18/04/2010

Spartacus: Blood and Sand

Allez hop, je fais remonter ce billet initialement publié le 27 février 2010. Non pas parce que j'en suis fier, mais parce que la première saison de Spartacus s'est terminée cette fin de semaine. C'est donc l'heure du bilan.

Une précision pour les celles et les ceux qui ont vu le pilote et ont décidé que cette série était aussi vaine qu'une télé-réalité italienne : vous aviez raison. Ça ne pisse pas loin. Le gerbe de sang en 3D et les esclaves nues castées au salon de l'érotisme de Budapest viennent totalement décrédibiliser le travail du scénariste. Les combats ressemblent à des séquences de jeu vidéo où le héros arrive même à décapiter un ennemi avec une chaîne de métal (sic). Évidemment, les gladiateurs semblent tout droit sortis d'un calendrier des Dieux du stade.

Pourtant, je me suis accroché. Parce que Spartacus est sans doute le premier mythe marxiste de l'Histoire. Et puis qui n'aime pas les films de gladiateurs ? Et pendant les deux premiers tiers de la saison, j'ai aimé détester cette série. L'ambiance y est aussi romaine que le couscous Garbit est arabe. Et soudain, le dernier tiers s'est révélé intéressant. Si, si. Le scénario a enfin pris le pas sur les effets spéciaux et la nudité. Il y avait une... le mot est énorme... une intrigue. Enfin. Ce n'était plus un clip vidéo de 50 minutes avec du rock pendant les scènes d'arène filmées sur un fond vert, c'était réellement une série télévisée.

Et là, paf, le final de la saison, le s01e13 dont on attend plus rien. Une tuerie, une vraie. Du sang et des larmes, non pas pour Arioch, mais pour l'un des premiers mouvements sociaux de l'Histoire (car la Sicile avait déjà connu une révolte d'esclaves, et il y avait eu des grèves ouvrières en Égypte). Toute la frustration de cette première saison salace et gore a giclé à l'écran. Les vraies choses commencent enfin : Spartacus négocie avec le patronat à coup de glaive. Et je me demande bien comment ils vont pouvoir rendre la suite de la révolte. Car autant cette première saison était intimiste, avec une école de gladiateurs, une petite arène et une rue pour les rares scènes en extérieur, autant la suite de l'histoire va nécessiter du grand déploiement. Les batailles contre des légions sur les pentes du Vésuve, ça va demander un minimum de talent au niveau de la caméra. Et du figurant. Parce que dans mon souvenir, les révoltés se comptaient en dizaines de milliers.

Et comme l'acteur principal vient d'apprendre qu'il a un lymphome, la saison 2 risque d'attendre. Alors les producteurs ont une idée de génie pour maintenir l'intérêt du public en attendant la suite : une préquelle. Toujours tournée en Nouvelle-Zélande.

Bref, pour résumer : Spartacus est bien moins con qu'il n'y parait. Mais il faut accepter que Marc Dorcel prenne souvent le contrôle de la caméra et que les combats prennent des allures de productions de la Troma.


Chez Hugin et Munin, nous aimons éduquer notre lectorat.
De la fantasy et de la SF, oui, mais le goût des belles choses avant tout.
C'est pourquoi nous vous parlons aussi bien de La vie sexuelle d'Emmanuel Kant signé par Jean-Baptiste Botul que de la philosophie objectiviste sous-tendant l'oeuvre de Terry Goodkind.
C'est comme ça, c'est le bloguisme sans concession.

Et pourtant.

Quand je ne réfléchis pas sur les rapports entre Avatar et la dénonciation de l'aveuglement des intellectuels face à la séduction communiste par Raymond Aron, j'avoue que je baisse parfois ma garde.

C'est ainsi que Spartacus: Blood and Sand est devenu en l'espace de quelques épisodes un de mes péchés mignons. Surfant sur le succès du film 300, de la série Rome et de la BD Alix, des producteurs sachant parfaitement renifler le marché (dont Sam Raimi, le cochon truffier de la bouse visuelle) ont eu l'idée de lancer une série sanglante racontant la révolte des esclaves. Décor numérique, scènes de combat ultra-clipées, gerbes de sang en 3D à chaque coup, dialogues dignes d'une telenovela chilienne : tout est là pour offrir chaque semaine une vraie tranche de nanar. C'est tellement assumé par les producteurs de la série qu'ils sont allés chercher l'actrice principale de Xena pour enfoncer le clou de la ringardise.

Alors quoi, une série télévisée d'action avec des beaux gladiateurs bien huilés, des membres tranchés et des tonnes d'hémoglobine sur un fond historique plus léger que du balsa, c'est pas la mort. C'était sans compter sur le flair des scénaristes qui ont su ajouter un ingrédient pour capter le spectateur : du cul, du cul, du cul. C'est Spartacus rencontre 36 15 Ulla. C'est gratuit et ça fonctionne. On parle directement à mon cerveau reptilien avec ce language de sang et de luxure. Oui, j'aime les types bodybuildés qui courent en slip dans la neige en balançant une réplique débile avant de découper du légionnaire romain en rondelles dans une ambiance plus gore que les 300 litres de faux sang de la scène finale de Braindead.

Non, parce que c'est bien beau les peplums à Cecil B. DeMille, mais de nos jours on peut faire aussi bien sinon mieux avec un écran vert, trois actrices de charme et le scénariste de Smallville.

Encore une superbe série télé que ces pisses-vinaigre de Télérama vont descendre en flamme.




17 commentaires:

  1. En tout cas, ta critique m'a bien fait rire !
    Et la bande annonce est ... édifiante.

    RépondreSupprimer
  2. La série "Rome" était déjà comme ça, sauf les dialogues du tiers monde. D'ailleurs, j'ai laché l'affaire avant la fin de la saison 1...

    Sinon, j'ai beaucoup aimé ton commentaire.

    RépondreSupprimer
  3. moi je me suis maté hier le pilote de la série !!

    que dire ?!

    ben ça dépote grave !! ça bourinne sévère !! que du bonheur !! :p

    RépondreSupprimer
  4. Pareil que Rome ? Dans Rome, il n'y a pas de combats, et la série prend le contrepied des peplums où tout est disproportionné, puisque tout se passe dans 2-3 ruelles, 1 maison, 1 palais, et 2 chemins de compagne. On peut ne pas être convaincu par l'histoire - ce que je n'ai pas été, surtout par la saison 2, mais le traitement de Spartacus a quand même l'air différent. Comme dit Cédric, c'est plus 300 et Gladiator, les inspis, à 1e vue.

    RépondreSupprimer
  5. Spartacus est à Rome ce qu'Inglorious Bastards est à La grande vadrouille.

    RépondreSupprimer
  6. Beurk. Je vais plutôt aller me remater Rome.

    Il est où l'article traitant de la philosophie objectiviste de Gookind ? Voir le mot philosophie associé à Goodkind m'interpelle.

    RépondreSupprimer
  7. Goodkind vous explique la vie, l'univers et le reste : http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.prophets-inc.com/the_author/va.html

    RépondreSupprimer
  8. Caine5/3/10

    Je ne vois pas bien le rapport entre cette série et la BD Alix... A part peut-être un fond d'homosexualité latente (sans mauvais jeu de mot). Je ne crois pas avoir vu de membres tranchés ou de scènes de partouze dans Alix.
    Mais sinon, Spartacus est une série bien bien fun au demeurant.

    RépondreSupprimer
  9. La référence à Alix était une forme d'humour de ma part.
    Ça doit faire 20 ans que je n'ai pas feuilleté un album de Jacques Martin.
    Et je compte faire de même pour les 20 ans à venir.

    RépondreSupprimer
  10. Caine5/3/10

    J'avais compris. ^^

    PS : et bravo pour ce blog, les critiques sont toujours de très bonne qualité.

    RépondreSupprimer
  11. Anonyme9/3/10

    bon les gars ,je suis tordu à lire vos coms .
    j'ai adoré la série rome , 2 j'adore la série spartacus , ben quoi je suis bon public ,puis j'agrave mon cas avant qu'on me le dise j'aime aussi le westerns et toc .

    red14

    RépondreSupprimer
  12. tahar tagueul19/3/10

    Serie addictive et jouissive , depuis "breaking bad" , je n'avais pas trouvé une serie ou je me frotte les mains de contentement avant de m'installer dans le canapé.
    Bien sur , c'est "basique", mais les scenes de combat sont vraiment spectaculaire ( gladiateur , 300 et mad max a la moulinette ), les moeurs romains (que l'on capte mieux depuis "rome" )sont respectés (du cul , donc)et les decors sont.....mhmmm ... un peu pauvres (font vert et incrustation vraiment visible) , mais cette premiere saison se passe presque exclusivement dans les arenes et le ludus , je suis donc curieux de voir ce que ça va donner quand spartacus va arpenter l'italie du nord au sud avec son armée..(sic)

    Bref , pour moi (presque)que du bonheur.....

    RépondreSupprimer
  13. Anonyme30/3/10

    Hello,

    Il existe pas de serie sans aucune critique bonne ou mauvaise chacun son choix.
    En tout cas avec cette serie de Spartacus je m'endorms pas devant la télé contrairement a d'autres séries, donc voilà c'est une trés bonne serie pour moi.

    RépondreSupprimer
  14. Comme je lis qu'il est question de Goodkind et de l'Objectivisme, je me permets de glisser un petit lien qui ouvre sur un article sur cette philosophie, et un entretien que j'ai réalisé (en toute modestie)avec Terry : http://forum.superpouvoir.com/showthread.php?t=10200

    Ceci étant dit, je ne regarderai certainement pas cette série, mais j'ai bien rigolé en lisant ce billet.

    RépondreSupprimer
  15. Keyne20/4/10

    essayer de faire mieux avec un budget pareil avant de lâcher des commentaires ingrat.

    RépondreSupprimer
  16. Spartacus ma vraiment déçu. Une série historique pour débile mental. Comment pouvez-vous la comparer a Rome ou 300. Cette série ne raconte rien, ne montre rien sauf de la vulgarité. Avez-vous remarque qu'après 4 ou 5 épisode il y avait moins effet spéciaux de sang a la 300? En passant la saison 4 The Tudors a recommence. Ça c'est une séries historique. Bon est loin de la réalité mais bon, il raconte quelque chose eux autre. Booo Spartacus quel gaspillage de talent d"argent et de pellicule.

    RépondreSupprimer
  17. Anonyme2/5/10

    Beaucoup a été dit sur cette série.
    J'ajoute juste qu'il a fallu attendre le 21e siècle pour prétendre que le Peplum devait obligatoirement être classieux(et Macistes contre les Amazones velues du Machu Pichu, alors ?!), que certaines scènes sont vraiment impressionnantes et que cette série joue certes dans la surenchère mais envoie allègrement balader un certains nombre de tabous et ce sans jamais prétendre être autre chose qu'un pur divertissement.

    RépondreSupprimer