01/02/2009

Dead Set


Quoi ? Il nous parle encore d'une série télévisée ? Mais c'est pas un blog bicéphale de littérature, Hugin & Munin ?

Dead Set est une mini-série anglaise de 5 épisodes qui forment au total un programme de 2 heures C'est la rencontre improbable entre deux concepts : la télé-réalité et les zombies. Oui, oui, vous avez bien lu.

Tandis que se déroule l'énième saison de Big Brother, une épidémie de zombie submerge l'Angleterre aussi vite que des folles du shopping qui envahissent un magasin de fringues à la mode pendant les soldes. Or, il se trouve que le dispositif qui enferme les candidats de la télé-réalité dans leur petite bulle les protège de cette invasion puisqu'il sont prisonniers de leur décor. Du coup, paf, mise en abyme de la prison qui protège, du statut de zombies des téléspectateurs, de la vacuité de la popularité quand la fin du monde débute juste après la page de pub... Et voir de stupides candidats se faire dévorer les entrailles est plaisant pour les gens comme moi qui n'ont jamais voté via un numéro de téléphone surtaxé et qui ne savent pas faire la différence entre Jennifer, Steeve ou Cindy du Loft/StarAc/L'île de la tentation...

En fait, la série n'est pas un véritable huis-clos car les survivants font des sorties vers le monde extérieur. De plus, on suit le parcours d'autres personnages qui ne sont pas coincés dans l'émission. Ne vous attendez donc pas à une série claustrophobe uniquement filmée via des caméras de sécurité : c'est finalement une histoire classique de zombies, avec un enrobage moderne via le prisme de l'émission de télévision. Les rôles sont caricaturaux (en particulier le producteur, dont le trait est trop forcé), les situations ne sont pas originales (la visite d'un supermarché rend hommage à Romero), mais la rencontre entre le monde de la télévision et les zombies est sympathique.

Et là, ami lecteur, je te pose une question (car le waibdeuzéro, ça permet de tutoyer le lecteur et de lui demander de participer au débat en y allant d'un commentaire bien senti) : les films de zombies sont-ils nécessairement une critique sociale ? Car c'est le commentaire que j'entends le plus souvent, genre "Ah ouais, Romero critique la société américaine, tu vois... Le supermarché, c'est le lieu de vie des américains, alors qu'ils y trouvent refuge, c'est une allégorie, tu vois. Quand le sherif Flanaghan devient zombie, c'est une image, tu comprends, le réal' te dit que la loi peut devenir pervertie et qu'elle peut se retourner contre les citoyens. Enfin je crois. Sinon j'ai aussi une analyse marxiste du Seigneur des Anneaux, si tu veux..."

Pour ma part, je n'ai jamais regardé les films de zombies en en faisant une grille de lecture critique sur notre monde. Il peut arriver que les situations décrites soit révélatrices de certains travers de notre société (individualité galopante, instincts de survie émoussés, trop grande dépendance à la technologie...), mais l'étiquette "critique sociale" que l'on colle systématiquement sur ce cinéma, je ne l'a comprends pas. Je préfère savourer l'horreur du récit que de penser que Romero cherche à pointer du doigt une tendance sociale. Peut être que c'est ce qu'il prétend dans ses interviews (que je n'ai ni lu ni vu) mais merde, moi ce qui me plait, c'est de voir du sang sans sadisme. Le zombie n'est pas un assassin ou un tueur en série. Cervooo...

13 commentaires:

  1. merci Cédric, grâce à toi j'ai passé une très bonne soirée. au fait, tu veux connaître mon analyse Hengelienne du film de zombie ou bien...

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  2. Je suis étonné qu'aucune série télé ne soit basée sur les zombies. Je suis certain qu'il est possible de faire 13 épisodes en racontant une invasion de zombies en diversifiant les points de vue, en racontant la survie de différents groupes, en expliquant la pandémie, en jouant sur le coté local vs. l'aspect plus global... Si on peut tenir 5 saisons avec des survivants d'un crash d'avion qui errent sur une île, on peut bien faire une saison avec des zombies, non ?

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  3. voir même avec les morts d'un crash d'avions qui deviennent des zombies sur une île déserte ?

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  4. Ah, moi, j'espère que tu parleras encore de séries TV, tu présentes des séries intéressantes.

    Je n'ai jamais entendu parler de Dead Set avant ton billet. Je retiens le nom en vue de la sortie dvd.

    Algernon (qui a changé de pseudo)

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  5. > Algernon (qui a changé de pseudo)

    Et qui a aussi jeté son blog aux orties, canaillou !

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  6. Loris24/2/09

    Romero, lors de l'avant première de Land of the Dead, disait lui-même que son film était une critique de la mentalité d'assiégés de l'amérique pré 2001 (et qui a empiré par la suite, ce qui l'a empêché de sortir le film, qui devait sortir fin 2001).
    Non, tous les films de zombies ne sont pas des critiques de la société, et même ceux déclarés comme tels peuvent laisser dubitatif. Malgré cela, il est difficile de ne pas voir dans le zombie le pinnacle de l'humain tel que désiré par la société moderne : un consommateur dénué de sentiments autant que de cervelle, au point de consommer celle des autres.
    N'empêche que Deleuze disait, paraît-il, du Zombie qu'il s'agissait du seul mythe moderne.

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  7. Loris24/2/09

    Au fait, je me permets de signaler un livre sur le sujet : "Zombies" chez les Moutons Electriques.

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  8. Ho, et je l'ai pas lu, mais y'a aussi ça : http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=node/209

    Désolé pour le Hat Trick.

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  9. Merci pour les infos, Loris.
    L'analyse cinématique est finalement aussi libre d'interprêtation que l'étude de texte.

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  10. Merci pour ton lien, Un lecteur, que je remets ici pour en faire profiter tout le monde :
    Politique des Zombies.

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  11. > Munin

    J'ai été la victime d'un gros moment de déprime existentiel qui m'a exhorté à abandonner le blog.

    Comme tu as vu, deux amis essayent de me remettre en selle avec un blog commun.

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  12. C'est vraiment dommage, tes fiches de lecture étaient très intéressantes et j'ai passé beaucoup temps à lire ce que tu avais mis en ligne récemment. J'aurais dû laisser des commentaires pour te donner davantage de feedback ! J'espère que ton blog triocéphale te donnera davantage de satisfaction. :)

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  13. Anonyme21/10/09

    Nul besoin de comprendre la dite "étiquette".
    La coller "systématiquement" est un non sens (Shaun of The Dead, Braindead). Mais ca n'empeche pas le propos critique de certains d'entre eux. Oui, Romero est de ceux-ci, et je dirait même qu'il s'agit de son cinéma. Faire comme lui est soit un hommage, soit du plagiat.
    Respectons la lecture de chacun, et prenons ce que nous cherchons ou aimons. Trouver son bonheur dans le genre, c'est tout ce qui compte, le débat sur la critique sociale de certains (évidente) est inutile.

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