25/10/2010

Arlis des forains


Arlis est un gamin de onze ans recueilli par une bande de forains qui zigzaguent au coeur de l'Amérique. Le récit ne précise pas l'époque, mais la présence de piles électriques et d'un frigo laisse à penser que c'est au siècle dernier. La caravane s'arrête dans un bled de l'Arkansas et pour chasser l'ennui, Arlis se lie plus ou moins d'amitié avec Faith, la fille du révérend local. Par jeu, Faith entraîne Arlis dans une étrange parodie paganiste. Cette histoire de faux-semblant va être l'occasion pour Arlis de se poser des questions sur l'identité de ses parents biologiques tandis que les forains s'engueulent à mesure que la vérité refait surface.

Difficile de ne pas penser à la série télé Carnivàle quand on aborde Arlis des forains. Le roman porte moins l'empreinte de David Lynch que la série, mais on retrouve une thématique commune : les forains et le mystère. Mélanie Fazi est toutefois beaucoup plus subtile en n'abusant pas du surnaturel. Elle le laisse en périphérie et c'est tant mieux. On retrouve également une ambiance à la Sleepy Hollow par Tim Burton, notamment quand des arbres mystérieux s'invitent dans l'histoire. Et puis il y a cette couverture magnifique qui résume parfaitement l'atmosphère du livre (signée par un énigmatique Bastien L. dont je n'arrive pas à retrouver la trace via mon Google-fu, ce qui est dommage).

Maintenant, ces 307 pages ont quelques défauts. Déjà, j'ai eu l'impression que la caravane était vide. On croise une poignée de personnages iconoclastes, mais on peine à croire qu'ils constituent à eux seuls une caravane de forains. C'est dommage car j'aurais bien repris une bonne part de vie nomade mettant en scène cet univers. Car paradoxalement, la caravane est très statique dans ce roman car elle se fixe plusieurs jours dans une petite ville (sans que la longue durée du séjour soit expliquée, soit dit en passant). Mais surtout, toute la narration est basée sur le point de vue d'Arlis, un gamin de 11 ans, qui parle tout du long à la première personne du singulier. Or l'écriture est bien trop mature pour que ça soit crédible deux secondes. Arlis a des réflexions et des commentaires d'adulte. Certes, c'est un gamin un peu spécial, mais ça n'explique pas qu'il ait cette maturité avancée à son age. Du coup j'ai eu du mal à croire au récit.

Au final, une demi-réussite pour moi mais je vais continuer de découvrir l'univers de Mélanie Fazi car c'est très prometteur comme première rencontre.

2 commentaires:

  1. Anonyme25/10/10

    Bastien L.

    Bastien Lecouffe-Deharme

    http://www.tyrell-corporate.com/

    Serge

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  2. De Mélanie Fazi, je recommande surtout les nouvelles. Des moments très calmes, il ne s'y passe souvent pas grand chose, et on éprouve un sentiment particulier à s'y plonger.

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