05/08/2019

The Boys


Hugh est un mec normal jusqu'à ce qu'un super-héros (A-Train) percute sa copine à très vive allure et la fasse exploser dans une gerbe de sang. Hugh, qui jusque là était un grand fan d'A-Train, le super-héros le plus rapide du monde, découvre alors que les super-héros s'en foutent, des victimes collatérales. Surtout qu'A-Train fait partie des 7, une équipe ultime de super-héros qui domine via une méga-corpo transversale gérant les produits dérivés comme les jouets, les télé-réalités, les films et permet même à des villes qui sont prêtes à allonger le cash de louer un super-héros pour qu'il deviennent leur gardien. Tout ça, Hugh le comprend grâce à Bill Butcher, une boule de colère qui a d'excellentes raisons de détester les super-héros. Avec d'autres personnalités en rupture de ban, ils forment un groupe assez informel qui se fixe un but : rendre coup pour coup à ces connards de super-héros.

Et parallèlement à ces boys, on suit également l'ascension de StarLight, la toute nouvelle recrue des 7 qui est passée par le circuit des concours de beauté pour super-héros avant d'intégrer le club élitiste des 7, la consécration super-héroïque. Malheureusement, la naïve StarLight va très rapidement être confrontée au cynisme de ses collègues, qui sont tous des super-enculés. Elle découvre qu'elle n'est qu'un produit, que la compagnie qui gère les 7 a des objectifs corpo bien dégueulasses et que son rêve de petit-fille est en fait haïssable.

Les 7 sont très inspirés de la Justice League : leur Superman se nomme Homelander, leur Wonder Woman est appelée Queen Maeve, leur Aquaman se fait appeler The Deep... On est clairement en terrain connu. Et ce what if ultra cynique fonctionne du feu de dieu car si vous êtes un tant soit peu un amateur de super-héros, vous avez bouffé 24 films Marvel, des séries Netflix à rallonge, des jeux vidéos dérivés, l'énième reboot du comic papier... Bref vous êtes normalement comme les Boys de la série : vous n'en pouvez plus de ces m'as-tu-vus qui envahissent tout l'espace. Et vous savez que Marvel ou DC font ça pour le pognon, mais non, les autres clients sont des moutons qui ne comprennent pas qu'ils sont en train de se faire manger la laine sur le dos, alors que vous, vous savez. Vous n'êtes pas dupes. Vous êtes un des boys, quelque part.

Cynisme, violence et même vulgarité : les ingrédients sont bien connus. Mais ils fonctionnent parfaitement dans cette série qui est tout le temps en mode méta. C'est jouissif car ça montre les super-héros tels qu'ils seraient s'ils existaient pour de vrai. Des crapules au-dessus de leurs affaires, des placements de produit ambulants, des nombrilistes de première... Mais en toute franchise, pour s'opposer à ces monstres, les Boys ne se montrent pas sous leur meilleur jour non plus. 

Les 8 épisodes de cette première saison sont bêtes et méchants. C'est encore une fois de l'or en barre pour du jeu de rôles, car qui ne rêve pas de se rebeller contre Superman pour le faire descendre de son piédestal à coup de pieds dans le derche ? Mais étrangement, ce que je trouve intéressant dans ce contexte, ça serait d'alterner entre les deux camps : faire jouer les humains de base en quête de revanche, certes, mais foutre régulièrement les PJ dans la peau des super-héros pris au piège de la realpolitik et du système capitaliste.

Promis, vous ne regarderez plus les dauphins de la même manière, après ça. Ni les Spice Girls.

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