Pour en finir avec 2025 (partie 2)


Veuillez nous pardonner cette interruption technique, nous reprenons la suite de notre programme.

En Films

L'avis de Benoît : Prime Minister

Une fois n'est pas coutume, c'est un documentaire qui a constitué ma plus grosse claque cinématographique de cette année. Prime Minister est un documentaire sur les 6 années au pouvoir de Jacinda Ardern en Nouvelle-Zélande, de son élection surprise à sa démission surprise. Constitué de rush filmés au fil de ces années par son conjoint cinéaste (ça tombe bien), d'images d'archive et d'interviews à la fois pendant et après les faits, le film est à la fois enthousiasmant car il montre comment quelqu'un qui n'est pas du sérail politique peut mettre en œuvre avec succès un agenda de progrès social, et en même temps déprimant car il illustre à quel point nos systèmes démocratiques ne sont réellement compatibles qu'avec des sociopathes qui doivent pouvoir ignorer leur propre moralité afin de rester au pouvoir. Les passages sur le massacre de Christchurch et sur le COVID sont particulièrement éprouvants, mais le film dans son ensemble est à voir. 



L'avis de Cédric : Weapons

Je suis le premier surpris, mais c’est cette histoire d’horreur qui m’a le plus marqué cette année. Weapons raconte comment 17 enfants d’une classe d’école primaire au fin fond de la Pennsylvanie ont tous disparu par une nuit en courant avec les bras grands ouverts. Seul un enfant de la classe n’a pas été touché par cette disparition. Bien évidemment, l’institutrice est tout en haut de la liste des suspects, mais le film va nous faire suivre plusieurs personnages qui vont dévoiler une intrigue glissant lentement vers le grotesque. C’est raconté intelligemment, le mystère est prenant, les personnages particulièrement solides... J’en dis volontairement pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte.




L'avis de Philippe : One Battle After Another

Je suis Paul Thomas Anderson depuis longtemps - je fais partie de ceux qui ont aimé Liquorice Pizza, c’est dire. Sans surprise, j’ai été conquis par One Battle After Another. Pas parce que c’est confortable, ni parce que ça “fonctionne”, mais précisément parce que le film refuse obstinément de prendre par la main. C’est un film d’une rigueur presque hostile. Pas de climax bien net, pas de message souligné au stabilo, pas de soulagement moral à la sortie. Le propos est simple et implacable : les combats ne se terminent jamais, ils se déplacent, s’érodent, se répètent. Et le film adopte exactement ce rythme-là. Il insiste, usant et fatiguant, comme ce qu’il raconte.

La mise en scène est sèche, précise, souvent inconfortable pour les acteurs comme les spectateurs : musique dérangeante, séquences longues. C’est un film d’action qui prend son temps. Les silences comptent autant que les dialogues, et le film est charnel : les corps portent le récit plus que les mots. Leonardo DiCaprio continue de perfectionner le crétin sympathique qu’il joue depuis Once Upon A Time in Hollywood, Sean Penn est bluffant comme toujours, et la jeune Chase Infiniti est l’âme du film à elle seule. C’est un film exigeant, qui demande du temps, de l’attention, et une forme de disponibilité morale. Il ne cherche pas à plaire ou même à trancher. Il cherche à tenir. Et il tient. Longtemps après le générique. Risque résiduel : si on attend une narration aimable ou un payoff clair, on s’ennuie. Sinon, on sort un peu vidé, et c’est exactement le point.

L'avis de Steve : Arco

J’avais initialement prévu de vous parler de Substitution : Bring Her Back, film d’horreur tétanisant qui me semble partager une de ses thématiques avec l’excellent Weapons dont vous parle Cédric un peu plus haut.

J’ai cependant commencé mon année 2026 en retournant voir Arco en salles pour le montrer à mon fils de 8 ans. Je me suis tourné vers lui vers la fin du film et, comme moi, il était bouleversé par un enchaînement de scènes belles et tristes que je ne décrirai pas ici. J’en fais donc mon film de l’année !

Outre qu’il s’agit d’une des très nombreuses preuves de l’excellence française en matière d’animation (j’ai mis l’ensemble de mes points en Patriotisme dans la spécialité “Dire du bien des films d’animations français”), Arco réussit à parler du futur à son public (principalement composé d’enfants) en articulant un discours inquiet sur le changement climatique - dont les conséquences sont montrées d’une façon particulièrement spectaculaire - et une capacité à imaginer un futur plus heureux.

Le récit fonctionne de plus extrêmement bien dans tout ce qui concerne les relations entre son héroïne et ses proches : frustration liée à ses parents souvent absents, nécessité d’être très proche de son petit frère encore bébé, amitié impossible avec un enfant venu d’un autre temps…

En Livres

L'avis de Benoît : Ithaca trilogy (le Chant des Déesses en VF)

L'an dernier j'avais proposé une tétralogie, et cette année une trilogie, donc on peut dire que je suis très fort pour sélectionner un bouquin comme on me le demande. Cette trilogie de Claire North est une réécriture super intelligente du mythe de Pénélope qui attend Ulysse. Non seulement les trois romans parviennent habilement à s'insérer dans les interstices non-dits de la mythologie "officielle", mais en choisissant des narratrices divines, ils s'insèrent eux-mêmes dans une forme de mythologie. Qui plus est, le postulat de départ (que les aèdes ne parlent que des héros masculins) permet à Claire North d'explorer des thématiques très modernes tout en restant fidèle à son sujet. Bref, c'est une franche réussite, dont j'attendais à tout moment qu'elle tombe à plat, mais en fait non, ça tient la route jusqu'au bout et au retour d'Ulysse. Enthousiasmant.  



L'avis de Cédric : Les Résistantes : le rôle crucial des femmes face au nazisme de 1940 à 1944

C’est une retranscription papier du podcast de Philippe Collin sur Radio France qui raconte le destin croisé de cinq grandes dames : Lucie Aubrac (qui fait passer Wonder Woman pour une simple ménagère), Geneviève de Gaulle (la nièce de vous-savez-qui, qui sera déportée au camp de Buchenwald), Mila Racine (une résistante juive née en Russie), Simonne Mathieu (une joueuse de tennis qui s’est détournée du sport pour entrer en résistance) et Renée Davelly (une chanteuse ayant versé dans la Légion étrangère). Le bouquin est rempli de photos et de documents d’époque, c’est très évocateur. Sans surprise, ces femmes n’auront pas droit aux mêmes honneurs que les hommes après la Libération. J’étais tombé un peu par hasard sur un passage du podcast où un homme racontait comment, enfant, ses parents le réveillaient en pleine nuit pour lui faire réciter les détails de sa fausse identité. Puis un jour, ils ont dû l’abandonner devant la devanture d’un magasin, où une de nos héroïnes l’a pris par la main pour l’emmener par le train en direction d’Annemasse afin de traverser la frontière pour rejoindre la Suisse…

L’avis de Philippe : Sharpe

J’ai découvert les romans historiques de Bernard Cornwell avec The Last Kingdom. Une fois les aventures d’Uther dévorées, il me fallait autre chose. Je suis donc passé à Sharpe, équivalent pour l’armée anglaise et Wellington de ce qu’est Horatio Hornblower pour la marine et Nelson. Sharpe est connu pour son adaptation par la BBC avec un Sean Bean jeune qui ne meurt pas au premier épisode. Les romans dont la série est tirée font exactement ce qu’ils promettent. Ils racontent la guerre napoléonienne vue d’en bas, depuis la boue, la peur, la fatigue et la rage de survivre. Richard Sharpe n’est ni un stratège génial ni un héros moralement exemplaire. C’est un soldat brutal, intelligent juste ce qu’il faut, porté par une volonté obstinée de ne pas crever et de ne pas se laisser écraser par les classes supérieures. Et Cornwell sait écrire ça. 

La force de la série, c’est sa lisibilité. Les batailles sont claires et compréhensibles. On sait toujours où on est, qui tire sur qui, et ce qui se passe dans la trame générale de la bataille en cours. Cornwell ne noie pas le lecteur sous l’érudition, mais on sent que chaque détail matériel, chaque élément historique est maîtrisé. Le rythme est impeccable, presque mécanique, et c’est un compliment. La postface, qui raconte un peu backstage les recherches et les libertés prises avec l’histoire, montre que les plus surprenants des rebondissements sont souvent ceux tirés de l’histoire elle-même. Cornwell a juste besoin de placer Sharpe au milieu des événements pour pouvoir les raconter. Ce n’est pas de la littérature qui se regarde écrire. C’est de la fiction historique efficace, incarnée, profondément narrative. On avance, on s’attache, on enchaîne les tomes sans se poser de questions métaphysiques inutiles. Sharpe, c’est le confort du feuilleton, avec suffisamment de rugosité pour ne jamais devenir mou.

L'avis de Slawick: Le Seigneur des Anneaux nouvelle traduction


Oui, je sais, j'en ai mis du temps pour oser relire le Seigneur des Anneaux dans sa plus si nouvelle traduction. Qu'il était compliqué, pour mon petit esprit qui carbure bien trop à la madeleine de Proust de mes lectures adolescentes, d'accepter de passer de la Communauté de l'Anneau à celle de la Fraternité de l'Anneau ! Mais bon, le SdA, fallait bien que j'y revienne un jour et que ce soit dans cette traduction pour ne pas que je reste éternellement un vieux con. Ce fut donc en 2025, avec la très belle édition intégrale publiée chez Christian Bourgeois (déjà épuisée). Et donc ? Et bien elle coule toute seule, cette nouvelle traduction. Beaucoup de nouveaux termes sonnent comme des évidences, comme le très joli Fendeval, et me voilà déjà replongé dans les Terres du Milieu comme dans des vieilles charentaises confortables. Adopté, donc !



L'avis du Lecteur : Journal d’un AssaSynth

Martha Wells nous propose de suivre les aventures d’un androïde de sécurité (SecUnit, un robot humanoïde spécialisé dans les tâches de garde du corps et d’assassin). Notre héros a un jour lui-même piraté le programme qui le supervise et prend son indépendance. Gavé de séries télés, il en vient peu à peu à se mêler à l’humanité.

Écrit à la première personne, AssaSynth nous raconte ce qui lui arrive mais aussi son opinion sur cette humanité qu’il ne comprend que peu, ou mal, via le filtre de ses séries télé. L’autrice étant à l’origine anthropologue, elle alimente bien cette idée d’une machine qui essaie de comprendre les émotions des autres ainsi que, quand elles commencent à apparaître, les siennes propres. C’est aussi plein d’humour et d’action, écrit comme une série télé (ce qui est devenu une réalité sur Apple TV). Ça se lit vite et j’ai hâte de la sortie du suivant, c’est dire. Chez Atalante, en 7 volumes (plus deux nouvelles, pour des magazines, non encore traduites). Si vous êtes sensible au sujet : au total, la série a raflé deux prix Hugo, trois prix Locus, et deux prix Nebula. Rien que ça.

L'avis de Tristan : Journal de ma disparition

Je consomme énormément de polars, et j’en parle très rarement ici, alors pour une fois, j’ai envie de faire une exception.

Camilla Grebe fait partie de la nombreuse phalange d’auteurs de polars suédois qui produisent avec une régularité scandinave des romans déconseillés aux dépressifs parce que même quand il y fait beau, ce qui arrive une fois sur cinq, ça veut dire vingt degrés, animés par des personnages dont les vies de merde les empêchent de se concentrer sur leur boulot. C’est un style, on s’y fait.

Journal de ma disparition est le tome 2 d’une série mettant en scène un binôme de flics flanqué d’une profileuse qui a connu des jours bien meilleurs. Pourquoi ne pas vous conseiller de commencer par le premier? Parce que ça peut à peu près se lire dans le désordre, et parce que ce volume en particulier a un intérêt qui manque aux autres : une ambiance cannibalisable pour les Gardiens des arcanes et autres MJ de jeux d’horreur.

Nous sommes à Ormberg, un village perdu dans la forêt, à deux heures de route de Stockholm. Tout ce qui restait d’industrie s’est barré depuis une génération, le terrain n’est pas propice à grand-chose, reste donc une poignée de locaux qui vivotent tant bien que mal. Ah, et la présence d’un centre d’accueil pour réfugiés syriens n’arrange pas leur humeur, parce que nous, personne ne nous a aidé quand l’usine a fermé.

Notre trio d’enquêteurs débarque dans ce bain toxique pour résoudre un cold case, une histoire d’infanticide vieille d’une vingtaine d’année, et bien sûr, tout leur pète à la figure, vite et brutalement.

Les personnages sont sympathiques, mais la vedette revient au village lui-même, qui distille une ambiance étouffante à souhait, au point où il ne manque pas grand-chose (par exemple votre intervention) pour qu’il quitte le polar et devienne un décor d’horreur. Oui, ça pourrait être Dunwich. Ou vous pourriez avoir une colonie de vampires sur la colline voisine. Ou une saleté cornue échappée du folklore scandinave. Et si vous êtes un minimum attentif, c’est assez drôle de voir l’autrice puiser dans les trucs du récit d’horreur pour bien faire monter sa mayonnaise, à commencer par le recours à un narrateur non-fiable (à temps partiel, heureusement).

Bref, pour une dizaine d’euros, vous avez un cadre prêt à servir, plan compris, et de quoi meubler une paire de séances si vous jouez l’histoire telle quelle, et potentiellement beaucoup plus si vous n’utilisez que le décor.

(Si vous avez envie de lire la série dans l’ordre, le premier s’appelle Un cri sous la glace, et le meilleur est L’Archipel des larmes. Oui, rien qu’aux titres, on sent bien que ça va être léger et optimiste.)

L'avis de Steve : La Nuit Ravagée

J’ai triché en lisant La Nuit Ravagée de Jean-Baptiste Del Amo. L’auteur situe son intrigue, et l’adolescence de ses personnages, au début des années 90 à Saint-Auch une petite ville qu’il place en périphérie de Toulouse. Mon cerveau s’est systématiquement permis de m’envoyer des images venues de ma propre adolescence, à peine plus tardive mais dans une commune francilienne.

Ce n’est pas tant que les adolescents décrits ici vivent les mêmes choses que moi à leur âge (tant mieux pour moi : on est aussi dans un roman horrifique empruntant à la fois à la saga des Freddy et à Stephen King !) mais plutôt que le texte parvient à rendre tangibles les sentiments, les tâtonnements et le relatif ennui vécus à cet âge.

Mad Movies parlait du roman comme du premier roman fantastique publié au sein de la collection Blanche de Gallimard. C’est sans doute vrai mais le fantastique m’a semblé ici fonctionner uniquement comme métaphore pour parler de l’adolescence (ce qui est très fréquent) et même, c’est un peu plus gênant, comme d’un pur prétexte. Quelques mois après l’avoir lu, je suis bien incapable de me souvenir des détails concernant cette étrange maison attirant inéluctablement les adolescents en son sein. Le livre manque probablement un peu d’originalité dans sa façon de manifester ses éléments fantastiques.

Qu’importe, il me reste en tête les rues, les maisons et les habitants de cette ville de Saint-Auch, si proche dans mon esprit de la ville où j’ai vécu ado.

En BD

L'avis de Benoît : Bowling with Corpses (le Carnaval des Cadavres en VF)

J'aime beaucoup la patte graphique de Mike Mignola, mais en toute franchise, je n'ai jamais accroché plus que ça à Hellboy. Mais Bowling with Corpses, le nouvel opus de Mignola dont on sait maintenant qu'il aura une suite m'a donné une bonne claque. Dans un univers Sword & Sorcery très inspiré d'une ambiance Europe de l'Est, le bouquin est un exercice de world building par petites touches, presque impressionniste. Les histoires sont peu tournées sur l'action (même s'il y en a un peu ça et là) et beaucoup plus sur les mystères et l'ambiance. Les anciennes religions, les croyances populaires, quelques personnages récurrents mais qui restent secondaires, à travers cette grosse dizaines d'histoires courtes on est plongé dans un monde à la fois familier et atypique, qui a l'immense avantage (à mon sens) par rapport à Hellboy ou Baltimore de ne pas être explicitement référentiel. Ça en fait une œuvre originale à la construction atypique avec un très très goût de reviens-y. 

L’avis de Cédric : Astérix en Lusitanie

Oh, je sais, mais quel choix attendu et commercial. Alors qu’il y a tant de romans graphiques indies qui méritent plus d’attention. Mais le fait est que cet Astérix est vraiment la seule BD que j’ai achetée cette année, et que je ne vais pas faire semblant : c’est un rituel qui me plait. Ça me rend encore tout chose de voir Astérix et Obélix en tête de gondole dans mon Walmart. C’est une chouette tradition. Et merci aux continuateurs d’avoir enfin fait évoluer la parlure de Baba, la vigie des pirates.





L’avis de Philippe : The Nice House on the Lake

Sur le papier, le pitch presque paresseux n’avait rien pour me séduire, tellement j’avais l’impression d’avoir déjà lu cela dix fois. Des amis invités dans une belle maison au bord d’un lac. Le monde extérieur qui s’effondre. Un hôte qui en sait beaucoup trop. Sauf qu’ici, tout est dans l’exécution. James Tynion IV ne cherche pas le twist spectaculaire ou l’horreur gore, mais travaille lentement à la lame fine pour installer une atmosphère de faux répit, de malaise poli, de conversations banales contaminées par quelque chose qui cloche.

Ce qui frappe, c’est à quel point la série parle moins de la fin du monde que des relations humaines. De ce qu’on accepte par confort, de ce qu’on tolère par loyauté et de ce qu’on préfère ne pas voir quand la maison est belle, le vin bon, et la catastrophe encore abstraite. Les personnages sont crédibles, imparfaits, parfois agaçants, donc justes. Chaque chapitre développe le point de vue d’un personnage, avec une construction savante en alternance de flashbacks et de foreshadowing qui laissent entrevoir d’énormes twists futurs.

Graphiquement, c’est d’une froide élégance, presque clinique, qui renforce l’angoisse au lieu de la désamorcer. Le diptyque joue avec une question désagréable, jusqu’où irait-on pour rester à l’abri pendant que le monde brûle ? Jjuste assez pour ne pas lasser avant de céder la place à un (probable) nouveau diptyque, The Nice House by the Sea, qui introduit de nouveaux éléments, de nouveaux enjeux, et de nouveaux personnages. Jusqu’ici, je suis bluffé. Cela n’a pas détrôné Locke & Key (le comics, pas l’hideuse et débile série) au classement des BD d’horreur dans le cœur de mes teens, mais chez moi, ça pourrait bien finir ex aequo.

L'avis de Slawick: Les Navigateurs

Max et ses potes Arthur et Sébastien ne se sont pas quittés depuis le lycée. Des années après leur rencontre, Neige Agopian, la quatrième de la bande, revient à Paris. Mais lorsqu'elle disparaît de nouveau dans de mystérieuses conditions, les trois amis enquêtent... Serge Lehman continue de nous régaler d'un fantastique savamment distillé, et emprunt ici d'un onirisme vénéneux. On découvre un autre Paris à moitié sous les eaux, alors que l'histoire enfouie de Max et de Neige refait surface. Cohérence thématique des intrigues, rythme parfaitement maitrisé, noir et blanc qui alterne réalisme et fantasmagorie sans fausse note, c'est vraiment une BD formidable. Ah oui, il y a largement de quoi en faire un univers de jdr, aussi.




L'avis du Lecteur : Dungeon Club

Bouma & Ostertag ont créé une série en trois tomes dont un seul, hélas, a été traduit en français (chez Larousse). Cela parle d’ados, d’une amitié exclusive via D&D, et comment celle-ci évolue en accueillant de nouveaux membres dans le groupe. Les personnages sont très humains, il est facile de s’y identifier. Une chouette histoire d’amitié et d’émotions à gérer à la période difficile de l’adolescence. Le dessin est très beau, avec de magnifiques couleurs. Bref, j’ai adoré.






L'avis de Steve: Shin Zero (tome 1)

A l’exception de ses deux auteurs, Mathieu Bablet et Guillaume Singelin, et de son éditeur, Label 619 aux publications inégales mais très souvent audacieuses, Shin Zero n’avait a priori pas grand chose pour me plaire. Il s’inscrit dans le genre du Sentai, les super-héros japonais costumés, qui est un angle mort de ma culture (je n’avais vu que le très étrange, bien que recommandable, Shin Kamen Rider d’Hideaki Anno) et sa quatrième de couverture parlant d’uberisation du Sentai me semblait faire partir le projet dans une direction trop parodique pour moi.

J’avais évidemment tort, les auteurs ont conscience que les codes avec lesquels ils entendent jouer ne seront pas forcément connus des lecteurs (Mathieu Bablet termine d’ailleurs ce premier tome par une préface revenant sur ce que les récits dont il s’inspire lui évoquent), et la BD fait le choix de prendre aux sérieux ses personnages : une bande de jeunes adultes confrontés à un monde du travail qui les précarise malgré leur choix d’un métier dangereux… le parallèle avec une société comme Uber Eats n’a finalement rien d’absurde.

J’ai aussi découvert, avec moins de surprise au vue des auteurs, des dessins magnifiques et des personnages crédibles et attachants. J’ai terminé ma lecture avec des envies de lire le tome 2 mais, aussi, de réfléchir à ce que pourrait être un jeu de rôle dans un univers proche.

En Jeu vidéo

L’avis de Cédric : Megabonk

Là encore, les chiffres ne mentent pas : c’est Megabonk qui m’a tenu le plus occupé cette année. C’est un Vampire Survivors en 3d qui me permet de jouer avec un demi-cerveau quand je rentre du bureau. Dans ces jeux, on ne contrôle pas les tirs de son personnages, on se contente de diriger son alter ego face à des vagues successives d’ennemis. Il faut faire des choix tactiques. Il y a plein de choses à débloquer : nouveaux personnages, nouvelles armes, nouveaux bonus, nouvelles cartes... Le développeur derrière cette tuerie travaille seul, son succès est donc amplement mérité. Par contre, je déteste le game design du boss final. Malgré des centaines d’essais, je n’ai réussi à le vaincre que deux fois. Pourtant, j’y retourne encore et encore.




L’avis de Philippe : Death Stranding

Comme avec mes autres suggestions, je suis loin d’être à la pointe de la nouveauté. Je ne vous parle même pas du 2e opus sorti cette année que je n’ai pas essayé. Non, c’est le premier, dans sa version Director’s Cut sortie en 2021, que je mets à l’honneur dans ce billet choral. Je joue peu, j’abandonne vite, et même quand je persiste je finis très rarement. Et celui-ci, je l’ai terminé. Je l’avais acheté sur une bête impulsion lors d'un solde Steam, accroché par le thème du post-apo, l'idée de monde ouvert et les images de lande déserte sur les visuels - après une période d'intense réflexion de 24 secondes environ. Le jeu est resté dans les limbes jusqu'à cette année, quand je me suis décidé à l'installer pour l'essayer, avec la vague idée d'y retrouver le plaisir d'exploration que j'avais ressenti à Skyrim il y a encore plus longtemps. Et là ça a fait clic. Le sentiment de solitude tranquille qui émane des landes désertiques, le plaisir à entrer dans une sorte de “flow” pour les arpenter, et les moments plus tendus quand les dangers naturels (tempêtes, falaises, …) surgissent tout à coup : j’ai vécu dans cet univers le temps de chacune des quêtes FedEx, bercé par l’excellente BO - j’aurais pu mettre Low Roar dans la partie musique, tiens. Il est presque dommage que surgissent de temps à autre des monstres ou des ennemis, tant le “walking simulator” se suffit à lui-même. Même l’histoire alambiquée et les dialogues lourdingues ne m’ont pas rebuté, mais je reconnais que ça en fait un jeu de niche : un jeu pour ceux qui aiment se balader sur la map et explorer, mais où le geste de marcher est aussi technique que celui de conduire dans un jeu de courses. Un conseil si vous l’essayez : désactivez le truc pseudo-social et mettez en mode “difficile”, sinon c’est à peine plus difficile que de regarder un streamer jouer.

L'avis du Lecteur : Virtual Regatta Offshore

Je joue pas aux jeux vidéos. Enfin, plus depuis longtemps. Un jour j’ai lâché, et ça m’a jamais repris. J’ai récemment joué à Virtual Regatta Offshore, dans le cadre de la course (réelle) Transat Café L’Or. J’ai bien aimé : il s’agit de faire une course en voilier avec les conditions réelles de vent, récupérées par l’éditeur via des fichiers GRIB. Vous avez équipé votre voilier, à vous de choisir votre cap, choisir votre voile, préparer votre route sur les prochaines heures, regarder les prévisions météo réelles, et essayer de faire aussi bien (ou mieux) que les voiliers réels. Contrairement à ces derniers, aucun risque de casse ou de sancir, donc ça permet de faire un poil plus le kakou.

Bon, le fait que j’aie eu à me lever toutes les trois heures la nuit me permettait plus de réactivité que d’autres qui dorment. Après, ça ne consomme pas beaucoup de temps dans la journée : quelques minutes de réglage toutes les trois heures. Par contre, on est en temps réel… donc une traversée de l’Atlantique prend plusieurs semaines.

L'avis de Steve : Type Help

Si vous êtes comme moi fasciné par les metroidbrainias, ces jeux d’énigmes qui nous font découvrir par nous-même leurs mécanismes (et dont parle, en anglais, ce très bon article du site Thinky Games), vous vous êtes souvent déjà retrouvé à conseiller à vos proches des jeux en leur disant “je ne peux absolument rien te dire de ce jeu mais il faut ABSOLUMENT que tu y joues”).

C’est par exemple comme ça qu’on est obligé de parler de jeux comme Outer Wilds ou A Monster’s Expedition qui ont au moins pour eux d’avoir des jolis graphismes que l’on peut mettre en avant.

Type Help (disponible gratuitement ici) n’a même pas de graphismes : on y joue entièrement sur une console de commandes affichant des textes en noir et blanc. C’est pourtant un jeu extraordinaire, dont je ne peux rien te dire si ce n’est qu’il durera entre 5 et 10 heures et qu’il deviendra vite obsédant.

J’ai quand même envie d’en dire trop, tant pis, le jeu m’a à la fois évoqué ma découverte du Ils étaient dix d’Agatha Christie, un roman que j’ai lu très jeune et qui est le premier livre à m’avoir fait peur, et l’analog horror : ces oeuvres qui mettent en scène des technologies déjà un peu anciennes (des VHS, de vieux terminaux de commandes,...) dont les images tremblantes et les sons grésillants provoquent un sentiment d’étrangeté.

L'avis de Slawick: Divinity Original Sin 2

Avec un gout prononcé pour les simulations pointues, les jeux de stratégie cossus et les C-RPG plutôt que les J-RPG, je suis fondamentalement un joueur PC. Hélas, je n’ai plus guère le temps de m’assoir plusieurs heures devant un ordinateur dans une optique ludique (ni l’envie, en fait, passés le boulot et mes projets d’écriture). Ce qui fait que depuis des années, je suis devenu un joueur de console nomade, dans les transports ou, plus souvent, dans mon canapé ou mon lit. Heureusement, les portages de plus en plus nombreux me permettent de me rattraper avec x années de décalage - pas moins de 8 dans le cas présent. J’ai en effet profité fin 2025 de la sortie d’une mise à jour pour Switch 2 pour relancer Divinity Original Sin 2, de Larian Studios, en attendant (espoir espoir...) de voir débarquer un jour Baldur’s Gate 3 sur la portable de Nintendo.

Divinity, c’est donc justement un jdr isométrique de groupe à la Baldur’s Gate. On y incarne des ensourceleurs (toute ressemblance avec un célèbre albinos – non, pas celui-là, l’autre – n’est probablement pas fortuite), des détenteurs d’un pouvoir qui a le malheur d’attirer des créatures du Vide. Résultat, les ensourceleurs sont honnis et maintenant pourchassés par l’Ordre Divin. C’est d’ailleurs emprisonné à bord d’un bateau en direction d’une île prison que démarre l’aventure. Les Divinity n’impressionnent pas tant pour leur originalité que pour leur niveau de finitions. Parmi les points qui se détachent (ou du moins ceux auxquels je suis plus sensibles), citons d'abord la mécanique des combats qui repose sur un environnement hautement interactif. Non seulement on peut enflammer de l’huile ou électrifier de l’eau (et bien d'autre chose), mais on peut couvrir une zone avec ces éléments. Tactiquement, c’est assez vertigineux, presque trop surtout avec une gestion de l’inventaire trop micro-management pour moi (c’est mon principal et quasiment unique reproche). Ensuite, l’écriture fine (sans atteindre le niveau du mirifique Disco Elysium, forcément), les personnages tous intéressants et le niveau d’interaction élevé avec l’histoire rendent l’aventure très immersive. D’ailleurs, même s’il est possible de créer un personnage de 0, je ne peux que conseiller d'utiliser l’un des pré-tirés qui viennent chacun avec leur histoire propre. 8 ans après sa parution initiale, Divinity Original Sin 2 est vraiment encore un grand jeu.

En jeux de cartes/de plateau

L'avis de Philippe : Akropolis


Je n'ai pas prétention à être un découvreur de jeux de plateau. Je publie ici des avis de père de famille, à propos de jeux testés, re-testés, et approuvés par ma tribu. Et cette tribu, elle a grandi depuis les billets où je parlais de Big Pirate ou de la Danse des œufs. Cette année, le jeu qui a le plus servi, c'est Akropolis. Installation en 3mn, règles faciles à prendre en main, chaque fois qu'on a 20mn à perdre, la boîte est ouverte et ça y est, on est lancé. Ce qui plaît ? Sur une base simple de construction de ville à partir de types de quartier (bleu = habitation, violet = temple, etc.), beaucoup de profondeur tactique et de rejouabilité, des parties courtes que l'on peut enchaîner si on veut, et des situations qui peuvent se retourner jusqu'au dernier moment. Au moment où j'écris ce billet, les tuiles de notre dernière partie sont encore sur la table du salon, et ne devraient pas tarder à resservir.


L’avis de Cédric : Tag Team


Dans cette petite boîte, on retrouve 12 héros qui vont permettre à deux joueurs de s’affronter par binômes. Et c’est un autobattler, c’est-à-dire qu’on ne passe pas des plombes à se demander si on devrait jouer telle ou telle carte à notre tour de jeu : on empile les cartes dans un certain ordre, puis on en applique les effets de manière automatique. Ça donne lieu à des combats épiques, nerveux et tactiques. Et on a envie de prendre sa revanche. Mon petit doigt me dit qu’on va avoir droit à des héros en plus en 2016 car la boîte s’arrache comme des petits pains dans tous les magasins où je vais. C’est d’autant plus génial pour ce jeu que sur Bluesky, l’un des créateurs (Corentin “Akashinai” Lebrat) confiait il y a peu qu’à un moment de son développement, le jeu était dans une impasse. Après une version jugée pas intéressante, l’éditeur a donné un ultimatum aux auteurs... et ils ont rebondi pour pondre un jeu rapide mais profond.


L'avis de Slawick: Harmonies

Mon cadeau de noël 2024 est de loin le jeu qui a le plus tourné cette année, et a même provoqué plusieurs autres ventes dans mon entourage. Sur le papier, Harnonies n’est pas d’une grande originalité: c’est un jeu de placement où chacun prend à tour de rôle des jolis jetons représentant montagne, champs et rivière pour les placer sur son plateau. Il y a deux manières de scorer dans le jeu, avec les décors eux-mêmes (chaque paysage a son propre scoring: les rivières selon leur longueur, les arbres selon leur hauteur…) et avec des animaux (représentés par des cubes) qu’on place sur les paysages lorsqu’ils suivent un schéma propre à chacun (un arbre de hauteur 1 à côté d’une rivière pour les grenouilles, une rivière à côté d’une montagne de hauteur 3 pour les saumons…). C’est à la fois très simple et très stratégique: on réfléchit à optimiser les deux méthodes de scoring à chaque coup (et oui, il va falloir minuter le temps de jeu de votre pote qui met toujours trois plombes à soupeser chaque option avant de se décider). Tout en étant très beau, avec un côté nature tranquille qui compense largement l’absence d'interaction entre les joueurs.


L'avis de Steve : Wilmot’s Warehouse/La Fabrique

Sorti en 2024, Wilmot’s Warehouse n’a été traduit en français qu’en toute fin d’année 2025 (sous le titre La Fabrique, j’y reviendrai). Entre temps, ne voyant rien venir, j’avais commandé la version italienne du jeu (la moins chère à importer en France) et j’y avais beaucoup joué, notamment en famille.

Il s’agit d’un Memory coopératif à la difficulté en apparence insurmontable : on va devoir, pendant presque toute la partie, poser 35 tuiles en ne les regardant qu’une seule fois avant de toutes les retrouver sans se tromper et le plus rapidement possible.

L’astuce, car il y en a une, c’est que le jeu nous invite à choisir où poser chacune des tuiles et - surtout - à raconter collectivement une histoire nous permettant de les retrouver. A la fin de chacune des parties que j’ai pu jouer avec de très nombreuses personnes le miracle s’est produit : nous n’avons jamais fait plus de 2-3 erreurs au moment de retourner les tuiles.

Un seul regret à l’annonce de la VF : son nom qui fait disparaître son lien de parenté avec le jeu vidéo (certes assez méconnu) Wilmot’s Warehouse dont le jeu de société est pourtant une adaptation très ingénieuse qui en remplace certains aspects (pas de nécessité de ranger en temps réel les tuiles reçues et de gérer l’espace au sein de notre entrepôt) mais en conserve l’esprit : classer ingénieusement des objets pour les retrouver facilement.


En Musique

L'avis de Philippe : Me & My Friends



La musique n'est pas la vocation première de ce blog, ou en tous cas ce que j'ai envie de partager d'habitude. Je fais une exception pour un groupe que je suis depuis plusieurs années, à l'occasion de la sortie de leur dernier album. On pourrait classer Me & My Friends dans la catégorie "Folk", j'imagine. Comme toujours, c'est réducteur - ça l'est en littérature, ça l'est en musique également. Imaginez un groupe de pop fan d'harmonies vocales (ça n'est pas ça qui manque outre-Manche) fan de musiques du monde (afrobeat, latin, ...) avec guitare acoustique, violoncelle et clarinette en plus de duo rythmique basse-batterie. Ça donne un mélange de pulsations langoureuses, de tonalités graves et chaleureuses, et de voix aériennes. Une musique qui convient à la fois pour bouquiner au coin du feu ou chalouper des hanches le soir du 31.

L’avis de Cédric : Kneecap



Cette année, le gouvernement canadien a interdit à un groupe de rappeurs d’Irlande du Nord de venir se produire chez nous en les accusant d’accointance avec des terroristes (comprendre, pour soutenir les Palestiniens). Si c’était pas une incitation à découvrir un nouveau groupe, ça. Donc oui, Kneecap, ce sont des républicains du nord qui chient sur la domination britannique et l’ordre établi. Ils chantent en anglais et en irlandais, ce qui fait que je ne comprends pas grand chose, mais j’écoute régulièrement H.O.O.D. quand je suis au bureau et que je suis frustré par un processus ou une décision de la direction. Ou que l’actualité me rappelle que nous sommes encore et toujours que notre chef d’État est Charles III. Le nom Kneecap fait référence à une blessure au genou que les paramilitaires républicains infligeaient à leurs adversaires, y compris les dealers de drogue... qu’ironiquement le groupe semble apprécier. Merci à Bolchegeek pour m’avoir initié à ce groupe.

L'avis de Benoit : Al Ghar



Je découvre en permanence de la musique, et souvent elle n’est pas nouvelle, donc je vais m’imposer la contrainte de quelque chose qui est sorti en 2025. J’ai hésité entre mon choix au final et le live de BEAT, le revival du King Crimson des années 80, mais comme tout le monde connait forcément, je vais vous parler d’un album un peu plus obscur, à savoir Gorgones de Al Ghar (https://alghar.bandcamp.com/album/gorgones). Al Ghar c’est Nour au chant et à la basse et Neige à batterie et aux chœurs, plus quelques invités ici ou là. Le répertoire est assez minimaliste, mais enlevé, constitué de chansons fictivement traditionnelles. Des textes ciselés, une voix impressionnante de maîtrise mais sans la froideur que j’associe habituellement aux voix trop contrôlées. Il y a un vrai univers intime dans cet album qui pour autant ne lorgne ni vers la pop ni vers des choses trop faciles. Nour et Neige connaissent clairement leur jazz, mais ce n’est pas du jazz. Par contre, cette musicalité là nourrit la musique et c’est époustouflant. Comme souvent, pour faire du minimalisme efficace, il faut être capable d’en faire bien plus. Bref, une bonne grosse claque qui donne la pêche, allez-y jeter une oreille !

L'avis de Slawick: Giants & Monsters (Helloween)



Helloween est un groupe de power metal allemand que je suis avidement depuis 30 ans maintenant. Le groupe, réputé pour son sens du riff accrocheur et du refrain chantant, a connu des hauts et des bas marqués par des changements de lineup régulier. Il y a quelques années (10 ans en fait !), deux chanteurs historiques du combo retrouvent le groupe le temps d'une tournée, Michael Kiske (qui a pourtant renié un temps le heavy metal) et surtout Kai Hansen, parti fonder le formidable et bien plus intéressant Gamma Ray après son départ d’Helloween. Cette étonnante formation à trois chanteurs (Andi Deris étant toujours de la partie) fonctionne si bien (l'alchimie sur scène est bluffante) que les deux membres suscités sont définitivement (ré)intégrés, jusqu'à la conception d'un très ambitieux album portant le nom du groupe. Trop ambitieux pour mes gouts, en fait, avec des compositions un peu trop lourdes et alambiquées pour leur propre bien. La sortie d'un deuxième album avec ce line-up était très attendu, et je dois dire que je suis nettement plus convaincu. Il est plus ramassé, plus cohérent, et Kai Hansen, formidable song writer, y a pris plus de place - on sent très bien sa patte sur les changements de rythmes sur certains morceaux comme Universe (Gravity of Hearts), l'un des singles de l'album. Dommage que leur tournée ne passe pas par Lyon (plus proche de Grenoble que Paris!) et qu’elle ait mis en pause celle de Gamma Ray, la première depuis une éternité, confirmant (s'il le fallait) que le Ray est définitivement en hibernation pour une looooongue durée.

En Ce que tu veux et plus encore

Parce qu'on a toujours besoin d'une catégorie "divers"

L’avis de Cédric : C’est plus compliqué que ça



Jean-Christophe Piot anime un podcast dédié au démontage de certains mythes historiques qui ont la vie dure. Par exemple, c’est grâce à lui que j’ai appris que le tableau La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix n’était à la base mais alors vraiment pas une œuvre qui visait à exalter la flamme révolutionnaire. Non seulement le Padre Piot défonce des idées reçues dans chacun des 65 épisodes que compte C’est plus compliqué que ça, mais c’est fait avec humour et un tas de citations de films et séries, qui rendent l’écoute très plaisante. Et comme chaque épisode se termine avec la même citation de Pratchett, vous comprendrez que c’est un gars comme nous autres, le Piot.


L’avis de Philippe : Le Fix



Le Philippe de 2004 aurait halluciné de voir ce qu’est devenu celui de 2025 : à l’époque, abonné à toutes les sources d’information rôlistes et ludiques possibles, aucune rumeur ne m’échappait, je savais avant les éditeurs eux-mêmes quels jeux ils allaient publier ! J’exagère peut-être un peu, mais mes feeds RSS (ah ! ah !), mes boards, mes newsletters, mes mailing-lists, mes abonnements et même les derniers forums usenet me fournissaient toute l’information dont je pouvais rêver et même bien plus.

Désormais, je n’ai plus qu’une seule source d’information : le Fix, dont la newsletter le vendredi m’informe de ce que j’ai loupé à ne plus fréquenter le gotha rôliste. Et si une info n’y figure pas, c’est qu’elle ne m’aurait sûrement pas intéressée. J’aime leur longs articles, leur ligne éditoriale, leur écriture et même leur usage un peu trop régulier de l’expression “proposition ludique” ne les fait pas baisser dans mon estime. Alors que mes yeux devenaient vitreux à lire plus de 2 lignes de Casus Belli - pardon Slawick - je suis capable de lire de bout en bout un article du Fix sur un jeu que je n’ai aucune intention d’acheter.


L'avis de Slawick: Joachim Mouhamad


Youtube est une immense décharge dont les vidéos sans sujets sont entrecoupées de publicités mensongères générées par IA. Mais même dans les décharges, on trouve parfois des trucs dignes d'intérêt, et ma trouvaille à moi s'appelle Joachim Mouhamad. Je me suis mis à regarder frénétiquement ses parties d’échec commentées dont le storytelling est très plaisant mais ne prend jamais le pas sur le fond, très didactique, et surtout, chose bien rare dans cette jungle du web, proféré avec beaucoup de sympathie et de gentillesse.


Finalement, je crois qu'aucune IA n'aurait pu produire un choix aussi disparate de titres et de références. Il va donc falloir que je les garde encore un peu... On verra bien ce que nous réserve 2026. Quelle chance nous avons de vivre une période aussi intéressante !






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