15/11/2009

Les petits riens de Lewis Trondheim


Vous m'avez sans doute lu me plaindre ici : les livres/BD en français coûtent un rein au Québec. Ils voyagent depuis la France en première classe et sont dorés à l'or fin par des moines copistes qui chantent des versions grégoriennes des succès de Céline Dion.

C'est pourquoi, au Québec, on peut difficilement avoir le goût du risque en matière de lecture. Quand une BD coûte 30$ et le moindre livre de poche 15$, on ne s'aventure pas à acheter les yeux fermés. On y va avec des valeurs sûres et on évite l'achat compulsif.

Et Lewis Trondheim est un étalon de valeur bédéèsque pour moi (même si je totalement dépassé par la masse de sa production).


Je suis peu de blog dessiné. Oh, il y a bien évidemment Boulet, qui sait parler au geek en moi, et Monsieur le Chien, cet indécrottable fonctionnaire poujadiste. Mais pour le reste de l'offre blog dessinée, le ratio qualité du dessin/intérêt du propos de l'auteur est trop faible pour que je m'attarde sur la myriade de nombriblogs avec des petits mickeys. Je reste en deuil de la disparition du mystère Frantico.

Mais dans mes marques-pages, entre Maître Eolas et le Daily Show de Jon Stewart, il y a Les petits rien de Lewis Trondheim.


Je vieillis, car plutôt que des aventures incroyables, c'est l'ordinaire quotidien de l'auteur qui m'intéresse. Lewis ne raconte pas des anecdotes fabuleusement drôles à chaque page, il ne cherche pas le gag systématique. Il décrit son petit univers de tous les jours, ses angoisses dans lesquelles je me reconnais, ses (nombreux) voyages d'où il tire des décors magnifiques. Sa vie d'auteur de BD n'a rien de débridée, c'est finalement rassurant de voir qu'il ne vit pas dans une autre dimension que la notre. Il a ses petits tracas, ses victoires dérisoires, ses rencontres étranges.

Des planches simples, pas de scénario, la vie d'un quadra avec sa famille... waow, je sais vendre un produit, moi.

Pour les ceusses qui suivent son blog, Lewis est venu récemment à Montréal.

2 commentaires:

  1. Larcenet me semble occupé le même créneau, je ne suis pas fan des ambiances graphiques de Trondheim par contre, question de goût... ;)

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  2. Je ne sais pas si le mot "créneau" convient bien à ce travail, mais Manu Larcenet scénarise plus sa narration que Lewis. Faudrait que lise aussi Joann Sfar qui est dans la même mouvance. Je citerais aussi David B. Purée, son Ascension du Haut Mal hante encore mes nuits...

    Mais ça ne sera pas pour ce mois-ci : j'ai acheté aujourd'hui le volume 3 des Notes de Boulet (raaah lovely), je dois attendre que les cicatrices de mon ablation du poumon gauche soient bien fermées avant d'envisager de vendre un peu de ma moelle épinière pour financer mon petit hobby.

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