14/09/2008

Burn after reading


Certains attendent religieusement chaque année le nouveau Amélie Nothomb, le Beaujolais nouveau, le dernier film de Woody Allen, un autre opus de Harry Potter ou le pavé de 1000 pages signé par Steven Erikson. Moi, c'est le traditionnel film des frères Coen. Après le génial No country for old men de l'année dernière, qui avait été autant un plaisir cinématographique que littéraire, les deux frangins alternent avec une comédie d'espionnage : Burn after reading. Pas une parodie : un hommage. Et les noms qui s'alignent sur l'affiche du film donnent dans le lourd : Clooney, Pitt, Malkovitch, McDormand, Swinton...

L'histoire ? C'est un immense imbroglio. Deux animateurs d'un centre de remise en forme tombent par hasard sur des documents qu'ils pensent secrets. Ils se lancent alors dans le chantage avec un amateurisme inquiétant. Sauf que la victime de leur chantage n'est qu'un simple analyste de la CIA en rupture de ban à la veille d'un divorce implacable. Il faut ajouter à cet écheveau des adultères en série, des mensonges et beaucoup, mais alors beaucoup de bêtise.

Burn after reading, ce n'est pas L'espionnage pour les nuls, c'est L'espionnage par les nuls. C'est un véritable complot des imbéciles. La même imbécilité qui était mise en avant Fargo ou dans The Big Lebowski. Celle des plans foireux, des hasards malheureux et des petites bassesses humaines. Les frères Coen sont à des années-lumière des gags pour adolescent d'un Get smart ou même de l'humour à la sauce Canal + de l'OSS 117 de Jean Dujardin. Ils se moquent de leurs personnages stupides sans verser dans la quête du gag façon Ben Stiller.

Évidemment, le plaisir des acteurs est palpable. Brad Pitt incarne le crétin à merveille, George Clooney est une fois de plus un séducteur irrésistible au sourire ravageur, John Malkovitch est délicieux en ex-analyste alcoolique... Et Frances McDormand et Tilda Swinton ne donnent pas leur part au chien. À l'instar de la saga des Ocean's Eleven, on sent l'osmose entre la réalisation et les acteurs. C'est généreux.

Je suis ressorti du cinéma avec l'envie de rererererevoir Jeff Bridges dans The Big Lebowski pour fêter les 10 ans de ce film. Quelques parties de bowling plus tard, en regardant des putains de nazis nihilistes et le colérique Walter qui fait Shabbat, je me suis dit que décidément, vivement l'année prochaine pour voir le prochain film des frères Coen.

3 commentaires:

  1. Voilà une chronique qui donne envie...

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  2. Je l'ai vu et je ne peux que plussoyer : +1.
    Voilà c'est fait il va falloir que je me repasse The Big Lebowski.

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  3. Je viens de le voir, je me suis en effet régalé, mais je continue à préférer, dans leur veine comique, "The Big Lebowski".

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