26/07/09

Matt Scudder

Lawrence Block écrit des polars depuis les années 50. Autant dire qu'il maîtrise son sujet. Il a plusieurs séries à son actif (dont un biclassé libraire/cambrioleur, un agent secret insomniaque, un tueur...) mais celle qui nous intéresse aujourd'hui est celle consacré à Matt Scudder.

Matt était flic. Au cours d'une arrestation, il a tué une fillette par accident (une balle a ricoché). Il a aussitôt rendu son badge d'inspecteur et quitté sa femme et ses deux fils pour aller s'enterrer dans la chambre d'un hôtel minable où il cuve son bourbon et sa culpabilité loin des autres. Il n'est pas détective privé (puisqu'il n'a pas de permis) mais il "rend service" à des gens contre de l'argent. Il utilise ses anciens contacts dans la Police, est un peu introduit dans les milieux interlopes... c'est quelqu'un de débrouillard. Son plus gros souci est l'alcool. Il lui arrive de finir à l'hôpital tellement il boit. Aussi, après ses premières enquêtes, il va rejoindre les Alcooliques Anonymes pour se sevrer. Un combat de tous les instants qui hante chacun des bouquins de la série. Pour l'aider à tenir le coup, Matt croise des femmes avec qui ça ne se passe pas toujours bien. Heureusement, il y a Elaine, une prostituée avec qui il est très proche.

À cause d'Artutha, j'ai lu six ou sept romans mettant en scène Matt Scudder dans les derniers mois. Ce qui est remarquable dans le travail de Lawrence Block, ce ne sont ni son sens du suspens ni ses intrigues policières à triple niveau. C'est même tout le contraire. Les enquêtes de Scudder sont simples, crédibles (quand il ne court pas après un tueur en série) et noires. La grande force de l'écriture de Block, c'est dans son approche minutieuse de la narration. Chaque détail de la vie de Scudder est décrit. Combien il a bu de café. A-t-il reçu du courrier. Où se passait sa réunion des AA du jour. C'est un travail pointilleux, pas toujours très sexy à lire, mais qui aide à construire le personnage central. Ainsi, sa lutte contre l'alcool est un marathon dont le lecteur subit chaque pas. Même quand Scudder s'emmerde, le lecteur le sait.

Ce travail d'entotomologue est aride, surtout quand on enchaîne les romans, l'effet de répétition est dévastateur. Mais on aime le sens du détail, si le thème de l'alcoolisme est un truc qui vous chatouille, alors c'est puissant. De plus, l'écriture des romans s'étale entre 1976 et 2004. Autant dire que le petit monde de Scudder change. Le décor urbain de Manhattan évolue, Scudder est obligé de prendre position face à la modernité.

Bref, de la même manière qu'Ed McBain a fait une fresque avec son 87th precinct d'Isola, Lawrence Block fait du pointillisme newyorkais avec sa saga de Matt Scudder. C'est daté, c'est cliché, mais c'est puissant. Surtout que la lutte de Scudder contre l'alcool semble terriblement autobiographique et donc juste.

PS : il existe un film avec Jeff Bridges dans le rôle titre. Le scénario a été adapté par Oliver Stone. Admirez l'affiche qui sent bon les années 80.


Les péchés des pères
Tuons et créons, c'est l'heure
Au cœur de la mort
Huit millions de façons de mourir
Le blues des alcoolos
Drôles de coups de canif
Un ticket pour la morgue
Une danse aux abattoirs
La balade entre les tombes
Le diable t'attend
Tous les hommes morts
Même les scélérats...
Ils y passeront tous
Trompe la mort
Les fleurs meurent aussi

Autre PS : Lawrence Block a été prolifique. Trop sans doute. J'en veux pour preuve cette magnifique couverture.


20/07/09

Au bout de la corde : Jeu de l'été - fantasy francaise

Après le Fantasy Bingo de Cédric, voici un autre jeu de l'été pour les amateurs de Fantasy !

Le Pendu (alias Laurent Kloetzer) propose sur son blog de deviner, à partir d'un résumé un peu orienté, un auteur et un titre de Fantasy. Le gagnant recevra chaque fois un livre cadeau.

Au bout de la corde: Jeu de l'été - fantasy francaise

Allez-y faire un tour, ça vous changera des Feist et autres Scott Baker.

Première question
Deuxième question
Troisième question

12/07/09

Jean-Philippe Jaworski - Janua Vera

Encore un détournement de billet de Philippe (publié en avril 2009 à la base).
Je me refusais de lire le livre de Jean-Philippe Jaworski car j'avais une peur affreuse de lire un roman trop proche de mon manuscrit. Je ne voulais surtout pas avoir l'impression de me laisser influencer ou d'avoir l'air de copier.
J'ai pourtant adoré ma lecture. C'est à la fois très proche de ce que j'attends de la fantasy et finalement très éloigné de mon actuel travail. Ouf.
Bon, je ne dis pas que j'ai adoré toutes les nouvelles du recueil (je suis là aussi d'accord avec Philippe) mais j'ai pris mon pied. Enfin de la fantasy française qu'elle est bien. Bon, j'ai trouvé le style parfois un peu trop pompeux, la chute de nécropole m'a fait décrocher, la présence d'un elfe m'a ulcéré, mais c'était quand même une très belle lecture.
J'ai hâte de lire la suite.
Et j'espère que Jean-Philippe va avoir des émules car cette fantasy là, elle est jouissive.
Bon, prochaine étape, trouver les romans de Laurent Kloetzer. Non mais.

Cédric


Une mêlée confuse de soldats piétinant dans la boue plutôt qu'un chevalier en armure étincelante paradant avec une épée disproportionnée... D'emblée, la couverture annonce que le roman n'est pas de la fantasy "traditionnelle". Si, parce que le sieur Jaworski s'est d'abord fait un nom dans le jeu de rôle, vous espériez quelque chose comme le pendant à Tiers Âge ou Te Deum de ce qu'est Drizzt ou Dragonlance à AD&D, passez votre chemin. Je dois d'ailleurs dire qu'après ma série de Keyes, lire de beaux textes intelligemment écrits m'a fait un peu drôle. J'ai failli reposer le bouquin pour aller m'acheter un des romans Warhammer de Cédric pour me remettre du choc.
Donc ça y est, je l'ai dit, Janua Vera est un superbe recueil. Je pourrais très bien m'arrêter là et me contenter de vous renvoyer à la critique du Cafard cosmique, qui lui a décerné son Prix du cafard cosmique 2008.
Je pourrais faire une liste de quelques billets de blogs, élogieux :

Je pourrais pointer la critique du roman Gagner la guerre, chez Efelle, qui prolonge la nouvelle Mauvaise donne.
Ou, pour que vous puissiez voir par vous-même, je pourrais donner le lien vers Un amour dévorant, une nouvelle qui ne se trouve pas dans le recueil publié par les Moutons électriques, mais qui a été intégrée dans la version poche de Folio SF.

Mais ce faisant, je passerais sous silence l'horrible jalousie qui me dévore les entrailles, à lire une plume aussi habile et versatile, capable de conjurer de magnifiques images de nature lavée par la pluie (Au service des dames) ou de dépeindre les tourments intérieurs de personnages variés, de l'ermite isolé (Le confident) à la petite paysanne (Le conte de Suzelle) en passant par le preux chevalier (Au service des dames) ou le barbare illétré (Une offrande très précieuse). Une plume, disais-je, qui rend hommage sans copier (Chrétien de Troyes dans Au service des dames), qui pastiche sans caricaturer (Pratchett dans Jour de guigne), ou qui compose un récit d'intrigues politiques machiavelien très réjouissant. Je pourrais pointer du doigt, pour me soulager, les quelques menus défauts (les quelques petits liens que Jaworski a gardé avec les univers de JdR : les elfes et les nains, le sort "Chute de nécropole", le fantastique très présent de Jour de guigne; l'humour loufoque trop appuyé de ce même Jour de guigne, la moins bonne du recueil selon moi avec la nouvelle éponyme). Mais je vous dois, chers visiteurs, une totale honnêteté...
Plutôt que de finir sur une exhortation empreinte d'admiration béate (du genre : "Courez l'acheter !"), je laisse la parole à Bob*, l'agent de Greg, que vous connaissez désormais.
"- Tu vois, mon petit Greg, c'est important de lire la concurrence, histoire de voir les trucs qui marchent et les raisons qui font se planter d'autres. Je viens de lire un truc bien naze, là, Janua Vera. Déjà, le titre est incompréhensible.
- Il paraît que ça veut dire "Vraie porte" en latin.
- Ouais, comme je disais, c'est nul. Pourquoi pas "Jolie fenêtre", tant qu'on y est ? Ensuite, la couv est bien naze. Comment le client devine qu'il a affaire à un truc de fantasy, si rien ne le dit, ni dans le titre, ni dans la couv ? Premier loupé. Deuxième loupé, des nouvelles. T'as à peine le temps de t'habituer à une histoire, de retenir les noms des personnages, que tu passes à une autre histoire. La fantasy, ça se mesure en milliers de page. Des nouvelles de la taille d'une description de lignée royale chez un autre, tu n'en écris que si t'es le meilleur écrivain du monde. Et même dans ce cas, vaut mieux éviter : si ton idée de départ est assez bonne pour une nouvelle, autant délayer pour en faire une saga. Bon, là, on a pas affaire au meilleur écrivain du monde.
- Il a quand même fait une sequel, non ?
- Sa seule bonne idée. Mais il est incapable de garder le même style, il fait dans le détournement des romans de chevalerie (Au service des dames) ou l'humour, ça perd le lecteur. En plus, il donne pas toujours la fin explicite de l'histoire (Un amour dévorant, Une offrande très précieuse). Ca, le lecteur de Fantasy, il aime pas, il est pas habitué. Non, c'est vraiment naze, mais le pire, c'est la nouvelle, le conte de Suzelle, c'est juste la vie d'une paysanne, il ne se passe rien, c'est nul, c'est... snirfl... c'est...
- Mais, Bob, tu pleures ?
- Snirfl. Mais non, crétin, j'ai un truc dans l'oeil."
*J'ai envie de l'appeler Bob, je trouve que ça lui va bien.

08/07/09

Patrick Kenzie & Angie Gennaro


Comme pas mal de monde, j'ai découvert le nom de Dennis Lehane quand Clint Eastwood a réalisé Mystic River. Qu'est-ce que c'est bon d'avoir mal à l'âme, des fois. L'horreur de l'enfance déchue, un leitmotiv chez Lehane qui a travaillé comme assistant social, ceci expliquant cela. Mais je n'avais pas lu le livre.

En regardant Gone, Baby Gone (une horrible histoire d'enlèvement d'enfant, tiens donc) et en revoyant le nom de Dennis Lehane, je m'étais dit que cet auteur de polar était décidément à lire. Mais mes différentes piles à lire sont déjà si hautes.

C'est en découvrant que Dennis Lehane avait écrit plusieurs épisodes et fait une apparition dans The Wire que me suis décidé à attaquer sa petite saga mettant en scène deux détectives privés de Boston. Ces deux héros ont pour nom Patrick Kenzie et Angie Gennaro.

La narration est assurée par Patrick, un garçon plein d'humour qui s'est associé avec une amie d'enfance, Angie, avec qui il a connu une seule et unique nuit d'amour il y a longtemps. Leur association fonctionne bien : ils ont un bureau dans le clocher d'une église. Ils ont toutefois une vie privée en dents de scie : Patrick court un peu la gueuse tandis qu'Angie est mariée à un alcoolo qui la cogne. Pour ne rien arranger, le mari n'est nul autre que l'ancien meilleur ami de Patrick. Cette situation de départ va bien sûr évoluer au fil des romans, et ce côté sentimental des deux détectives est très plaisant à suivre. Car ils ont tous deux une vie rock'n'roll à cause des enquêtes merdiques qu'ils font. Ça finit par déteindre sur eux.

Leur grande qualité, c'est leur réseau social. Je ne parle pas de Facebook, mais d'amitiés ou de connaissances bien réelles. Pat et Angie on grandit ensemble dans un quartier pauvre de Boston, il y bosse encore et y connaisse du monde. La famille d'Angie (dont on entend finalement peu parler) est mafieuse, le père de Patrick est un pompier irlandais bien trempé. Les suspects sont donc parfois des gars qu'ils ont connus au jardin d'enfants. Et puis il y a Bubba, une sorte de brute étrange qui leur sert d'ami, de fournisseur, de garde du corps, de porte-flingue... Même si le personnage est sympathique dans sa sociopathie, il est un peu irréel dans les romans. Il ressemble plus à un personnage de film d'action qu'aux autres habitants du Boston que l'on retrouve dans les romans de Lehane.

Les enquêtes ? Mettre la main sur des papiers sensibles pour le compte d'un politicien, trouver l'auteur de plusieurs lettres anonymes, retrouver une personne disparue en lien avec une secte, chercher à résoudre un kidnapping... C'est assez varié. Pat et Angie ne lâchent pas le morceau, ne respectent pas nécessairement la loi, se moquent beaucoup l'un de l'autre et essayent de rester vivants malgré les traquenards. Ce ne sont pas des enquêtes "réalistes" dans le sens où elles sont trop peu routinières pour représenter la vraie vie d'un couple de privés, mais elles présentent Boston sous un angle particulièrement dur. La misère des quartiers fait mal : les gens font de mauvais choix, reproduisent des schémas qui ont déjà conduit à l'échec... Et comme Pat et Angie ont en plus leurs propres problèmes, c'est tout sauf du Magnum P.I. (malgré tout le respect que je dois à Tom Selleck) sans pour autant verser dans le Nestor Burma nord-américain.

Bref, si vous voulez visiter Boston en passant par des quartiers où les maisons ne sont pas entretenues, où les bars sont réellement mal famés, où un mec pose des mines dans son appartement pour protéger son trésor de guerre... alors les 5 romans qui mettent en avant Patrick Kenzie & Angie Gennaro sont pour vous. Mais vous êtes prévenus : pas question d'enquêter sur des maris volages, vous allez avoir les mains sales.

Après Baltimore, Boston est une autre ville que j'ai aimée détester.

1- Un dernier verre avant la guerre
2- Ténèbres, prenez-moi la main
3- Sacré
4- Gone, baby gone
5- Prières pour la pluie

01/07/09

Fantasy Bingo


C'est l'été. Hugin & Munin ne voudraient pas que vous vous ennuyiez sur la plage et vous proposent donc un jeu de l'été : Fantasy Bingo.

Les règles : tandis que vous lisez votre saga fantasy préférée, cochez la carte de bingo ci-dessus à chaque fois que vous croisez la situation décrite. Si vous remplissez une ligne, une colonne ou une diagonale, vous devez hurler "Bingo !" et ce, que vous soyez à Punta Cana avec un coktail, dans le wagon numéro 6 de la ligne B du RER ou dans la salle d'attente de votre dentiste. Pour finir, merci de laisser un commentaire en indiquant la séquence de clichés et le livre concerné.

Bonnes vacances !

Peste - Chuck Palahniuk


Ceci est un détournement de billet.
Philippe avait écrit un billet sur Peste le 19 mars 2008.
Je viens de terminer la version Poche du livre. J'ai donc relu la critique de Philippe avant d'écrire la mienne... et je me suis rendu compte qu'il avait tout dit et que j'étais totalement d'accord avec son point de vue. Alors je me permets de faire remonter ce billet plutôt que de faire une redite.

Cédric






Depuis que Cédric m'a fait découvrir Chuck Palahniuk en me disant que ses bouquins étaient d'excellentes lectures et des inspis en or pour Unknown Armies, je suis attentif à ce que publie le bonhomme. J'avais critiqué A l'estomac sur ce blog, et, quand Peste est sorti, c'est tout naturellement que je me suis précipité dessus. En prévoyant quand même d'avoir cette fois-ci une bassine où vomir à portée de mains.



Peste est la (fausse) biographie orale de Buster "Rant" Casey, composée à partir des recueils des témoignages de tous ceux qui l'ont cotoyé. Concrètement, le texte est formé d'un choeur de paragraphes enchevêtrés donnant chacun la parole à un personnage. Chaque chapitre forme un fil directeur, et au sein de chaque chapitre les paragraphes attribués à un personnage se suivent tout en formant une sorte de contrepoint aux interventions des autres. Ce puzzle peut paraître bizarre, mais il est très bien maîtrisé et la forme du roman est plus accessible que l'enchaînement des nouvelles de A l'estomac.


Puisqu'il s'agit d'une biographie, Peste décrit la naissance, la vie, la mort et la vie posthume de Rant Casey. Le fil de celle-ci est présentée dès la 3e page, par le biais du père de Rant alors qu'il est en route pour aller chercher le corps de son fils. Rant est le fruit du viol de sa mère, grandit dans un trou paumé du nom (approprié) de Middletown, gagne la ville, rejoint une secte de chauffards nocturnes, devient le vecteur d'une pandémie, meurt dans un accident de voiture en direct à la télé, et devient une icône de la jeunesse.


Dans le récit de la jeunesse campagnarde de Rant, on retrouve le Chuck des précédents livres : anecdotes et faits divers émaillent un récit peuplé de rebondissements surprenants et de personnages déjantés. Le microcosme de Middletown donne évidemment l'occasion de critiquer certains travers de la société américaine, mais cette vision sociale est moins prédominante que dans A l'estomac. Rant enfant est déjà sérieusement barré : piqué par une araignée dans son enfance, il devient accro au poison et passe son temps à fourrer ses membres dans tous les trous, tanières, crevasses, qu'il peut trouver. Il récolte quantité de morsures et maladies, dont la rage, dont il devient porteur sain et qu'il refile à toute la ville. Car Rant est populaire et, ado, sait reconnaître toutes les femmes de la ville rien qu'en reniflant leurs serviettes hygiéniques usagées. Car s'il est moins trash que A l'estomac, Peste reste quand même assez cru, et on retrouve ces références constantes aux sécretions corporelles (urine, salive, sueur, sperme, sang, mucus, etc.). Chuck conduit sur le corps de ses personnages les mêmes outrages que sur la société qu'il dépeint, en en exposant les tripes et viscères.


Après cette 1e partie bien déjantée où l'on retrouve la patte de l'écrivain, on suit Rant dans son exode rural et sa découverte de la grande ville. Et là, surprise, on découvre que l'on est dans un bouquin d'anticipation (pour éviter le terme cyberpunk). Les gens ont des cablages neuronaux qui leur permettent de se passer des "transferts", la population est séparée en diurnes / nocturnes, et Rant rejoint des adeptes du crashing, un loisir consistant décorer sa bagnole selon un thème donné à l'avance pour aller emboutir les voitures des autres participants. Entre les digressions anthropologiques sur la nature cathartique de ce passe-temps et la perte de la focalisation sur le personnage de Rant, cette partie m'a moins convaincue que le premier tiers du livre.



Le récit ne s'achève pas avec la mort de Rant, et acquiert bien au contraire une nouvelle dimension, et, pour la première fois à ma connaissance chez Palahniuk, une connotation franchement fantastique. Ce développement m'a pris complètement par surprise, et je n'en dis donc pas plus pour ne pas gâcher le plaisir. Disons simplement que si la 1e partie du bouquin offre des pistes pour des personnages et situations "street-level" dans UA (Rant pourrait pratiquer une variante de l'epideromancie qui utilise maladies et poisons pour se mutiler), la fin est complètement "cosmic-level", avec Avatars en quête d'Immortalité, Cabales et Rituels prêts-à-l'emploi.



Au final, s'il ne s'agit pas du bouquin le plus réussi de l'auteur, Peste reste une très bonne lecture et une inspiration en or pour une campagne toute prête à servir chaud à une table de joueurs d'Unknown Armies. Vous pouvez déguster, la sauce à la merde est moins relevée que la dernière fois.

Woah, j'ai signé deux billets en 2008, il va falloir que je modère mes ardeurs...