25/10/2006

Les Poupées russes

J'ai pris un peu de retard dans mes fiches de lecture pour Sovok, preuve que l'écriture du jeu va bon train. Voici donc un petit retour sur 4 livres russophiles qui m'ont inspiré ces dernières semaines.


Je vous avais déjà parlé de Vladimir Voinovich à travers l'excellent Monumental Propaganda. En 1985, cet auteur a écrit un livre de SF qui présente Moscou en 2042. Autant dire que c'est du pain béni pour moi. Toutefois, Moscow 2042 n'est pas un vrai livre de SF : le voyage dans le temps qui envoie le héros de 1982 en 2042 est un prétexte pour Voinovich pour écrire une critique sociale. En effet, le futur de Moscou est anti-utopique à souhait : le Genialissimo, un visionnaire, a réussi à instaurer le vrai communisme. Évidemment, ce monde parfait est loin d'être un Eden, puisque tous les abus de l'ancien régime soviétique sont démultipliés dans le futur. Le héros est d'autant plus dépassé par cette histoire abracadabrante que le livre qu'il a écrit (et que le lecteur lit) a un impact direct sur l'avenir de Moscou. Le mélange du paradoxe temporel et de la critique politique donne un roman drôle qui démontre l'immortelle absurdité de la Russie. Si le livre n'est pas directement exploitable pour Sovok, en revanche sa lecture permet d'avoir une belle vision d'un des futurs possibles de 2025 qui peut former un cauchemar potentiel pour les PJ.

Et maintenant, 3 polars d'Alexandra Marinina. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous savez déjà que je suis tombé sous le charme de cet auteur et de son personnage principales : l'inspectrice Anastasia Kamenskaïa de Moscou.


Je suis mort hier est une plongée dans le monde de la télévision russe. Le présentateur d'un talk-show, dont de proches collaborateurs journalistes décèdent dans une explosion, est persuadé que sa femme a engagé un tueur à gages pour l'éliminer. À l'autre bout de Moscou, une députée et son mari psychologue sont cambriolés sans que rien ne disparaisse dans l'appartement. Si on rajoute à ça une ancienne étudiante en médecine devenue occultiste, un complot et des malversations télévisuelles, on obtient une très bonne intrigue variée, comme d'hab'.


Ce volume ne prend pas pour héros notre adorable Kamenskaïa, mais un autre flic de Moscou qui gravite dans l'entourage de l'héroïne. Alors qu'il est en vacances avec sa fille dans une ville qui se veut un peu l'équivalent russe de Cannes, le festival de cinéma du coin est la cible de plusieurs meurtres. Il doit gérer son ex-femme (critique de cinéma), bosser avec les flics locaux et faire attention à sa fille adorée. Autant dire que c'est pas facile comme vacances. Le livre introduit un personnage intéressant : une juge d'instruction qui écrit des polars à ses heures perdues. Certainement un bon moyen pour Marinina de faire une petite mise en abyme... Une bonne enquête qui peut facilement être réadaptée à Sovok avec un peu de travail.


Anastasia se marie ! Mais bien sûr, rien n'est facile avec elle : un meurtre a lieu dans le bureau de l'état civil où elle se trouve. Pour compliquer le tout, elle surprend une discussion entre deux truands et reçoit une étrange lettre anonyme. Et d'autres meurtres se produisent dans d'autres bureaux d'état civil... Même pas le temps d'avoir une lune de miel ! Un excellent moyen de faire commencer une intrigue en partant d'un moment d'intimité des PJ. Le livre parle principalement d'amour et des couples russes, ce n'est pas uniquement un polar.

Allez, je pense que ce sont les derniers livres sur la Russie dont je vous parle. Fini le temps de la lecture, celui de l'écriture est venu.

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