21/07/2010

Leviathan


Je l'avoue, si je me suis intéressé à Leviathan, c'est que j'ai vu cette magnifique carte et qu'elle m'a intrigué. Et puis Cory Doctorow n'arrête pas de faire de la retape pour ce bouquin, alors je me suis laissé tenter.

Or donc, Leviathan est une uchronie steampunk qui reprend les grandes lignes de la Grande Guerre. À la mort de l'archiduc Ferdinand et de son épouse à Sarajevo, son fils Alek se retrouve subitement en danger car plusieurs intérêts politiques veulent sa mort. Deux membres fidèles de la garde rapprochée de l'archiduc font donc monter Alek dans un marcheur de combat, une sorte de robot, pour filer vers la Suisse afin d'être en territoire neutre quand la guerre éclatera. Au même moment, à Londres, une jeune fille se faisait appeler Daryl ment sur son identité sexuelle au rectureur de l'armée et intègre avec pertes et fracas les rangs d'une unité volante que le hasard va pousser en Suisse. Et donc, la jeune anglaise et le jeune autrichien vont se rencontrer, ce qui va être le début de tribulations aventureuses pour l'héritier du trône et la jeune fille qui débite des gros mots plus vite que son ombre.


Disons-le tout de suite : Leviathan est un livre pour adolescents. Ce qui explique certains clichés et une narration très légères. La rencontre de deux héros que tout sépare, l'apprentissage du deuil, l'expérience des responsabilités, la découverte des sentiments... Autant de passages obligés. Si le propos n'est pas nouveau, l'habillage, lui, est plus innovant. La guerre met en scène deux camps : les Clankers, qui basent toute leur technologie sur des machines à piston, et les Darwinistes, qui font des croisements génétiques pour créer de nouvelles espèces utiles à l'homme. Nos deux héros vont créer une troisième voie en alliant le meilleur des deux camps. C'est un récit d'aventure, avec des scènes de combat, du danger et ce qu'il faut d'incompréhension mutuelle pour créer une tension politique. Forcément, pour un adulte, c'est une lecture très légère où tout le déroulement de l'histoire et de l'Histoire est prévisible.

La bonne idée de l'auteur, Scott Westerfeld, est d'avoir fait illustré son histoire par Keith Thompson (dont je conseille fortement la visite de son site). Ces dessins noir et blanc sont très réussis (même si j'ai trouvé quelques soucis de proportions. Le marcheur de combat est sensé pouvoir accueillir 5 personnes, mais sur certaines illustrations, il semble bien étroit pour y parvenir) et permettent une immersion très agréable dans ce décor steampunk. Difficile de résister à cet univers où les machines de guerre cotoient les créatures mutantes.


Au chapitre des récriminations, la mise en page utilise un interligne de 1,5, ce qui fait artificiellement gonfler le nombre de pages. Le livre fait 440 pages mais aurait pu faire 250 pages normales en abusant moins.

Ce n'est que le premier livre d'une série, aussi le récit se termine un peu abruptement quand les deux héros trouvent une bonne raison de travailler main dans la main. Je ne trépigne pas d'impatience pour lire la suite (car c'est une trilogie Leviathan-Behemoth-Goliath), mais je salue cette belle initiative qui offre aux jeunes lectures d'aujourd'hui un hommage moderne à Jules Verne.

3 commentaires:

  1. Danilo21/7/10

    Et même en français le 16 septembre !

    http://www.amazon.fr/gp/product/226619416X?ie=UTF8&tag=preunlivetlis-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=226619416X

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  2. Ah ... j'en trépigne d'impatience tout de même !

    Steampunk powaaaaaaaaa !

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  3. [EDIT] J'espere qu'il sortira en poche pour une fois ... ou alors en version brochée mais graphique

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