16/02/2007

Dies the Fire


Je suis souvent attiré ou repoussé par les couvertures des livres. Celle de Dies the Fire a été un coup de foudre et donc un achat compulsif. Je ne connaissais pas du tout S.M. Stirling, mais j'avais envie de lire un roman post-apo pour me changer un peu les idées. Bonne surprise, en ce qui concerne DtF, le ramage est à la hauteur du plumage.

Tout commence comme dans un mauvais téléfilm catastrophe comme il en passe tant sur M6 ou Z-Télé : de gentils américains sont en train de vivre leur petite vie quand tout à coup, un flash blanc les surprend et disparaît aussitôt. Les conséquences ? Tout ce qui fonctionne à l'électricité tombe en panne et la poudre perd son pouvoir explosif. Du jour au lendemain, le monde retombe dans les âges sombres, sans technologie, sans confort moderne. Est-ce un coup des Russes, une attaque alien ou une apocalypse religieuse ? Personne ne le sait, tout le monde est plutôt occupé à survivre à ce nouvel ordre mondial.

Les personnages sont marrants. Il y a un un ex-militaire avec du sang indien, qui va assembler une espèce de compagnie de mercenaires surnommés les Bearkillers suite à une rencontre avec un copain à Winnie pas très sympa. Il a dans son sillage une gamine para-rôliste qui voit le monde à travers l'oeuvre de Tolkien (les cannibales sont des orques, les mecs qui sillonnent les routes en vélo avec des battes de baseball sont les chevaliers du Rohan...) et se prend pour la réincarnation de Legolas. Mais les plus atypiques sont un groupe d'adeptes de la wicca qui passent d'aimables wannabe néo-paganistes mal vus au statut de communauté structurée et fédératrice. Leur revival médiéval, à défaut d'être crédible, est rigolo : tout ce petit monde se bat à l'épée ou à l'arc et redécouvre les joies simples de porter une cotte de mailles. Le grand méchant de l'histoire est un professeur d'Histoire qui utilise ses connaissances des envahisseurs Normands du XIème siècle pour s'imposer comme un vrai chef de guerre.

C'est parfois un peu téléphoné au niveau de l'intrigue, mais il y a plein de petites idées sympas. DtF n'est que le premier volume de la saga, donc si vous aimez la perception néo-médiéval de Stirling, vous aurez de quoi alimenter votre fringale.

3 commentaires:

  1. C'est à peu de chose prêt le point de départ d'un roman un peu plus classique "ravage" de Barjavel? Mais celui-ci insiste plus sur le chaos que provoque la disparition de l'électricité dans un monde futuriste qui en dépend.
    La réorganisation des structures sociales n'apparait vraiment qu'en fin de bouquin.

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  2. "...une gamine para-rôliste qui voit le monde à travers l'oeuvre de Tolkien (les cannibales sont des orques, les mecs qui sillonnent les routes en vélo avec des battes de baseball sont les chevaliers du Rohan...) et se prend pour la réincarnation de Legolas..."
    Ca c'est le meilleur argument qui soit pour me donner envi de lire ce bouquin.

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  3. Je n'ai pas lu Ravage donc je suis mal placé pour comparer les deux approches. Dans Dies the Fire, les gens acceptent assez (trop) vite le Changement et comprennent en quelques heures que ça va être permanent. L'auteur utilise beaucoup l'ellipse narrative et ne s'attarde donc pas sur les détails de la chute de l'humanité. Il se passe presque un an rien que dans ce premier volume de 450 pages.

    Quand au personnage féminin tolkienniste, son romantisme elfique la rend vite insupportable à son entourrage qui voit dans ce vision féérique un moyen psychologique de fuire la réalité sordide du post-apo qui tâche. Mais bon, elle sait réellement bien tirer à l'arc, ce qui la rend indispensable pour chasser le lapin et éviter ainsi l'inanition.

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