06/09/2014

Héraklès de Edouard Cour


Herakles c'est tout simplement l'histoire des célèbres 12 travaux du nom moins célèbre héros grec éponyme. Histoire que tout le monde croit connaître mais qui est en fait bien plus touffue que la simple énumération des hauts-faits du héros poursuivi par la colère d'Hera (pour une faute commise par son père).

Edouard Cour présente le projet comme une relecture du mythe, et c'est certainement ça, mais comme toutes les bonnes relectures, c'est d'abord une excellente lecture et ensuite une lumière posée sur le mythe sous un angle inhabituel. 

Alcide (dit Herakles) est une brute, c'est entendu. Le fourbe Eurystée, le bras humain de la vengeance des Dieux, lui impose des travaux qui devront l'absoudre du meurtre de sa femme et de ses enfants. Il choisit ces travaux soit en pensant qu'ils ne peuvent qu'aboutir à la mort d'Herakles, soit pour son propre intérêt. Mais le fils de Zeus fait preuve de plus de ruse et même par moments d'intelligence qu'on ne lui en fait crédit.

C'est du coup un héros plus fin que ce qu'on imagine souvent que nous dépeint Edouard Cour. Il voit le jeu trouble d'Eurystée, mais s'y conforme par obligation. Ce qui ne veut pas dire qu'il oublie: la vengeance arrivera, on s'en doute. Graphiquement, Herakles est une grosse brute adipeuse, ce qui fait qu'on le voit facilement (nous lecteurs) comme le benêt auquel Eurystée pense avoir à faire. Mais il est plus profond que ça, et ça se dévoile petit à petit au fil de ce premier tome de la BD.

La démarche d'Edouard Cour est similaire à celle de Franz et Duchazeau dans Gilgamesh, à ceci près qu'Herakles est truffé d'humour, de petites scènes drôles qui atténuent la lourdeur d'une malédiction elle aussi superbement mise en scène (mais je ne vous dis pas comment, ça vous gâcherait un peu la fête). Bref, une très bonne exploration d'un mythe fondateur de la civilization occidentale. Je ne peux pas me procurer le tome 2 pour le moment, mais dès que je rentre en France c'est en haut de la liste!

1 commentaire:

  1. Un des avantage des mythes, des classiques, c'est qu'on peut les voir réinterpréter par différents auteurs: Hercule a été illustré - entre autres - par Sfar/Blain, Le Tendre/Rossi (et Yannick mais bon Pif & Hercule c'est pas le même mythe...). Je ne connaissais pas cette série d'Édouard Cour; ça pourrait être sympa de comparer les versions.

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