11/08/2021

Le Grand Mort

 Il est des BDs que l'on dévore et, une fois arrivé au bout, d'une traite ou quasi, on y repense en se disant "oui, mais..."

Le Grand Mort est une série en 8 albums. Au scénario, nous avons Régis Loisel et JB Djian. Au dessin, Vincent Mallié, mais on sent l'influence du style de Loisel. Aux couleurs, F. Lapierre.

Le Grand Mort, intégrale 1, chez Glénat

L'histoire : notre monde est intrinsèquement lié à un autre, parallèle, "le petit monde". Quelques humains, arrivent à passer dans ce monde parallèle, où le temps passe plus vite, tel ce vieil homme qui vit seul au fin fond de la Bretagne. Il forme un apprenti pour lui succéder. Une jeune étudiante va débouler dans leur vie et découvrir tout cela, déclenchant une série d'événements qui va mener à de grands cataclysme dans notre monde. Je résume très vite, hein.

C'est plutôt bien écrit, les aventures s'enchaînent et la conclusion est là. C'est une lecture agréable, mais j'ai plusieurs reproches à faire, sur la structure de l'histoire et le worldbuilding.

D'abord, la structure. Des tas d'événements s'enchaînent et on suit les personnages dans l'apocalypse qu'ils subissent. Seulement voilà, il y a un événement initial (le premier livre), des tas de péripéties, un événement final (le dernier). Si on décortique les tomes intermédiaires, ils sont de l'ordre de la péripétie, de la course au McGuffin ou autre mais c'est finalement maigre. D'autre part, il y a tellement de péripétie qu'achever l'histoire se fait massivement dans le dernier livre, bien trop rapidement, même si on se retrouve avec un album presque double (82 pages au lieu des 56 des autres). 
C'est vraiment un problème d'équilibrage de l'histoire, c'est flagrant quand on lit le dernier tome. Les tomes intermédiaires paraissent maigres, plutôt longuets et on les lit rapidement alors que le dénouement paraît bien trop rapide. Comme dans les trilogies medfan que Cédric critiquait de temps à autres ici, où le volume intermédiaire sert de passe plat entre introduction et conclusion. Sauf que là c'est quand même 6 tomes sur les 8 que compte la série.

Ensuite, l'autre problème est dans le worldbuilding. On a ce monde parallèle, lié au nôtre. Il a l'air chouette, avec 4 peuples qui vivent dans un équilibre instable. Mais on n'apprendra quasiment rien de lui, hélas. La quasi totalité de l'histoire se passe dans notre monde, entre survie post apo et apaisement de petite fille mal élevée. Quels sont ces liens ? Que sont ces peuples ? Quels sont leurs problèmes ? Pourquoi cet équilibrage étrange ? Quelles sont les conséquences de ce qui se passe sur notre monde pour eux ? Pourquoi le plan du "méchant" (si j'ose dire) ? Quels sont les enjeux ? Plan qui n'est pas franchement bien clair, d'ailleurs. Etc.
Il y a un vrai goût de trop peu et c'est vraiment dommage.

Pour conclure, c'était une lecture agréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Le "petit monde" mériterait un cycle parallèle qui éclairerait l'histoire de leur point de vue. Et alors, là oui, les deux cycles ensemble produiraient une oeuvre majeure.

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