Malgré ma sympathie pour Jason Momoa dont le jeu physique a toujours laissé transparaître, sous la brutalité, une certaine profondeur, je ne lui donne pas un blanc-seing et je n'oublie pas qu'il a joué dans Aquaman ou Minecraft, des choses qui sont forcément mauvaises pour le karma.
Je ne sais trop ce qui m'a fait cliquer sur le premier épisode de Chief of War*, mais j'ai été très agréablement surpris au point de regarder tous les épisodes de ce qui sera vraisemblablement une première saison. Il y a mis beaucoup de lui-même : personnage principal, co-scénariste, producteur. C'est apparemment un projet passion qu'il portait depuis de nombreuses années, et cet investissement est visible à chaque plan : il y une recherche d'authenticité qui donne à la série une sincérité qui rattrape une certaine sinuosité de l'intrigue.
L'histoire raconte l'unification des îles hawaïennes sous l'autorité d'un roi dont tout le monde connaît le nom sans le connaître, Kamehameha Ier, et à travers le regard d'un de ses chefs de guerre, turbulent et visionnaire, Ka'iana, un personnage réel joué par Jason Momoa. Même si, évidemment, des libertés ont été prises avec l'histoire, des flâneries sur Wikipedia m'ont appris qu'une très grande partie du casting était composé de personnages historiques, et que dans les grandes lignes, l'histoire narrait des événements, rencontres, conflits et batailles qui avaient vraiment eu lieu.
Autant que la grande Histoire, c'est la culture et les paysages qui fascinent à travers la série : tournée en grande partie en langue hawaïenne, elle met en scène à la moindre occasion de très nombreux aspects de la vie quotidienne : prières, rites funéraires, pêche, récolte, affrontements sportifs : à l'époque, la pratique des arts martiaux, de la luge ou du rodéo n'étaient pas pour les fragiles. Tatouages, vêtements et coiffures sont bien évidemment également mis à l'honneur, et si l'on ajoute à cela le tournage en décors naturels (en Nouvelle-Zélande, apparemment), c'est à chaque instant un plaisir pour les yeux.
Là où la série pêche un peu, c'est la petite histoire : certains personnages ou intrigues semblent sous-développés, le rythme dramatique est un peu lent, le jeu de certains acteurs est un peu figé et la comparaison avec Shogun, autre très belle série historique politico-exotique, ne lui est pas favorable. Cela reste cependant une très belle fenêtre sur une culture qui m'était totalement inconnue, avec une mention spéciale pour l'acteur amateur qui joue Kamehameha et crève l'écran de son charisme hiératique à chaque apparition. Et quel plaisir de se laisser surprendre par quelque chose qui n'est ni une licence, ni un reboot, un sequel, une adaptation, ou quoi que ce soit d'autre.
*à part le fait que ça sort sur la même plate-forme que Severance, Pluribus, Slow Horses, ...
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