne suffit pas d'être bancable pour pondre une série au succès assuré. Firefly est donc une série télévisée mort-née qui s'est arrêtée brusquement à la fin de la première saison. Les fans tardifs ont été assez nombreux et bruyants pour permettre la sortie d'un film, Serenity, qui sert d'épilogue à Firefly. Toutes les séries télévisées qui ne recontrent pas le succès escompté n'ont pas eu cette chance.

Le monde de Firefly peut se définir simplement comme la rencontre du space op et du western. Dans un futur lointain, une sorte d'empire fédéraliste tente d'imposer sa vision des choses sur toutes les planètes colonisées par l'homme. En bordure de cet empire survivent quelques mondes qui tentent coûte que coûte de garder leur liberté de pensée. Évidemment, vivant loin du noyau fédéraliste, ils doivent se contenter d'un niveau de vie inférieur, qui ressemble étrangement à l'ouest sauvage des cowboys. D'où ce mélange étrange entre les aventures du Pony Express et StarWars, mais un mix qui fonctionne bien.

Les protagonistes de la série forment l'équipage d'un vaisseau spatial de récupération. Ce vaisseau (Serenity) incarne l'indépendance libertaire de ses habitants, qui partagent une volonté de vivre en marge des fédéralistes. Un capitaine rigolard, un officier en secondant féminin marié au pilote, un bourrin sans cervelle, une mécanicienne avec beaucoup de sens pratique, un prêtre dans la tradition de Pale Rider, une prostituée avec des airs de diplomate, un médecin en fuite avec sa soeur psychotique... Les aventures vécues par cette fine équipe sont drôles, bien racontées. Ce sont des loosers de l'espace, mais ils sont très attachants.

Ah oui, un détail de taille : il n'y a pas d'alien dans cet univers. C'est l'argument ultime pour moi.

Mon seul regret, c'est que le film ne m'a pas emballé plus que ça. C'est un sympathique épisode longue durée, sans plus. Mais ça ne doit pas vous faire passer à côté de cette série qui est bourrée de qualités.

Un dernier truc que j'ai adoré : le générique. Du banjo, du violon, des bruits de vaisseau et un air de country qui résument parfaitement l'esprit de la série. Le mp3 est disponible ici.

Take my love, take my land
Take me where I cannot stand
I don't care, I'm still free
You can't take the sky from me
Take me out to the black
Tell them I ain't comin' back
Burn the land and boil the sea
You can't take the sky from me
There's no place I can be
Since I found Serenity
But you can't take the sky from me...


4 commentaires:

  1. Space op + Western, des marginaux qui vivotent à la marge des mondes colonisés, ça me fait méchamment penser au space op' de Mike Resnick : Santiago, le Faiseur de Veuves, et les autres. Si Whedon s'en est pas inspiré (ce qui m'étonnerait : ces gens-là ne font pas leurs séries en aveugle, et Resnick est très connu dans la SF), le rôliste peut, lui, le faire. :)

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  2. Bon, je viens de voir le film. Je sais, après avoir lu ta critique, j'aurais du voir la série, plutôt; mais je n'avais pas autant de temps à lui consacrer, donc j'ai préféré le film. C'est sympatoche, sans plus. Déjà, il y a trop de personnages, et tous n'ont pas droit au même traitement. La prostituée et le prêtre Pale Rider, si je n'avais pas lu ton billet, j'aurais pas compris qui ils étaient. L'histoire n'est pas transcendante, et la grande révélation a dû être devinée par 99% des rôlistes dans les 5 premières minutes. J'ai par contre aimé la façon où, dans de nombreuses scènes, on s'amuse à prendre à contre-pied les clichés du genre (dans les répliques, dans les réactions des personnages - genre le capitaine qui abat froidement les gens) et les dialogues sont sympas, avec pas mal de réparties type western.
    Je n'ai pas passé une mauvaise soirée, mais il ne me viendrait pas à l'idée de recommander ce film à quelqu'un d'autre.
    Maintenant, la série est peut-être bien, hein ?

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  3. Évidemment, regarder Serenity sans avoir vu Firefly, c'est comme visionner Fire walks with me sans avoir vu Twin Peaks.

    Serenity n'est qu'un gros épisode de Firefly pour mettre un point final à la série, donc les intrigues se terminent abruptement, sans élégance. Mais il fallait faire plaisir aux fans et rentabiliser un peu tout ce background.

    Joss Whedon est en train de tourner Wonder Woman d'après un scénario de lui-même. Ce coup là, je fais l'impasse, c'est réellement pas ma came...

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  4. Je suis d'accord avec tout sauf que, au final, j'ai trouvé ça sympathique mais pas complètement enthousiasmant. Je devinais tout au fur et à mesure, c'est une sensation étrange. Je n'ai jamais non plus adoré Buffy, je pense que je ne suis pas trop sensible à l'écriture de Whedon (d'ailleurs j'ai commencé à plus aimé Firefly quand il a cessé d'écrire les scénarios, de là à y voir un lien de cause à effet...) malgré l'humour qui m'évite heureusement l'ennui.

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