02/03/2008

Scourge the heretic


Scourge the heretic est un roman qui a été spécialement conçu pour servir d'introduction au monde de Warhammer 40,000, à un tel point qu'il y a une publicité pour ce jeu à la fin du roman. Un livre qui a tous les défauts et les qualités d'une grosse nouvelle d'ambiance.

Quelque part dans le Secteur Calixis, une fine équipe d'acolytes enquête sur la disparition inexpliqué d'une partie de la population psykers qui devrait normalement servir de charbon pour alimenter le Trône impérial après avoir été collecté par les effrayants vaisseaux noirs qui sillonnent l'Imperium. Comment parviennent-ils à s'échapper de la planète Sephiris Secundus ? Y'a-t-il un complot hérétique plus vaste derrière ces évasions ? C'est ce que doivent découvrir les chiens de guerre de l'inquisiteur en charge du dossier.

Disons-le tout de suite : j'ai été agréablement surpris par la qualité littéraire du livre. Il n'est pas bien écrit, mais je m'attendais tellement à lire de la prose hésitante et primaire que la normalité du texte m'a rassuré. On est loin du "Et alors Sgruntar le Space Marine prit sa hache et son courage à deux mains pour décapiter l'ork qui se dressait devant lui." que je redoutais tant. Oui, je sais, c'est mal d'avoir des a prioris pareils, mais je snobais réellement la collection Warhammer 40,000 avant d'y plonger le nez, je le confesse aisément.

L'équipe d'acolytes est véritablement archétypale : une psyker féminine qui a eu autrefois une relation intime avec l'inquisiteur, une adolescente assassin qui oscille entre son éducation puritaine et les "Qu'est-ce qu'il est mignon quand même...", un technoprêtre, un pilote qui sait prendre des risques, deux gardes impériaux en rupture de ban qui eux connaissent bien la planète locale... La brochette de personnages est là, mais ils sont trop nombreux pour que l'auteur ait le temps de véritablement développer une personnalité attachante pour chacun. Le traitement psychologique est donc simpliste, faute de place.

Le scénario n'est pas extraordinaire. À aucun moment je n'ai été intéressé par l'enquête, il y a un cruel manque d'envergure, ce n'est qu'une enquête de routine, la réussite ou l'échec des acolytes n'a aucune conséquence. On est loin de la sombre menace qui plane au-dessus d'une planète, c'est une banale évasion clandestine de psykers. Même l'une des grandes scènes d'ouverture du livre (l'évasion de tous les psykers d'une prison impériale) est d'une réelle platitude : on s'attend à en prendre plein les mirettes dans une débauche de pouvoirs et de décharges de warp et au final c'est une scène moins intéressante que la traversée du Rio Grande par des wetbacks mexicains. De plus l'auteur essaye de ratisser large (une loge d'intellectuels qui, oh surprise, cache une conspiration + des possessions démoniaques + un artefact eldar...) au lieu d'exploiter complètement une ou deux bonnes idées. Le pire est la fin, charcutée par un épilogue de 3 pages qui n'expliquent rien, si ce n'est qu'il y aura une suite à ce premier opus. Car cette enquête liminaire n'était visiblement que l'introduction à quelque chose de plus consistant. Disons que si ce livre est le pilote de la saison, il augure une série peu enlevée.

Malgré ces commentaires désobligeants, Scourge the heretic m'a été très utile. Désormais, je sais comment les technoprêtres mettent en scène leur relation mystique avec la Machine, qu'à la place du signe de croix catholiques les Impériaux font le signe de l'aigle, que les psykers sont des gens malchanceux, que les nobles d'une planète sont TOUJOURS impliqué dans un culte chaotique ou une conspiration vouée à l'échec...

Lirais-je la suite quand elle sortira ? Probablement pas. Par contre, avant de tirer des conclusions hâtives sur les romans 40,000, je vais tenter l'expérience Eisenhorn puisque c'est une trilogie visiblement incontournable.

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