10/03/2008

L'Affaire Charles Dexter Ward


Il y a 16 ans, j'avais 16 ans. J'étais tombé sur ce nouvelle de Lovecraft intitulée L'Affaire Charles Dexter Ward. Je n'avais pas dépassé la page 10 que le livre m'était tombé des mains. Non pas que l'horreur indicible du récit m'avait effrayé : j'étais juste trop jeune pour savourer les obsessions de Lovecraft. À 16 ans, des noms comme Providence ou Salem n'évoquaient rien.

16 ans plus tard, donc, je retombe sur le même livre de Lovecraft. 125 pages et une nuit de lecture fiévreuse plus tard, je mesure l'heureux glissement de mes goûts littéraires. L'histoire de cet aliéné de Charles Dexter Ward peut bien évidemment paraître très cliché après 16 ans de lecture diverse et avariée, mais écrire un pareil récit fantastique en 1928, c'est du génie.

Je retrouve le même plaisir à lire Lovecraft qu'à lire les romans sword & fantasy de Fritz Leiber. Il plane la même ambiance menaçante sur les deux oeuvres, cette angoisse sourde d'un mal plus ancien que l'humanité qui dort caché sous les dorures effritées d'un monde qui oublie trop facilement ses peurs. Pas étonnant que Leiber et Lovecraft aient eu une correspondance suivie : ils puisent aux mêmes racines.

2 commentaires:

  1. J'ai relu ce roman il y a peu, et je l'ai trouvé très fin, très bien écrit, plein de bons personnages et de situations profondément effrayantes (ah, le docteur Willett perdu dans le noir, et les choses qui gémissent dans les puits...)
    Un très grand texte fantastique, selon moi et un bel hommage à Providence.
    J'aime à voir HPL comme un homme qui serait un peu Ward (le jeune homme amoureux du passé) et Willett, le discret gentleman. L'affaire serait une sorte d'autoportrait...

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  2. ... sans évoquer le fait que cette grande Nouvelle nous fait voyager au travers de 3 générations de sorciers, 3 époques, 3 gestion temporelles distinctes mais tellement bien imbriquées. Le tout est articulé via des flashback de flashback tout à fait bien ammenés. bref, au risque de redire ce qui a été dit 1000 fois : HPL reste un génie passé trop inaperçu en son temps!

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