12/02/2020

Locke & Key


C'est Gromovar qui a contaminé Munin avec cette BD il y a quelques années, et je ne sais pas trop pourquoi, je n'ai jamais succombé à cette série. J'ai le souvenir d'avoir loué le premier tome à la bibliothèque et d'avoir été rebuté par le graphisme ou l'introduction. Bref, quand j'ai vu débarquer la série télévisée sur Netflix, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, si ce n'est que le récit original avait bonne presse. Je savais aussi que c'était la troisième fois qu'une adaptation de la BD était tentée, élément qui m'indiquait que ce n'est jamais une étape évidente.

Et donc les Locke sont une famille qui quitte Seattle suite au meurtre du père (conseiller psychologique dans un lycée) par l'un de ses élèves. Ils s'installent à Matheson, une ville côtière du Massachusetts, pour repartir sur de nouvelles bases. Le manoir Key, la demeure ancestrale des Locke, possède toutefois une particularité de taille : des clés magiques y sont disséminées. Les enfants Locke vont rapidement mettre la main sur quelques-unes de ces clés et tout va rapidement partir en sucette.

Bon, je l'avoue, le premier contact avec la série est rude. Les clichés sont nombreux (la mère ex-alcoolique, la famille blessée qui vend tout pour repartir à zéro à l'autre bout du pays, le manoir inquiétant, la petite ville parfaite...) mais la bonne idée c'est que l'intrigue surnaturelle est rapidement déployée pour harponner le téléspectateur. J'ai vite adopté la famille Locke, en particulier les trois enfants qui sont tous attachant à leur manière.

Reste que les clés m'ont rapidement posé problème : elles sont magiques, certes, mais justement, la série pourrait s'appeler Ta Gueule, C'est Magique tant il faut suspendre son incrédulité pour apprécier cette histoire. J'ai bien conscience que ce n'est que la première saison et que des révélations sont à venir par la suite, mais au bout de 10 épisodes, j'ai eu l'impression que les clés n'existaient que pour faciliter le travail du scénariste. Dès qu'il a besoin d'un rebondissement dans son intrigue, il invente une nouvelle clé et ses effets, mais je ne peux alors m'empêcher de me poser la question : c'était quoi, l'intention du créateur de la clé ?

Autre souci de taille : l'antagoniste à qui la famille Locke s'oppose est dotée d'une limitation de taille : iel ne peut s'attaquer directement à nos héros. Et là encore, c'est du gros TGCM qui tache. Parce que sans cet artifice, l'intrigue serait bouclée en deux minutes.

Pour un récit d'horreur, j'ai trouvé la série vraiment soft et bon enfant. Sans vouloir que ça bascule dans le gore, j'aurais apprécié d'avoir un ton plus adulte, car en l'état, j'ai vraiment regardé une série familiale qui désamorçait systématiquement les éléments horrifiques. Même quand des monstres attaquent, l'immunité scénaristique des héros est telle que la situation perd tout enjeux.

Bon, là j'ai l'air de ne soulever que les défauts, mais à la vérité j'ai apprécié les 10 épisodes. Mais cette adaptation ne m'explique pas l'engouement pour la BD car j'ai trouvé le tout très convenu. Si on confiait ces fameuses clés à des PJ, je peux vous garantir que l'intrigue prendrait une autre tangente.

J'espère que la saison 2 va mieux expliquer le pouvoir des clés et les intentions de son créateur car en l'état, c'est très artificiel.

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