07/05/2013

Firefly / Serenity de Joss Whedon



J'ai juste découvert Firefly avec une décennie de retard.

Qui sait, si j'avais été fan il y a dix ans, j'aurais peut-être été celui qui aurait fait basculer Fox pour que la série continue...

Ça faisait quelques années que j'avais le coffret DVD, mais c'était jamais le bon moment pour me lancer dans une série dont le concept (SF + Western) avait tout pour déplaire à la femme avec laquelle je partage ma vie et, accessoirement, le canapé devant la télé.

J'ai profité de ses déplacements professionnels récents pour combler cette lacune, et j'y ai pris beaucoup de plaisir même si je ne trouve pas forcément que ce soit la série de SF ultime et incontournable qu'on a pu me décrire ici ou là.

Dans la SF, il y a un peu deux écoles qui se recoupent finalement assez rarement: le concept et l'immersion. Le concept ce sont les idées franchement futuristes qui font s'interroger sur l'homme, le sens de la vie, l'impact des technologies sur nos vies. Les Cylons de Battlestar Galactica, la dictature génétique de Gattaca, le contrôle de la pensée de 1984... Les grandes idées puissantes. L'immersion c'est une somme de petits détails qui rendent plausibles un univers de SF, les différences (ou les similitudes étranges) avec notre quotidien.

Firefly est franchement dans le second camp. Tellement franchement même que ça pourrait ne pas être une série de science-fiction. Il y a plein de petites touches géniales des dusters des perdants de la guerre civile, aux jurons en Chinois. Tout au long de la série on n'aperçoit que très rarement l'impact de la technologie sur la vie de nos personnages. Les archétypes qu'ils incarnent sont quasi-universels, avec un penchant far-west marqué et assumé. Il n'y a pas de grands enjeux de société, l'Alliance qui gouverne les mondes n'est que très vaguement esquissée, et est un adversaire qu'on pourrait dire de circonstance, simplement parce qu'elle explique pourquoi l'équipe de Mal est toujours à la frange de la légalité.

Du coup, ça aurait du me lasser assez rapidement. J'aime bien ma SF un minimum intello (à part Honor Harrington qu'on qualifiera de plaisir coupable dans la catégorie littérature d'astroport). Mais ce qui m'a éveillé dès le long pilote de la série et maintenu dedans tout au long de la (malheureusement courte) série, ce sont les personnages. Ils ont tous ou presque des passés flous mais dont on sent l'impact sur la narration. Il y a là de nombreux mystères qui se dévoilent petit à petit (ou se seraient dévoilés si la série avait fait son cours). Leurs relations évoluent au fil de l'eau. Ils sont, enfin, éminemment humains: inconstants, trop surs d'eux (ou au contraire pas assez), et profondément faibles. Ça les rend très attachants.

Du coup, effectivement, ç'aurait pu être une bonne série western avec très peu de changements au niveau des trames et des personnages. Mais on s'en font: c'est une bonne série avant tout, et le fait qu'elle ne soit que marginalement ancrée dans le genre qu'elle s'est choisie importe peu. Des personnages aussi fouillés, attachants et imprévisibles, j'en veux dans toutes mes séries quelles qu'elles soient.

Serenity d'ailleurs tranche un peu avec ça puisque la résolution finale est un concept franchement SF (et d'ailleurs très intéressant). Le film s'insère parfaitement dans la continuité de la série, cette exception mise à part. On a juste l'impression de voir un long épisode dont la fin explique certains des mystères de certains des personnages. C'est aussi un sabordage assumé, ce qui le rend plus poignant qu'il ne devrait l'être.

Au final, je n'ai aucun regret pour le temps passé sur Firefly et Serenity, et je les regarderais de nouveau avec plaisir dans quelques années. C'est ça aussi l'avantage d'une série avortée de 15 épisodes et un film: on peut regarder ça en quelques soirées...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire