13/03/2014

Orcs de Stan Nicholls et Joe Flood



Je n'ai pas l'habitude de critiquer ici des bouquins qui m'ont déplu au point de n'avoir aucune circonstance atténuante. Après tout, il y a tellement de choses bien à partager. En même temps on me reproche souvent de "pousser au crime" en encourageant les lecteurs de Hu-Mu à la dépense, alors pour une fois je vais faire oeuvre de service public et vous convaincre de ne pas acheter Orcs, de Stan Nicholls et Joe Flood. Et même si cette critique concerne la BD, spinoff des romans de Nicholls (mais pas une adaptation, si je comprends bien) je pense que ma critique s'étendra au concept des romans eux-mêmes, bien que je ne les ai pas lus.

J'ai pioché Orcs dans la BD-thèque d'une amie. Une combinaison de facteurs: j'avais entendu parler des romans de Nicholls, et c'est dans une collection (Bayou) qui comporte plutôt de bonnes choses. Et puis le concept n'était pas inintéressant a priori: les Orcs sont les méchants omniprésents du genre fantastique, caricaturalement sauvages. Leur vie est la représentation de la phrase de Hobbes (le philosophe, pas le tigre en peluche): bestiale, brutale et brève. Il y avait donc certainement matière à les faire sortir de la caricature.

Malheureusement, Nicholls ne fait rien de tel dans Orcs: ses orcs sont bels et bien bestiaux et brutaux, et leur vie on ne peut plus brève. Ce sont les autres, et en particulier les hommes qui sont caricaturés en retour: ils sont vicieux, fanatiques, manipulateurs, mesquins, sanguinaires, sadiques, j'en passe et des meilleures. Le propos, en bref, c'est que si les orcs sont comme ils sont, c'est la faute des humains. Non seulement ce n'est pas la révolution de concept promise, mais c'est d'une pauvreté affligeante. De la fantasy de bas étage qui satisfera les amateurs de grosse baston, et basta.

Comme quoi on peut partir d'un concept intéressant et original (autant que puisse l'être un tel "retournement des poncifs") et foirer complètement son coup. Bon, j'imagine qu'il y a des fans, sinon il n'aurait pas sorti six romans et une bande dessinée, mais après tout il y a des fans du Drenaï de Gemmell qui ont lu avec plaisir le même livre onze fois...

Bref, Orcs c'est juste mauvais. Ca peut divertir quelques temps aux toilettes, mais c'est bien le tout.

3 commentaires:

  1. Or donc, je me suis infligé plein de lectures médiocres, et Orcs n'est pas la pire chose que j'ai lue, loin de là.

    Mais.

    L'épisode en bande dessinée ci dessus critiqué est à mon avis le meilleur de ce que j'ai lu (le premier cycle, je suppose). Comme Les Elfes, les Nains et les Poney Mutants Géants de l'Enfer, les Orcs est une non-idée. Joli contexte, ok, mais les races sont permutables et finalement indifférenciées. Ça me gave un peu. A quand la série Les Humains ?

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  2. Oui, c'est exactement ça. Finalement, toutes les races sont interchangeables (dans le registre "tous des salauds") ce qui rend le concept absolument sans intérêt.

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  3. J’avais adoré la première trilogie, je n’ai pas lu la bd, mais vu ton résumé je pense sincèrement qu’elle n’est pas à la hauteur des romans… Je me souviens que les personnages des bouquins étaient profondément attachants !

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