02/03/2011

Outcasts


La BBC a encore frappé. Cette fois-ci c'est avec une courte série (8 épisodes) intitulée Outcasts. De la SF, de la vraie, jugez plutôt : une petite base de colonisation (Forthaven) posée sur une planète lointaine (Carpathia, qui est une référence au bateau qui sauva des naufragés du Titanic) tente de survivre malgré tout. L'endroit n'est pas menacé par des aliens gluants ou des robots atomiques, non, le pire ennemi de la colonie reste l'humain. On comprend assez vite que le gouvernement en place n'a pas attendu très longtemps pour magouiller des trucs pas net avec des clones, un virus mortel et du mensonge d'État. Quand la série commence, la colonie attend l'arrivée d'autres rescapés qui doivent débarquer sur Carpathia. Car oui, ça merde sur Terre. Il faut se battre pour trouver une place à bord d'un vaisseau, traverser l'espace hasardeux et venir s'échouer sur cette colonie qui ressemble plus à une techno-casbah qu'à un nouvel espoir pour la race humaine. Ils sont isolés, ils ont peur de l'extérieur (avec raison) et surtout ils ont emmené dans leurs bagages tous les travers de la civilisation. Ils étaient censés repartir à zéro, mais ils recommencent les mêmes erreurs que sur Terre.

Je préviens tout de suite : Outcasts n'est pas une série à grand déploiement. C'est une série minimaliste. Les incrustations vidéos sont souvent cradingues, les décors ne vous en mettront pas plein la vue et vous aurez vite l'impression qu'il n'y a que des Anglais qui sont partis coloniser Carpathia. Mais du coup, comme elle ne cherche pas à vous dépayser avec des combats spatiaux et des lasers, la série s'attarde sur les rapports humains. Car une petite colonie, c'est un monde de tensions. Il y a ceux qui ont laissé de la famille sur Terre et qui se sentent coupables. Il y a ceux qui se laissent avaler par leur fonction car Forthaven est exigeante en attention. Il y a ceux qui ont profité du voyage pour changer de vie. Il y a ceux qui se disent qu'une telle communauté serait facilement influençable. Certes, il y a bien des enjeux externes (une mystérieuse présence en dehors des murs de Forthaven, un phénomène naturel menaçant (le white out), une planète à dompter...) mais c'est plus un huis-clos qu'autre chose.

Où ça s'en va ? J'ai fini le 4e épisode et je ne peux jurer de rien. Je n'ai certes pas retrouvé l'élan jubilatoire de la course en avant d'un Battlestar Galactica, mais j'apprécie au contraire la simplicité volontaire de la série. Certes, elle répond plus à un problème budgétaire qu'à un réel parti pris artistique, mais les petits enjeux sont également de puissants moteurs scénaristiques. Ça parle de politique, de survie, de traditions... des thèmes qui sont tout sauf lointains.

J'ai retrouvé un peu l'ambiance du premier volume de la Romance de Ténébreuse (Darkover) de Marion Zimmer Bradley quand les colons s'écrasent sur la planète et s'organisent pour repartir au plus vite. Le white out prend la place du pollen, les aliens sont remplacés par d'autres choses, mais il en faudrait peu pour que les habitants de Forthaven retombent en barbarie et que la nano-technologie ne devienne de la magie. De même, en pleine rechute asimovienne, difficile de ne pas voir en Carpathia une sorte de Fondation improvisée. Une bouture trop vite mise en terre.

2 commentaires:

  1. Eh mais c'est que ça a l'air super sympa ce truc là, surtout en plein travail sur ExtReM_37 (petite colonie en huis clos, miam)

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  2. J'ai vu le 1er épisode. Ce n'est pas transcendantal, mais c'est sympathique.

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