Sur la forme, nous avons affaire à un ouvrage aussi correct que possible, étant donné les fonds modestes que sa campagne de financement a levés. Il est peu illustré mais la maquette, en trichromie, est très agréable. Il n'y a pas de signet mais la reliure est en cahiers cousues avec tranche-fil. J'aime particulièrement bien la couverture, avec un beau vernis sélectif qui met en valeur une illustration qui ne manque pas de style. Enfin, l’ouvrage est bien organisé, du sommaire jusqu'à des annexes complètes.
La Collection Maxbrown est un univers contemporain fantastique. Il y a fort longtemps, des êtres appelés Titans ont réussi à percer le voile qui sépare le monde des vivants de celui des morts. Un schisme s'en est suivi et depuis, une partie d'entre eux protègent la frontière entre les deux mondes, estimant que la vie éternelle est contre-nature. Les joueurs incarnent des personnages ayant acquis une connaissance de ce monde occulte, avec ce que cela implique de pouvoirs… et de dangers.
Cette connaissance est vouée à évoluer avec le temps, ce que représente parfaitement le très original système à base de cartes. Chaque joueur dispose en effet de son paquet de cartes, qui va évoluer dans le temps y compris avec des cartes négatives. Cette manière d'imbriquer les concepts de l'univers et les mécaniques ludiques est hyper maline et avec une forte portée symbolique. Les règles ont juste ce qu’il faut de simplicité (les tests ouverts ou en opposition sont gérés naturellement, par exemple) et de finesse (en plus de donner une réussite, chaque carte peut avoir un effet supplémentaire comme piocher une carte spécifique dans son paquet, reprendre une carte de la défausse…).
La majeure partie de l'ouvrage est sinon consacrée à une campagne "d'introduction". Pas tant d'introduction en fait, car elle a toutes les raisons d'être définitive pour les PJ. Tout commence en Russie, à Saint-Pétersbourg, alors que nos héros se voient propulsés bien contre leur gré dans le monde occulte de la Collection Maxbrown. Je ne suis pas hyper fan des développements proposés, qui noient ou évacuent certains éléments importants à mes yeux, comme les points de liaison entre les éléments d’intrigue, dans quantité d'informations que je qualifierais de passives (des éléments de contexte servant au mieux de toile de fond). Je trouve aussi le contexte géographique un peu étriqué (deux pays et même une seule ville en Russie) au regard de l'envergure revendiquée, mais c’est anecdotique au regard d'une histoire sinon chouette dont on ressent bien les enjeux XXL.
La Collection Maxbrown ne prétend de toutes façons pas être clefs en main et vaut bien le travail de préparation qu’il requiert, s’il devait être par ailleurs à votre gout. Ne serait-ce que pour son originalité qui m'a poussée à elle seule l'envie d'en causer un peu ici.

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