14/01/2007

Gotrek & Felix


Ok, William King ne sera jamais lauréat du Goncourt. Sa série Gotrek & Felix a autant de subtilité que le montre la couverture de cette compilation des 3 premiers romans de la saga. Mais je suis incroyablement nostalgique de l'univers de Warhammer, aussi je fais la sourde oreille aux faiblesses de style pour ne garder que cette jouissance simple d'une histoire sanglante et héroïque. Cette série est le compagnon de lecture idéal dans le métro.

Or donc, Felix est un humain. Alors qu'il est étudiant et poête à Altdorf, il est obligé de se battre en duel contre un noble. Sa réputation s'envole alors qu'il est également impliqué dans une émeute contre les impôts. Dans un bar, il se saoûle en compagnie du premier venu : Gotrek. Ce dernier est un nain. Les deux noceurs sont tellement pleins de bière qu'ils jurent de devenir frères de sang et Felix fait le serment de suivre Gotrek pour raconter sa vie dans une saga épique. Le lendemain, Felix se rend compte un peu tard qu'il a lié sa vie à celle d'un membre du terrible culte nain des Tueurs. En effet, Gotrek fait partie de ces nains qui cherchent dans la mort une chance de retrouver leur honneur perdu et de racheter leur faute.

Les romans racontent donc l'errance de ce couple atypique : Gotrek fonce sur tout ce qui ressemble à un suppôt du Chaos en quête d'une mort glorieuse tandis que Felix essaye lui de survivre à ces combats tous plus brutaux les uns que les autres. Le nain est un vrai bourrin, un cliché ambulant du genre : c'est un mélange entre un punk et un chanteur de ZZ Top. Sa hâche runique résume l'essentiel de sa psychologie. Il déteste les elfes, passe son temps à boire de la bière et cogne sur tout ce qui est plus gros que lui. Felix, lui, est un lettré maudit qui glisse lentement vers la bestialité de son compagnon de voyage. Il est plus fragile, tombe amoureux de l'unique personnage féminin de chaque roman et au final cogne autant (mais moins fort) que Gotrek.

Trollslayer
Ce premier roman est en fait une collection de nouvelles qui mettent en scène les débuts des 2 héros. Les histoires n'ont pas de lien, si ce n'est qu'elles racontent toutes une rencontre vaguement aléatoire entre notre duo et une créature du Chaos. Les nouvelles font entre 20 et 40 pages, sont nerveuses et s'enchaînent avec aisance. La campagne de l'Empire est remplie de menaces, de mutants autant victimes que coupables, de supersition et de corruption.

Skavenslayer
Cette fois-ci, les nouvelles ont un fil rouge : un complot skaven qui prend place alors que Gotrek & Felix sont ratiers puis videurs dans une auberge à Nuln. Malheureusement, toutes les nouvelles suivent le même schéma : menace skaven, division interne entre les clans, envoi d'une lettre anonyme aux héros qui déboulent et tuent tout ce qui bouge. Le roman est urbain, se veut un peu politique mais n'arrive pas à donner une vraie vision crédible de la cité de Nuln. Mais les plans skavens sont rigolos de bêtise.

Daemonslayer
Oubliées les nouvelles, voici un vrai roman. Gotrek et Felix partent en zeppelin pour retrouver une cité naine perdue au milieu des terres du Chaos. William King n'est pas aussi à l'aise avec les nouvelles qu'avec les récits plus longs. Son voyage est inintéressant. L'intrigue qui implique un skaven survivant du précédent opus est inutile et le final est ridicule (et ressemble à une simple bataille de Warhammer Battle). L'idée d'une forteresse naine qui résiste aux assauts d'un démon rappelera quelque chose aux lecteurs de Tolkien et aux fans de Peter Jackson, mais n'a aucun intérêt.



Ah oui, 15 ans après avoir posé pour la première fois mes yeux sur cette couverture qui a enchanté ma jeunesse, j'ai découvert que cette scène est directement inspirée d'une des nouvelles du premier roman de la saga. C'est fou comme elle a très mal vieilli.

2 commentaires:

  1. Est-ce que cette lecture est la cause ou la conséquence de ta nostalgie Warhammerienne, et de ta décision de remonter une table à ce jeu ? :)

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  2. J'ai lu cette compilation avant même de savoir que ma table de jeu allait plonger dans Warhammer. Je n'ai même pas eu besoin de leur dire qu'on pouvait jouer des nains suicidaires maniant des haches runiques pour qu'ils optent pour cet univers. C'est plus l'aspect Renaissance gothique allemande qui les a attiré. Pour eux, Warhammer, c'est surtout le nom d'un jeu de figurines dispendieux, donc j'espère les intéresser au Vieux Monde.

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