12/07/2011

Futur intérieur


Dans une Angleterre des années 80 plongée dans la division à cause de la menace terroriste des mouvements séparatistes, des scientifiques travaillent sans trop se cacher sur une étrange simulation psychique du futur en se connectant mentalement à une sorte de réalité parrallèle. Dans ce futur fantasmé, ils observent l'avenir et essayent de comprendre comment le futur s'est construit et stabilisé (l'Angleterre est désormais communiste) afin de savoir quoi faire pour arriver à cette pacification. Ce construct prend la forme d'une station balnéaire où nos scientifiques se projettent et amassent des informations afin de produire des rapports à leur réveil. Sauf que l'une de ces scientifiques, qui se réfugie de plus en plus dans ces fantasmes, est obligée par la force des choses de travailler de conserve avec un ancien amant destructeur. Et s'il y a bien une chose qui peut mettre à mal la simulation, c'est une relation amoureuse catastrophique entre deux participants.

Futur intérieur fait dans la SF minimaliste où l'on passe plus de temps à parler d'aquaplaneur et de mascaret que des enjeux géo-politiques du monde. Il y a bien une tension dramatique provoquée par la confrontation de ces deux amants en guerre, mais ça ne suffit pas à créer un intérêt pour l'intrigue. Christopher Priest traite du refuge du fantasme, de la corruption d'un monde fermé par l'intérêt personnel, des univers qui s'interpénètrent. Il n'arrive toutefois pas à raconter une histoire intéressante, il reste engoncé dans des considérations amoureuses et émotionnelles peu palpitantes. D'autant que depuis Inception, le coup de la projection insérée dans une projection insérée dans une projection a du mal à surprendre le lecteur. Au final, on s'y ennuie comme un dimanche à la plage où l'on ne profite pas de l'instant présent tant on est obnubilé par la fin inévitable des vacances.

3 commentaires:

  1. Hum cela ne donne pas trop envie, pourtant il y a de l'idée dans ce synopsis.

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  2. Au moins le livre est court : le commencer ce n'est pas s'engager pour longtemps. Mais je suis bien d'accord sur l'absence d'une intrigue, ce n'est pas désagréable mais très mou.

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  3. un plutôt mauvais souvenir que cette lecture. ça m'a dégouté de Priest (même si j'ai été fascinée par l'adaptation du Prestige.)

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